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BOUDDHA DANS LE METRO

La vie comme je l'aime...

La Culpabilité de L’Homme Blanc

Controverse aux Etats-Unis. Obama, chef de l'impérialisme le plus puissant de la planète, contraint de s'excuser devant ses flics pour ... avoir simplement dit la vérité sur leur compte... On croit halluciner. Mais pas du tout : Marx et Engels expliquaient déjà il y a longtemps que l'Etat bourgeois est une dictature voilée qui se résout en dernière analyse à une bande de gens armés dévouée à la défense des classes dominantes. De plus, sur le plan de la psychologie de masse, il serait bon de relire aujourd'hui le célèbre texte de James Baldwin :"La Culpabilité de l'Homme Blanc"
"Je me suis souvent demandé ce que les Américains blancs pouvaient bien avoir à se raconter entre eux. Je m’interroge, car, après tout, ils ne semblent pas avoir beaucoup à me raconter à moi ; J’en ai conclu, il y a longtemps, qu’ils devaient trouver la couleur de ma peau intimidante.


Cette couleur semblait opérer chez eux comme le plus désagréable des miroirs, et une grande partie de notre énergie est dépensée à rassurer les Américains blancs de ce qu’ils ne voient pas réellement ce qu’ils voient. Ceci est, naturellement, absolument futile puisqu’ils voient bien ce qu’ils voient. Et ce qu’ils voient, c’est une histoire affreusement oppressive et sanglante qui est connue dans le monde entier. Ce qu’ils voient, c’est une condition présente désastreuse qui se perpétue, qui les menace et pour laquelle ils portent une responsabilité inéluctable. Mais puisqu’il manque à la plupart d’entre eux l’énergie nécessaire pour changer cette condition, ils préfèrent qu’on ne la leur rappelle pas. Ce pourrait-il que, lorsqu’ils discutent entre eux, ils se contentent d’émettre des sons rassurants ? Cela semble à peine pensable, et pourtant, d’un autre côté, cela est plus que probable.


En tous cas, quoiqu’ils s’apportent les uns aux autres, il ne s’agit certainement pas de la libération du poids de la culpabilité. Celle-ci reste plus profondément enracinée, plus fermement logé que la plus ancienne des vieilles peurs. Et avoir à traiter avec de telles personnes peut être terriblement épuisant, car ils se défendent - et ce, avec une éblouissante ingéniosité, une inlassable agilité - contre des accusations, que nous - miroirs aussi impitoyables que nous pouvons être - n’avons pas réellement proféré pour le moment. Nous n’avons même pas à les proférer. Les faits sont là pour être lu. Ils résonnent à travers le monde. Ils pourraient tout aussi bien être inscris dans les cieux. On souhaiterait que les Américains — les Américains blancs — lisent ces faits, pour leur propre salut, et arrêtent de se défendre contre eux. Ce n’est qu’alors qu’ils seront capables de changer leurs vies. Le fait qu’ils en soient encore incapables — incapables d’affronter leur histoire, de changer leurs vies - menace horriblement ce pays. Cela menace, en fait, le monde entier.


Homme Blanc, écoute-moi ! L’Histoire, comme peu de gens le savent, n’est pas une simple chose à lire. Et elle ne se réfère pas simplement, ou même principalement, au passé. Au contraire, la grande force de l’Histoire provient du fait que nous la portons en nous, que nous sommes inconsciemment contrôlés par elle, et ce, de mille manières. L’Histoire est littéralement présente dans tout ce que nous faisons. Il en serait difficilement autrement, puisque c’est à l’Histoire que nous devons nos cadres de référence, nos identités ou nos aspirations. C’est avec une grande peine et une grande terreur que nous commençons seulement à réaliser ce fait. Avec une grande peine et une grande terreur, nous commençons à évaluer l’Histoire qui nous a placés là où nous nous trouvons et qui a formé notre point de vue. Avec une grande peine et une grande terreur, car nous entrons, par conséquent, en bataille avec cette création historique: Soi-même, et nous tentons de nous recréer selon un principe plus humain et plus libérateur ; nous commençons à tenter d’atteindre un niveau de maturité et de liberté personnelles qui dérobent à l’Histoire son pouvoir tyrannique, et qui va jusqu’à la modifier.
Pour lire la suite : http://unclownlyrique.blogspot.com/2008/10/la-culpabilit-de-lhomme-blanc.html
[/g]Il ne s'agit pas d'exonérer ici le racisme franchouillard en jetant la pierre aux Américains, ce qui est une fâcheuse habitude hexagonale chez certains de se croire meilleurs que le reste du monde. Je tiens à préciser que si l'on remplace Américains par Français ce texte ne sonne hélas pas faux non plus.[/g]
Les faits et la vidéo avec les déclarations on ne peut plus prudentes d'Obama :
http://www.20minutes.fr/article/339803/Monde-Racisme-Barack-Obama-regrette-ses-propos.php
Racisme : Obama peut-il y échapper ?
http://www.contre-feux.com/politique/racisme-obama-peut-il-y-echapper.php

Renégat !

Renégat !
Un mot qui est revenu souvent dans vos récents messages


Il est vrai que ces temps-ci, le renégat est en tête de gondole. Partout exhibé, choyé, honoré le renégat est à la fête. Tout poudré, tout enivré, tout frémissant quand son maître le récompense d’un sucre ou d’une petite tape sur son derrière, le renégat aime les coussins du pouvoir. Il lèche, il jappe, il papote mais il aboie aussi, attention, il est resté rebelle, toujours indigné, toujours à vif. Si la guerre d’Espagne se reproduit, il part tout de suite dans les brigades internationales. Il est ainsi. C’est un insoumis.

Son zèle dénonciateur fait le régal du maître. Le renégat est plus dur, plus flic, plus froid qu’un autre courtisan. Sa repentance est inépuisable. Depuis toujours la police utilise des repris de justice comme indicateur et rien ne fait une meilleure duchesse qu’une ancienne putain. Johnatan Swift faisait observer que l’homme fait les mêmes gestes pour ramper que pour grimper.


Bien sûr le renégat ne se dit pas qu’il est renégat. Il s’estime à la place qu’il mérite. Il fait le modeste, « Si je puis être utile… » Et puis, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis.


Mais ce qui fait toute la valeur du renégat d’aujourd’hui c’est qu’il est la preuve vivante que toute contestation est vaine. Et dangereuse. Il le prouve, il le porte, il le dit et le répète. Aucun autre monde n’est possible. Il sait de quoi il parle, lui aussi y a cru, lui aussi s’est engagé, il peut en parler, toute révolte mène au pire, à l’inhumanité, au goulag, à la terreur islamiste. Il est le meilleur agent de propagande pour l’ordre établi. Il arrive dès qu’on le siffle, il court d’un micro à l’autre, pas le temps de se démaquiller, il vient le dire et le redire et le répéter.


En échange, son assiette est pleine de bonne soupe, BHL l’appelle en pleine nuit, le serveur lui demande une dédicace, le Président lui sourit à la première de Bigard.


Bien sûr, tous les renégats ne sont pas aussi épanouis. Il en est qui ne demandent qu’à trahir et qui attendent en vain qu’on les sonne. Prêts à se vendre en solde et même à se donner.


Leur problème c’est que leur trahison n’est pas assez exemplaire. Car pour faire un bon renégat encore faut-il avoir quelque chose à renier. Un bon renégat commence par s’impliquer dans une grande action, vibrer pour un grand rêve, s’engager dans un mouvement généreux à l’autre bout du monde, distribuer des tracts sur les marchés, s’affronter aux forces de l’ordre, construire des barricades…


Alors là, oui, jeunes gens, vous aurez toutes les chances de devenir ensuite un heureux renégat. N’attendez plus, dès à présent investissez dans la révolution. Regardez vos aînés qui sont passés du col mao au Rotary.


Investir dans l’action humanitaire ? Oui mais attention : la pornographie compassionnelle n’est plus aussi efficace qu’au temps de la Somalie et du Kosovo. C’est comme la chanson engagée. Aucune garantie. Ne vous trompez pas de combat. Le soutien au stalinisme a produit une génération de renégats, mais la page est tournée, attention, le fonds de commerce s’épuise. En tout cas soyez sur la photo. Un bon futur renégat doit impérativement se faire remarquer par tous les moyens. Il doit s’agiter, prendre la parole, gesticuler, tout faire pour attirer l’attention et tirer la couverture et les micros à lui.


Vous n’avez pas de temps à perdre. Allez-y très fort. Faire sauter TF1, occuper l’Elysée avec des SDF, prendre le contrôle de Google et de Wall Street, pendre le dernier Ben Laden avec les tripes du dernier Bush, les idées ne manquent pas.




Alors n’attendez plus, révoltez-vous !


Préparer un cocktail Molotov c’est préparer votre avenir !




Et comme dit Sally Mara, tiens bon la rampe…




LA-BAS, le 8 octobre 2007

Les Droits inhumains

Les Droits inhumains


Les hommes naissent grégaires et divisés en classes. L'instinct grégaire doit être encouragé et stimulé pour maintenir l'équilibre de la société.
Tous les hommes doivent être encouragés à cultiver l'hystérie et la xénophobie pour maintenir la structure grégaire de la société et la cohésion des classes, des nations et des genres, qui seuls peuvent assurer un développement équilibré de la société humaine.
Les hommes ont ainsi le droit d'être:
-trompés
-frappés
-tués
-persécutés
-empoisonnés
-exploités
-poussés les uns contre les autres
indépendamment de leur nationalité, religion, race ou couleur, pourvu que cela rentre dans un plan de socialisation et d'agrégation de la société humaine.
Tous les hommes ont le droit au maintien de leur vie, à la liberté humaine et à la sécurité personnelle, compatiblement avec les exigences de socialisation et d'agrégation de la société humaine et avec les exigences de l'économie et de la politique de chaque pays.
Nul ne peut être détenu ou exilé sans justification valable (voir point précédent).
Tous les hommes ont le droit de cultiver leurs propres illusions, de s'évader de la réalité par des moyens idéologiques, religieux, électroniques, hédonistiques, pornographiques etc. pourvu que ces méthodes soient considérées comme justes par leurs communautés d'appartenance. Les hommes ont le droit d'avoir des leaders et des chefs reconnus.
Puisque tous les hommes ont le droit de cultiver leurs illusions, personne ne peut être poursuivi pour elles, sinon pour des cas avérés de force majeure. En pareil cas il devient nécessaire, pour le bien-être de la société humaine, de détruire les illusions appartenant aux individus ou aux catégories d'individus, les responsables de cette destruction sont tenus de reconstruire de nouvelles illusions pour les dits individus et les dites catégories.
Les hommes ont le droit de devenir fous, d'égorger leurs semblables, pourvu que cela soit justifié en termes de société humaine et d'équilibre.
Chaque homme a le droit, s'il en a la possibilité, de suivre ses programmes télévisés préférés et, dans les limites de ses possibilités matérielles, d'employer son temps libre et de passer ses vacances comme il le souhaite et de se consacrer aux hobbys qui lui sembleront convenir le mieux à sa personnalité.
Les hommes ont en outre le droit d'exploiter et d'affamer leurs semblables, s'ils s'en montrent dignes, s'ils en ont la capacité et si leur action n'est pas éphémère mais fondée, capable d'être mise en relation avec d'autres dans les limites de la société humaine.
Les hommes sont réunis en factions luttant les unes contre les autres et ont le droit d'y appartenir. Chaque homme a droit d'appartenir à une faction, à une ethnie, à une religion, et de haïr ceux qui n'en font pas partie.
Les hommes ont le droit d'opprimer leurs femmes et leurs enfants, (par exemple: de mutiler leurs filles, pourvu que cela ne soit pas arbitraire mais repose sur des principes reconnus par la société).
Les hommes ont le droit de mener des guerres, pourvu que :
1. celles-ci soient justifiées.
2. qu'ils en aient les moyens et les possibilités.


Ils peuvent tuer des animaux, empoisonner des territoires, désertifier des régions, pourvu que cela soit fait dans les limites des règles convenues par la société humaine et n'empêche pas les autres hommes et les autres groupes d'hommes de poursuivre les mêmes activités.
Ils peuvent trahir, mais à leurs risques et périls: la trahison, si elle ne réussit pas, ne sera pas considérée comme justifiée, et fera l'objet de poursuites.
Ils peuvent falsifier l'histoire, pourvu qu'ils aient la force de le faire durablement.
Ils peuvent tenir en esclavage d'autres hommes, pourvu que cela ne se produise pas en désaccord avec d'autres factions ou groupes qui gardent d'autres hommes en esclavage.
Ils peuvent répandre des idées fanatiques.
Ils peuvent créer des religions et des croyances, et, si cela ne trouble pas l'équilibre de la société humaine, ils peuvent combattre les religions et les croyances.
Ils peuvent feindre de s'entraider et d'aider le genre humain.
Ils peuvent voler, pourvu que cela n'empêche pas d'autres hommes ou groupes d'hommes de faire la même chose.
Ils peuvent torturer, même si une telle action doit être nécessairement justifiée par des idéologies, des cas de force majeure, des raisons religieuses ou des états d'urgence,
ou des exigences fondées de maintien de l'ordre public ou, quoiqu'il en soit, par des raisons supérieures.


Tous les hommes peuvent ainsi torturer leurs semblables, pourvu que cela soit justifié par les circonstances, l'idéologie ou la conviction commune.


Les hommes ont le droit de tuer leurs semblables, pourvu que cela soit autorisé par les circonstances (maintien de l'ordre, guerres, révolutions, patrouilles de police, conflits ethniques), ou justifié par les objectifs de bonheur humain ou par des considérations religieuses ou éthiques.


Dans les cas où les actes de massacre collectif ou individuel se révèlent particulièrement convenir aux besoins de la société et du moment, les hommes qui ont pris part à de tels massacres peuvent être considérés comme des héros ou des saints; leurs victimes, cependant, ont pareillement le droit d'être considérées comme des martyrs de la partie ayant subi les massacres.


Les hommes, devant les horreurs que les conflits armés et les conflits d'intérêt comportent, ont le droit de garder leur santé mentale. Ils peuvent ainsi:
refouler les conséquences de leurs actes;
considérer comme inévitable leur propre iniquité;
penser être dans le juste;
penser agir pour le bien de l'humanité;
penser que le mal soit de toutes façons inévitable;
considérer les êtres humains, dans l'ensemble des êtres vivants, comme les seuls ayant des droits.




Tous les hommes ont le droit d'éprouver de bons sentiments.


Traduit de l’italien par Olivier Favier
Texte à paraître dans la revue Siècle 21, automne-hiver 2008, dans un dossier consacré à Carlo Bordini. http://siecle21.typepad.fr/

POESIE, LA SEULE QUI DISE LA VERITE

POESIE, LA SEULE QUI DISE LA VERITE, par Carlo Bordini


J'aime la poésie parce que lorsque j'écris je sais toujours d'où je pars, et je ne sais jamais où j'arrive. J'arrive toujours en territoires inconnus, et j'en sais plus après qu'avant. J'écris ce que je sais, mais je le sais pendant que je l'écris, et pour moi la poésie est toujours la source de continuelles révélations. C'est comme si, durant l'écriture, il y avait en moi de brusques ruptures de l'inconscient. En ce sens je suis assez convaincu que le mot précède la pensée, qu'il est un véhicule de la pensée. On n'écrit pas ce que l'on sait, mais on le sait après l'avoir écrit.



Parfois j'écris des choses dont je ne sais absolument pas ce qu'elles signifient; je le comprends après, ou parfois, ce sont les autres qui viennent me l'expliquer. Je suis d'accord, en ce sens, avec ce qu'écrit Perniola: « Le poète n'est pas le meilleur artisan, mais le meilleur outil. » Je ne crée pas, je suis créé. Je n'écris pas, mais je suis écrit. Quelquefois, je pense que la principale qualité que devrait avoir un poète serait celle de ne pas trahir ce qui lui est dicté par des considérations banales (avec ce qu'il imagine être, ou qu'il croit devoir être, par exemple). Je pense en ce sens qu'il est très difficile d'être spontané: la spontanéité est cachée sous une série de couches de rigidités intellectuelles, de pseudo-connaissances idéologiques, de vélléités banales; la poésie brise tout cela, va au cœur des problèmes. Atteindre la spontanéité est un geste qui requiert d'infinies médiations techniques, et surtout d'autres relevant de la sensibilité, de l'honnêteté intellectuelle.



Je crois que la poésie (comme toute forme d'art) est la tentative, avec des moyens imparfaits, d'atteindre la perfection. Il y entre toujours ainsi quelque chose d'artisanal, d'imparfait, comme une prière est artisanale. Rien de préfabriqué ou en série. Les architectes de l'époque romane faisaient toujours la partie droite d'un édifice un peu différente de la partie gauche, parce qu'ils considéraient que la perfection peut être atteinte seulement par Dieu. (Un exemple du fait que la parole précède la connaissance: avant d'écrire cet article je n'aurais jamais imaginé, à propos de l'art, que j'aurais parlé de Dieu).



Tout ce qui concerne le domaine de l'esthétique (non seulement la poésie, mais l'architecture, la mode, la musique) est ce qui maintient la cohésion d'une société, en ce qu'il crée des raisons communes de vivre et touche à la représentation que l'humanité se fait d'elle-même. Apparemment l'art ne sert à rien, parce qu'il n'a pas de connexions immédiates (utilitaires) avec la réalité. En réalité tous les artistes, des poètes aux fabricants de cravates, aux dessinateurs de bandes-dessinées, contribuent d'une manière ou d'une autre à créer une autoreprésentation et une idée de soi de l'humanité. Ce sont souvent les seuls à dire la vérité, et l'humanité ne s'en aperçoit que trop tard: les poètes ne peuvent pas sauver le monde, parce que le monde s'en apercevra seulement après.



Ajout fait longtemps après:



Les artistes sont ceux qui vont le plus au fond des choses: je crois que toutes les formes d'art représentent, chacune à sa manière, en comparaison aux vérités de la politique, de l'idéologie et du sens commun, quelque chose de différent, une sorte d'hypervérité parfois difficile à comprendre, mais qui dépasse les schémas déterminés auxquels l'humanité s'abandonne quelquefois, non sans paresse. Elle peut ouvrir la vie à de nouveaux horizons. Chaque artiste modifie, fût-ce imperceptiblement, la manière avec laquelle l'humanité se regarde elle-même dans sa propre existence.



Article publié dans L'Unità le 1er mai 2002, repris en postface à Sasso, Scheiwiller, Milan, 2008.


Traduction Olivier Favier


Contact: onnedormirajamais-typepad@yahoo.fr

Corps en stock

Des abattoirs pour humains. Ces horreurs ne sont ni de la science-fiction ni de l’histoire, ne sont pas le fruit d’une idéologie nazifiante ; elles sont le rejeton tératologique de notre présent, de notre monde de croissance matérielle exponentielle et de logique productiviste où, dévoyant les progrès médicaux, des morceaux de chair humaine se commercialisent et génèrent du profit, par le truchement de « courtiers » chargés de mettre en relation fournisseurs, vendeurs et acheteurs. On s’indigne, évidemment. Mais jusqu’à quel point, recouverts que nous sommes par une gangue de désabusement et d’écœurement las ?
Le corps humain s’offre et ne se vend pas, sans quoi il se perd.
LIRE LE TEXTE INTEGRAL :
http://chez-sophie.hautetfort.com/archive/2008/04/27/corps-en-stock.html

Les barbares

Les barbares


Sophie, Jan 30, 2008 13:10:00 GMT


Il y a des civilisations, au sens de cultures différentes coexistant dans l’espace ou se succédant dans le temps. Et il y a une civilisation universelle : elle constitue l’humanité comme ensemble des personnes qui se doivent mutuellement le respect, des sujets de raison portant en eux un univers symbolique et moral qui les différencient des êtres déterminés du reste de la nature. Ce n’est pas une utopie fusionnelle ; c’est le plus petit dénominateur commun pour la préservation d’une philosophie humaniste suffisante à faire de notre vie autre chose qu’une jungle féroce, à assurer un authentique lien social plutôt que « la guerre de tous contre tous » comme la stigmatise Jean-Claude Michéa dans son « Empire du moindre mal » - qui d’une plume coupante ouvre les abcès de l’infection néolibérale pour en isoler causes et méfaits.


La civilisation universelle se conçoit donc comme constituée de valeurs, dicibles mais intangibles, bien avant que de l’être d’objets, et imprégnée notamment de la « décence commune » chère à Orwell. A cet égard, aussi bien toilettée soit-elle par une nécessaire évolution des mœurs ou par le recul de l’aliénation religieuse, la civilisation reste bornée par une petite poignée de règlements et de complexes fondamentaux sans lesquels elle n’est plus que spectre. Lorsqu’on prétend déréguler et « décomplexer » jusqu’à l’os la civilisation et ses échanges sociaux et économiques, on s’en extrait résolument pour s’en faire le fossoyeur. Quel que soit la couleur du fard dont il s’entartre la face, le désinhibé global n’est qu’un barbare. Brutal, incongru, malfaisant, grossier. Nous en cultivons hélas de nombreux exemplaires, plantes vénéneuses au parfum pouacre – qui enivre les uns et fait dégobiller les autres -, notamment à la tête de l’Etat et du patronat français, porte-flingues d’une droite qu’ils ont décomplexé comme on fait sauter à la barre à mines le couvercle d’un cercueil occupé ; ça coule, ça gicle, ça empeste, et le voudrait-on encore qu’on ne pourrait plus contenir les miasmes putrides qui s’en échappent.


Le complexe social, issu des leçons tirées de l’Histoire, c’est pourtant ce qui nous retient encore un tout petit peu au bord de l’abyme du cynisme et de l’obscénité entièrement normalisés. Il est par exemple nécessaire au bien commun et à la paix civile que le raciste ou l’homophobe s’autocensure, ou que le riche exploiteur, en l’absence de réduction décisive des inégalités sociales, ait au moins la pudeur morale qui l’empêchera de pavaner son opulence et son gaspillage mortifère sous le nez du pauvre et du précaire, et de leur flanquer un coup de pied aux fesses par dessus le Marché. Or cette dernière réserve n’a plus cours. « Enrichissez-vous », exultait la ministre Lagarde devant les grands patrons. Les derniers verrous sont en train de sauter. La solidarité se nomme assistanat ; de plus en plus, le distinguo sera opéré entre les bons pauvres et les mauvais ; les premiers sont ceux qui accepteront tous les minuscules boulots quart de temps appelés à se multiplier pour permettre aux entreprises de gérer les gens comme les stocks, à flux tendu. Des seconds, incapables de s’adapter à la lutte pour la survie, le monde sera purgé. « Derrière la fatalité, l’épuration sociale », disait John Kenneth Galbraith.


Adopter la seule mesure éthique et efficace pour la résorption du chômage, à savoir partager le travail équitablement, il n’en est évidemment pas question ; certains doivent travailler plus, d’autres fort peu ou pas du tout ; ces « réajustements » nécessaires au maintien ou à l’augmentation des profits sont le symptôme d’une aberration anthropologique : la soumission de l’homme à l’économie, plutôt que l’économie soit au service de l’homme. Lorsque Chirac faisait semblant de s’intéresser à la « fracture sociale », l’injustice et la précarisation étaient pour le moins présentées comme des maux ; de nos jours, Parisot et Kessler par exemple, présidente et ex-vice-président du Medef, ainsi que la tourbe serrée de leurs commensaux de droite et de soi-disant gauche, la taillent dans le marbre, apportant ainsi leur efficiente contribution à l’érection du monument commémoratif de notre extinction programmée.


La ligne de faille s’est donc creusée, entre ceux que cette explosion de darwinisme social révulse, et ceux qui soit s’en délectent, soit n’en reconnaissent même pas la logique meurtrière, trop occupés sans doute à se laver le cerveau à grande eau brune et gazeuse. Il serait temps pourtant que ces derniers, avant que le capitalisme fou n’avale toute morale, tout lien social, toute ressource pour finir par s’autodigérer dans une dernière orgie apocalyptique, laissent repousser, en même temps que les connexions synaptiques adéquates, leur libre-arbitre, leur conscience politique, leur capacité d’indignation, de résistance, de révolte.


Le fait que certains propos n’aient pas provoqué un tollé général dans l’opinion et de la part des leaders de la gauche parlementaire permet de mesurer le degré d’endoctrinement médiatique de la première et d’apathique compromission des seconds. Kessler prônant la dérégulation totale du travail et la disparition des acquis sociaux, Parisot répétant à l’envi que le travail doit être précaire puisque la vie et la santé le sont… ; autant de barbaries antihumanistes qui écrasent tout concept de contrat social : l’homme est tiré de force hors de la culture ; le travail précaire et le chômage deviennent son état de nature, au même titre que la vie et la mort.


L’Etat n’est plus l’instance protectrice qui garantit le droit de chacun à se conserver en vie et par conséquent à assumer sa condition et sa subsistance. La loi suprême est celle du Marché et des grandes entreprises transnationales, donc celle du dégagement d’un profit maximal directement sucé par la pompe buccale des actionnaires, les tiques et puces véritables du corps social. La République est éviscérée, ses concepts fondateurs ridiculisés ; l’égalité est assimilée à une antiquité, la fraternité à une faiblesse ; la liberté n’est plus qu’une coquille creuse dont la substance a été aspirée par l’oligarchie financière ; liberté de pressurer, exploiter, manager, délocaliser, polluer, consommer, croître et croître encore à l’infini jusqu’à épuisement du monde fini. Prétendre par conséquent que l’écologie politique n’est pas qu’une idéologie de gauche est une ineptie néfaste, bouffonnerie « Grenelle de l’environnement » à l’appui; ce n’est pas au dieu Marché et à ses vestales en Rolex qu’il faut confier la préservation de la planète et de l’ensemble de ses habitants ; autant demander au renard de protéger les poules.


Cet anarcho-capitalisme furieux retrouve cependant quelque utilité d’importance à l’Etat, lorsqu’il s’agit par exemple de répression, de surveillance, de fichage, de contrôle des individus, nécessaires à l’éradication de toute déviance contestataire, ou de tri méticuleux des immigrés, maçons nord-africains ou cuisiniers asiatiques dans la force de l’âge étant censés venir transpirer chez nous, mais en célibataires… Ou bien pour organiser l’orgasme électoral, qui laisse croire au peuple qu’il vit encore en démocratie parlementaire, alors que sondagière et plébiscitaire seraient des adjectifs plus appropriés. Ou encore pour conduire la propagande néolibérale, avec à sa tête un chanoine prosélyte nous pressant, toute honte bue, d’avoir la foi qui permet de remercier pour la botte sur la nuque. Que ce goupillon manipulateur puisse encore s’arroger le titre de Président de la République n’est rien moins qu’une trahison ; quels parlementaires assumeront leur rôle de protecteurs des institutions et exigeront de le démettre ?...


L’expression « politique de civilisation », dans cette bouche-là, est donc particulièrement grotesque ; « politique décivilisatrice » serait plus appropriée. De cette névrose collective, il nous faut par conséquent guérir. Nous ne sommes pas seulement conçus pour la concurrence et la guerre économique, mais aussi pour l’entraide, la coopération, le bénévolat, le don et le contre-don. Nous ne pouvons sans folie nous soumettre à cette tyrannie narcissique du « no limit » que la publicité, force armée du capitalisme mondialisé, insert à grands frais dans nos cerveaux (« vous êtes votre seule limite », martèle Nike) pour nous faire croire que notre identité est dans ce que nous consommons, et que notre position socio-économique ne dépend que de notre volonté. « Le christianisme demandait l’assujettissement au père, le communisme d’œuvrer pour la synthèse de la dialectique des classes », écrit Jean-Claude Liaudet (« L’impasse narcissique du libéralisme »). « La névrose libérale nous demande de laisser faire (sans jamais dévoiler qui fait…). Elle n’a pas besoin de nous comme sujets, mais comme joueurs ignorants s’en remettant au hasard des échanges. Il suffit pour cela de croire à la bonté de la main invisible, et à sa promesse : nous serons comme des dieux jouissant de nous-mêmes, libérés de tout besoin grâce à l’économie, libérés de la mort grâce à la science. » Des dieux sauvages, couronnés de logos, destructeurs de monde.


Il nous faut donc accepter sereinement de finir, de ne jamais circonscrire complètement le désir, de nous limiter pour assurer la survie de nos successeurs, nous permettant ainsi de mieux prendre soin des véritables sources d’infinité que nous portons en nous, sanctuaires indispensables de l’homme : la pensée, quand elle n’est ni bridée ni épluchée par la propagande, l’art, quand il n’est pas étouffé par l’inculture et l’abêtissement, et évidemment l’amour. Responsabilités fondamentales, à ne pas abandonner aux barbares.

Sur "Exterminez toutes ces brutes" de Sven Lindqvist

Certains voient les livres comme un aimable passe-temps. Pour d’autres c’est un produit commercial, ou nuisible, ou inutile. On oublie souvent que les mots et les idées qui trouvent le livre pour support sont quelquefois lumineux, inestimables, et dépassent très largement le misérable objet de papier que l’on tient entre les mains. Lorsque, par un heureux hasard, on tombe sur un tel livre, on en vient à s’étonner que le carton, le papier et l’encre, mis ensemble d’une certaine façon, puissent atteindre une telle puissance. C’est ce qu’il m’est arrivé en lisant Exterminez toutes ces brutes de Sven Lindqvist.

Géométrie du couple

J’aime énormément ce « Baiser » byzantinement orfévré en 1907 par Gustav Klimt. Se détachant sur une poussière d’étoiles, posés sur un tapis de fleurs, enveloppés dans une houppelande d’or gonflée telle la bulle protectrice de leur tendresse, collant étroitement leurs rectangles et leurs ronds, un homme et une femme archétypaux s’étreignent, toute douceur bue. Son visage à elle est offert et serein comme celui d’une idole, laissant à ses mains et ses doigts délicats le soin de se cambrer pour parler de son bonheur. Son visage à lui, en un raccourci magistral, montre que les angles et arêtes mâles dont il est composé s’accommodent le mieux du monde avec une toison d’agneau noir emperlée de gentianes. Ce tableau me parle de ce qu’il y a en même temps de plus difficile et de plus réjouissant à faire au monde : un couple. Pas un couple postiche, pas un couple protocolaire, ni un couple cannibale. Un couple amoureux, heureux, ataraxique en somme.

Parlez-vous sarkozien ?

(...) comme il l’expliquait doctement aux Sénégalais « l’homme africain est aussi logique et raisonnable que l’homme européen »… Sans blague. Notre président en est sûr : figurez-vous que les Africains ne sont pas plus bêtes que nous… ; ils ont dû avoir grand plaisir à l’apprendre, tout autant que de savoir qu’une fois « l’homme africain » embringué dans un vaste et vague projet « Eurafrique », « alors là seulement […] il se sentira enfin un homme comme tous les autres hommes de l’humanité. » Ce qui implique qu’en attendant d’y souscrire, il se sentira comme il peut, mais enfin pas tout à fait comme un homme ?... (...) Dans le long discours au Medef vendant sa politique économique et sociale, on trouve des perles comme « je veux en finir avec l’idéologie qui met l’entrepreneur au ban de la société » - Ah bon ? C’est bizarre, on n’a encore jamais vu un entrepreneur raser les murs de peur d’être reconnu… Avec le sophisme et l’hyperbole, Nicolas Sarkozy n’y va pas à la petite cuillère, mais à la truelle : postulant une stigmatisation qui n’existe pas, il peut se donner le rôle de protecteur de la supposée victime,

Nous n’avons plus les moyens de ne pas être intelligents

par Vincent Frédéric Stéphane (IP:xxx.x37.240.218) le 1er février 2008 à 17H36


Nous n’avons plus les moyens de ne pas être intelligents


Aimer c’est aussi choisir de toujours mieux comprendre et mieux je comprends, mieux j’aime. Voila un bel exemple de cercle vertueux. La matrice des cercles vertueux c’est la prise de conscience que « faire le bien » c’est le plus efficace. Plus nombreux nous serons à avoir vraiment bien compris, à avoir pris conscience, à avoir expérimenté avec plus de succès que d’échec, que l’intelligence, la véritable intelligence, celle dont on n’a pas honte, c’est la capacité à être heureux et rien d’autre ; plus nombreux nous saurons que notre intérêt personnel c’est de favoriser l’intérêt de chacun plutôt que de s’en protéger, plus cela sera vrai.


Il arrive à chacun d’entre nous de rêver d’un monde plus juste, plus harmonieux, plus paisible, d’un monde meilleur. Il arrive à chacun d’entre nous de cesser d’y croire. La tâche est bien trop énorme pour qu’un être raisonnable ne se résigne à simplement tenter de survivre au mieux. Et pourtant, il arrive à chacun d’entre nous de rêver. Et au moment où l’on rêve, on sent bien que si tous rêvaient au même moment, si tous étaient capables du même élan que soi-même en ce même instant, si l’on abandonnait l’armure en un même mouvement, cette armure qui nous coûtait tant, au nom de laquelle on s’était contraint si souvent, elle deviendrait parfaitement inutile, immédiatement.


Mais c’est un rêve. Que tout puisse changer immédiatement, en mieux, c’est un rêve.


Sauf si.


Sauf si ça a été préparé de longue date, avec persévérance et pas forcément minutieusement. Mais cet immédiat hypothétique là n’est ni ici ni maintenant. Et pourtant. Si je sais que de ce monde ci peut émerger un monde que j’aime, j’aime déjà beaucoup mieux ce monde d’ici et de maintenant. Et j’y puise la force de l’intelligence, la puissance de l’amour, pour prendre conscience que faire au mieux des intérêts de chacun relève de l’efficacité et non seulement de l’altruisme.


« Moi c’est moi et lui c’est lui », c’est vrai mais ce n’est pas la seule vérité possible. Une autre est beaucoup plus puissante désormais: « moi c’est lui et lui c’est moi ». Car, mais pas seulement loin de là, si donc moi c’est moi et lui c’est lui, ce ne sera bientôt plus que lui ou moi et moi ou lui.


Cela a toujours été plus ou moins vrai mais nous vivons une époque où tout porte à croire que si cela doit à jamais ne rester qu’un rêve, il ne sera très bientôt même plus possible de rêver. En l’espace de quelques générations, dans un temps que nos enfants pourront connaître, ou bien nous aurons radicalement changé de manière d’être ou bien nous serons contraints à renoncer à tout ce qui fondait notre humanité pour simplement éviter de mourir en tuant. Et d’ici au temps de notre inhumanitude, les chaos actuels iront grandissant. Si tu n’aimes pas ton prochain et qu’il n’y en a plus assez pour deux, vous ne trouverez pas d’autre fausse solution que de vous combattre, à mort, et férocement.


Sauf si.


Sauf si l’amour et l’intelligence se liguent de mieux en mieux en de plus en plus d’entre nous.


Si je suis heureux, je fais tout pour que les autres le soient aussi. Seul celui qui n’a jamais été heureux ne peut le comprendre. Et si donc je ne fais pas tout pour que les autres soient heureux, c’est que je ne suis pas heureux moi-même, et rien d’autre. En vertu de ce que si a implique b alors non b implique non a. C’est aussi con que cela ! Aussi simple à comprendre que cela.


Si quelqu’un contribue sciemment à mon malheur, c’est qu’il n’est pas heureux lui-même.


Un moyen pour qu’il cesse de contribuer sciemment à mon malheur est qu’il devienne heureux. Tous les autres moyens ont déjà été essayés avec les succès que l’on sait. Je fais le choix de tout faire pour que les autres soient heureux. Comme c’est plus facile quand je suis moi-même heureux, je fais aussi tout pour être plus souvent heureux plutôt que malheureux.


Et même quand je suis malheureux, je m’abstiens d’en faire souffrir autrui. Car je sais que moins les autres sont heureux, plus faibles sont mes chances de ne plus être malheureux.


Et aussi parce que je ne suis pas un rat ou mieux, parce que j’ai vu les rats à l’œuvre et que je suis apte à en tirer des conclusions. Voyez le film "Mon oncle d’Amérique" d’Alain Resnais. Voyez ces rats qui tentent d’échapper à leur sort de souffrance en se combattant, en ajoutant de la souffrance à leur propre souffrance le temps que dure la décharge électrique dans leur plancher métallique. Cela leur réussit plutôt bien, aux rats. Cela nous a réussi plutôt bien, à nous aussi. Car faire souffrir autrui procure un plaisir immédiat qui diminue, certes, mais qui ne diminue que provisoirement sa propre souffrance. En devenir conscient c’est déjà y renoncer. La proportion des inconscients a jusqu’à présent été trop importante pour que la logique s’inverse. Mais quand chacun a les moyens de faire souffrir autrui, la recette n’est tout simplement plus efficiente. Quand celui que tu fais souffrir te fais souffrir en retour, c’est l’intelligence qui dicte l’altruisme. Or le monde devient de plus en plus interactif et le temps se raccourcit, les effets sont de plus en plus immédiats. J’ai donc confiance. De plus en plus de mes congénères prendront conscience que faire souffrir autrui n’est pas une solution à leur propre souffrance. Non seulement parce qu’elle n’est que provisoire mais aussi parce que ce provisoire durera de moins en moins.


Et pour tout dire, si l’être humain devait se révéler incapable d’en prendre collectivement conscience, je ne vois pas ce qui pourrait m’amener à regretter sa disparition. Mais je n’y crois pas.


Je n’y crois pas car, notamment, je sais le caractère exponentiel de la contagion de la prise de conscience. Si tu prends conscience, tu restes conscient, quoi qu’il arrive. Et tu sais comment agir, humblement, pour donner aux autres avec lesquels tu interagis, de quelque manière que ce soit y compris en n’étant que vu agissant d’une certaine manière voire simplement en n’étant que lu, un germe de prise de conscience. Ce germe peut tomber sur un sol stérile. Il peut aussi être reçu au moment opportun et devenir un déclencheur. Il peut encore n’être que nécessaire à celui qui sera le déclencheur. Quoi qu’il en soit, celui qui a pris conscience contribue à ce que d’autres prennent conscience qui sauront eux-mêmes faire prendre conscience. On sent bien qu’en deçà d’un certain seuil, la descendance n’est pas assurée ou peine à le rester. Mais on sent tout aussi aisément qu’au delà, tout devient possible en un certain temps de plus en plus court.


Donc je crois que notre aventure n’est pas une impasse. Je crois que des épreuves à venir, sur lesquelles il n’est pas nécessaire de s’étendre ici, nous sortirons grandis. J’aimerais contribuer à ce que l’on n’ait pas à tomber plus bas que nous ne sommes déjà avant que ne survienne le nouveau rebond salutaire, le prochain saut de civilisation.


Une civilisation de la conscience est à venir. Elle sourd de partout. Les contradictions prennent des amplitudes inimaginées et leur résolution globale est proche. Nous ne sortirons des impasses actuelles qu’en inventant une nouvelle conception de la réalité.

Déclarations des droits de l'Homme et du citoyen

Déclarations des droits de l'Homme et du citoyen


Déclaration de 1789


Les représentants du peuple français, constitués en Assemblée nationale, considérant que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de l'homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements, ont résolu d'exposer, dans une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l'homme, afin que cette Déclaration, constamment présente à tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs; afin que les actes du pouvoir législatif, et ceux du pouvoir exécutif pouvant à chaque instant être comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés; afin que les réclamations des citoyens, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution et au bonheur de tous. En conséquence, l'Assemblée nationale reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l'Être suprême, les droits suivants de l'homme et du citoyen:
Article premier - Les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.
Article II - Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression.
Article III - Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément.
Article IV - La liberté consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui: ainsi l'exercice des droits naturels de chaque Homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi.
Article V - La loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la société. Tout ce qui n'est pas défendu par la loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas.
Article VI - La loi est l'expression de la volonté générale. Tous les citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse. Tous les citoyens, étant égaux à ses yeux, sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leurs capacités et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.
Article VII - Nul homme ne peut être accusé, arrêté ni détenu que dans les cas déterminés par la loi, et selon les formes qu'elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires, doivent être punis; mais tout citoyen appelé ou saisi en vertu de la loi doit obéir à l'instant; il se rend coupable par la résistance.
Article VIII - La loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu'en vertu d'une loi établie et promulguée antérieurement au délit et légalement appliquée.
Article IX - Tout Homme étant présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable, s'il est jugé indispensable de l'arrêter, toute rigueur qui ne sera pas nécessaire pour s'assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi.
Article X - Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi.
Article XI - La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme: tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la loi.
Article XII - La garantie des droits de l'Homme et du citoyen nécessite une force publique: cette force est donc instituée pour l'avantage de tous et non pour l'utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée.
Article XIII - Pour l'entretien de la force publique et pour les dépenses d'administration, une contribution commune est indispensable. Elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés.
Article XIV - Chaque citoyen a le droit, par lui-même ou par ses représentants, de constater la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d'en suivre l'emploi et d'en déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée.
Article XV - La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration.
Article XVI -Toute société dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n'a pas de Constitution.
Article XVII - La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n'est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l'exige évidemment, et sous la condition d'une juste et préalable indemnité.




Déclaration de 1793


Le peuple français, convaincu que l'oubli et le mépris des droits naturels de l'homme, sont les seules causes des malheurs du monde, a résolu d'exposer dans une déclaration solennelle, ces droits sacrés et inaliénables, afin que tous les citoyens pouvant comparer sans cesse les actes du gouvernement avec le but de toute institution sociale, ne se laissent jamais opprimer, avilir par la tyrannie ; afin que le peuple ait toujours devant les yeux les bases de sa liberté et de son bonheur; le magistrat la règle de ses devoirs; le législateur l'objet de sa mission.


En conséquence, il proclame, en présence de l'Être suprême, la déclaration suivante des droits de l'homme et du citoyen.


Article premier. Le but de la société est le bonheur commun; le gouvernement est institué pour garantir à l'homme la puissance de ses droits naturels et imprescriptibles.


Article 2. Ces droits sont l'égalité, la liberté, la sûreté, la propriété.


Article 3. Tous les hommes sont égaux par la nature et devant la loi.


Article 4. La loi est l'expression libre et solennelle de la volonté générale; elle est la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse; elle ne peut ordonner que ce qui est juste et utile à la société; elle ne peut défendre que ce qui lui est nuisible.


Article 5. Tous les citoyens sont également admissibles aux emplois publics. Les peuples libres ne connaissent d'autres motifs de préférence, dans leurs élections, que les vertus et les talents.


Article 6. La liberté est le pouvoir qui appartient à l'homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d'autrui : elle a pour principe la nature; pour règle la justice; pour sauvegarde la loi ; sa limite morale est dans cette maxime : Ne fais pas à un autre ce que tu ne veux pas qu'il te soit fait.


Article 7. Le droit de manifester sa pensée et ses opinions, soit par la vole de la presse, soit de toute autre manière, le droit de s'assembler paisiblement, le libre exercice des cultes, ne peuvent être interdits. La nécessité d'énoncer ces droits suppose ou la présence ou le souvenir récent du despotisme.


Article 8. La sûreté consiste dans la protection accordée par la société à chacun de ses membres pour la conservation de sa personne, de ses droits et de ses propriétés.


Article 9. La loi doit protéger la liberté publique et individuelle contre l'oppression de ceux qui gouvernent.


Article 10. Nul ne doit être accusé, arrêté ni détenu, que dans les cas déterminés par la loi et selon les formes qu'elle a prescrites. Tout citoyen, appelé ou saisi par l'autorité de la loi, doit obéir à l'instant; il se rend coupable par la résistance.


Article 11. Tout acte exercé contre un homme hors des cas et sans les formes que la loi détermine, est arbitraire et tyrannique ; celui contre lequel on voudrait l'exécuter par la violence a le droit de le repousser par la force.


Article 12. Ceux qui solliciteraient, expédieraient, signeraient, exécuteraient ou feraient exécuter des actes arbitraires, seraient coupables, et doivent être punis.


Article 13. Tout homme étant présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable, s'il est jugé indispensable de l'arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s'assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi.


Article 14. Nul ne doit être jugé et puni qu'après avoir été entendu ou légalement appelé, et qu'en vertu d'une loi promulguée antérieurement au délit. La loi qui punirait les délits commis avant qu'elle existât serait une tyrannie ; l'effet rétroactif donné à la loi serait un crime.


Article 15. La loi ne doit décerner que des peines strictement et évidemment nécessaires : les peines doivent être proportionnées au délit et utiles à la société.


Article 16. Le droit de propriété est celui qui appartient à tout citoyen de jouir et de disposer à son gré de ses biens, de ses revenus, du fruit de son travail et de son industrie.


Article 17. Nul genre de travail, de culture, de commerce, ne peut être interdit à l'industrie des citoyens.


Article 18. Tout homme peut engager ses services, son temps; mais il ne peut se vendre, ni être vendu; sa personne n'est pas une propriété aliénable. La loi ne reconnaît point de domesticité; il ne peut exister qu'un engagement de soins et de reconnaissance, entre l'homme qui travaille et celui qui l'emploie.


Article 19. Nul ne peut être privé de la moindre portion de sa propriété sans son consentement, si ce n'est lorsque la nécessité publique légalement constatée l'exige, et sous la condition d'une juste et préalable indemnité.


Article 20. Nulle contribution ne peut être établie que pour l'utilité générale. Tous les citoyens ont le droit de concourir à l'établissement des contributions, d'en surveiller l'emploi, et de s'en faire rendre compte.


Article 21. Les secours publics sont une dette sacrée. La société doit la subsistance aux citoyens malheureux, soit en leur procurant du travail, soit en assurant les moyens d'exister à ceux qui sont hors d'état de travailler.


Article 22. - L'instruction est le besoin de tous. La société doit favoriser de tout son pouvoir les progrès de la raison publique, et mettre l'instruction à la portée de tous les citoyens.


Article 23. La garantie sociale consiste dans l'action de tous, pour assurer à chacun la jouissance et la conservation de ses droits; cette garantie repose sur la souveraineté nationale.


Article 24. Elle ne peut exister, si les limites des fonctions publiques ne sont pas clairement déterminées par la loi, et si la responsabilité de tous les fonctionnaires n'est pas assurée.


Article 25. La souveraineté réside dans le peuple; elle est une et indivisible, imprescriptible et inaliénable.


Article 26. Aucune portion du peuple ne peut exercer la puissance du peuple entier; mais chaque section du souverain assemblée doit jouir du droit d'exprimer sa volonté avec une entière liberté.


Article 27. Que tout individu qui usurperait la souveraineté soit à l'instant mis à mort par les hommes libres.


Article 28. Un peuple a toujours le droit de revoir, de réformer et de changer sa Constitution. Une génération ne peut assujettir à ses lois les générations futures.


Article 29. Chaque citoyen a un droit égal de concourir à la formation de la loi et à la nomination de ses mandataires ou de ses agents.


Article 30. Les fonctions publiques sont essentiellement temporaires ; elles ne peuvent être considérées comme des distinctions ni comme des récompenses, mais comme des devoirs.


Article 31. Les délits des mandataires du peuple et de ses agents ne doivent jamais être impunis. Nul n'a le droit de se prétendre plus inviolable que les autres citoyens.


Article 32. Le droit de présenter des pétitions aux dépositaires de l'autorité publique ne peut, en aucun cas, être interdit, suspendu ni limité.


Article 33. La résistance à l'oppression est la conséquence des autres Droits de l'homme.


Article 34. Il y a oppression contre le corps social lorsqu'un seul de ses membres est opprimé. Il y a oppression contre chaque membre lorsque le corps social est opprimé.


Article 35. Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.


Déclaration de 1795


Le peuple français proclame, en présence de l'être suprême, la déclaration suivante des droits et des devoirs de l'homme et du citoyen.


Article premier - Les droits de l'homme en société sont la liberté, l'égalité, la sûreté et la propriété.


Article II - La liberté consiste à pouvoir faire ce qui ne nuit pas aux droits d'autrui.


Article III - L'égalité consiste en ce que la loi est la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse. - L'égalité n'admet aucune distinction de naissance, aucune hérédité de pouvoirs.


Article IV - La sûreté résulte du concours de tous, pour assurer les droits de chacun.


Article V - La propriété est le droit de jouir et de disposer de ses biens, de ses revenus, du fruit de son travail et de son industrie.


Article VI - La loi est la volonté générale, exprimée par la majorité des citoyens ou de leurs représentants.


Article VII - Ce qui n'est pas défendu par la loi ne peut être empêché. - Nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas.


Article VIII - Nul ne peut être appelé en justice, accusé, arrêté ni détenu, que dans les cas déterminés par la loi, et selon les formes qu'elle a prescrite.


Article IX - Ceux qui sollicitent, expédient, signent, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires, sont coupables, et doivent être punis.


Article X - Toute rigueur qui ne sera pas nécessaire pour s'assurer de la personne d'un prévenu, doit être sévèrement réprimée par la loi.


Article XI - Nul ne peut être jugé qu'après avoir été entendu ou légalement appelé.


Article XII - La loi ne peut décerner que des peines strictement et évidemment nécessaire et proportionnées au délit.


Article XIII - Tout traitement qui aggrave la peine déterminée par la loi, est un crime.


Article XIV - Aucune loi ni criminelle, ni civile ne peut avoir d'effet rétroactif.


Article XV - Tout homme peut engager son temps et ses services, mais il ne peut se vendre ou être vendu ; sa personne n'est pas une propriété aliénable.


Article XVI - Toute contribution est établie pour l'utilité générale ; elle doit être répartie entre les contribuables, en raison de leurs facultés.


Article XVII - La souveraineté réside essentiellement dans l'universalité des citoyens.


Article XVIII - Nul individu, nulle réunion partielle de citoyens ne peut s'attribuer la souveraineté.


Article XIX - Nul ne peut, sans délégation légale exercer aucune autorité, ni remplir aucune fonction publique.


Article XX - Chaque citoyen a un droit égal de concourir immédiatement ou médiatement à la formation de la loi, à la nomination des représentants du peuple et des fonctionnaires publics.


Article XXI - Les fonctions publiques ne peuvent devenir la propriété de ceux qui les exercent.


Article XXII - La garantie sociale ne peut exister si la division des pouvoirs n'est pas établie, si leurs limites ne sont pas fixées, et si la responsabilité des fonctionnaires publics n'est pas assurée.

Transparence et éthique - Denis et Mouloud Gautier-Sauvagnac

Après la révélation que l'intègre Denis Gautier-Sauvagnac, ex-boss de notre patronat métallurgique et fameux distributeur automatique de (gros) billets, allait palper, nonobstant sa mise en examen pour "abus de confiance", 1,5 million d'euros d'"indemnité", la pauvre Laurence Parisot (LPLP) tombe des nues et, scandalisée, "appelle les chefs d'entreprise à se mobiliser".


Elle veut - t'es assis(e)?


"Rassembler les patrons qui exigent transparence et éthique".


Pauvre, pauvre, pauvre Laurence Parisot.


Elle risque d'être vachement déçue, hein?


Je veux dire: si vraiment elle espère trouver en ce bas monde un patron épris de transparence et d'éthique, mieux vaudrait qu'elle commence dès aujourd'hui une épaisse cure de Prozac, parce qu'elle va forcément se pécho une dépression d'anthologie.


Mais bon, je ne te cache pas: de mon point de vue, LPLP sait parfaitement que la transparence et l'éthique sont les deux pires cauchemars du patronat (à égalité avec les salarié(e)s).


Elle est quand même idéalement placée, tout en haut du MEDEF, Laurence Parisot, pour vérifier, en temps réel, que la seule perspective d'avoir à (se) justifier de leurs constantes vilenies fait vomir les patrons à longs traits (odorants).


A mon avis, par conséquent: LPLP se gausse.


Même: je soupçonne qu'elle se fout un peu (trop) de notre gueule, quand elle "appelle les chefs d'entreprise à se mobiliser" contre les coutumières saloperies des chefs d'entreprise.


Elle pourrait aussi bien enrôler Vito Corleone sous la fière bannière du combat anti-mafia: ça serait pas moins grotesque.


Si les patrons jouaient le jeu de la transparence et de l'éthique, faudrait vite embaucher dans ce pays quelques dizaines de milliers de magistrats supplémentaires, parce que les tribunaux seraient carrément débordés.


Laurence P. le sait parfaitement: la seule publication des comptes (offshore compris) de n'importe quel "industriel de l'armement", par exemple, ou du BTP, suffirait à rendre fou le moins capable de nos juges d'instruction.


La transparence, pour un patron, peut aussi être, la chronique judiciaire nous l'enseigne, une espèce d'aller simple pour le carré VIP de la Santé, sans passer par la case départ, sans recevoir 1,5 million d'euros.


LPLP, quand elle prétend mobiliser le patronat contre les pratiques traditionnelles du patronat, essaie ici de nier une réalité, certes assez dérangeante, qu'on ne peut vraiment comprendre qu'en faisant un (bref) détour par la banlieue.


Oui, oui: la banlieue.


Cette gigantesque zone de non-droit basanée où une jeunesse fanatisée autodafe le mercredi plusieurs dizaines de kilos de "Charlie Hebdo".


Et donc, imaginons, je te prie, qu'un Arabo-musulman de nos possessions d'outre-périphérique, nous l'appellerons Mouloud Gautier-Sauvagnac, se fasse gauler par des keufs avec, dans les poches, quelques liasses de billets.


Imaginons que les forces-de-l'ordre, au terme d'une rapide investigation, découvrent que Mouloud Gautier-Sauvagnac a passé pas mal d'années de sa vie à distribuer du cash, par dizaines de milliers d'euros.


Imaginons que le gars, mis en examen, prévienne posément le commissaire Moulin qu'il n'a aucune intention de lui dire précisément ce qu'il a fait de ce pognon - et qu'au demeurant il peuvent, les juges et lui, se fourrer au cul leurs pénibles questions, vu que les-vrais-durs-ne-dansent-pas.


Est-ce que tu crois, sincèrement, qu'après ça les flics vont relâcher Mouloud Gautier-Sauvagnac au terme de sa garde à vue, en l'assurant de leurs sentiments les meilleurs?


Tut, tut, tut: c'est pas du tout comme ça que ça va se passer.


Mouloud va en chier, je te l'annonce.


T'as suivi?


Bon.


Prenons maintenant le cas de l'intègre Denis Gautier-Sauvagnac, aka "DGS".


Il se fait gauler.


Une rapide investigation permet de poser qu'il a distribué dans son entour, entre 2000 et 2007, quelque chose comme 19 millions d'euros, en espèces.


Il est mis en examen pour "abus de confiance".


Qu'est-ce qu'il fait?


Il fait un gros doigt majuscule aux keufs et aux juges, et tranquillement leur annonce que non, ça va pas être possible de leur dire à qui exactement il a filé ce très gros pognon.


Est-ce que les autres le fourrent au trou, comme ils feraient à coup sûr avec Mouloud (1)?


Penses-tu.


Il ressort peinard de sa garde à vue, les mains dans les cheupos.


Question: est-ce qu'à ce moment-là ses voisins de patronat lui mettent un grand coup de pied aux parties génitales?


Peeeeenses-tu.


Les voilà qui, au contraire, lui votent son "indemnité": 1,5 million d'euros, en remerciement de ses bons et loyaux services, et avec ça, te fais pas chier, Denis, si jamais t'as des frais de justice, c'est nous qu'on les paiera, c'est toujours ça que n'auront pas nos pauvres enculé(e)s de salarié(e)s.


Question: est-ce que Laurence Parisot convoque la presse, pour lui annoncer que trop c'est trop et qu'elle va publier une liste exhaustive des bénéficiaires des largesses de la métallurgie, au nom il va de soi de la transparence et de l'éthique?


Fume, it's from Belgium.


Elle brasse beaucoup d'air, s'agite, s'indigne - mais pendant ce temps-là, il va de soi: l'omerta est scrupuleusement respectée.


Questions: est-ce que le triste régime qui jour après jour nous étouffe de son hystérie sécuritaire s'émeut, autrement que par de bouffonnes déclarations, de "l'affaire Gautier-Sauvagnac"?


Est-ce que le triste régime qui prétend réinjecter dans nos écoles de la "morale" et du "civisme" lance à l'aube 1.200 keufs (et 2.400 journaleux) sur le siège du patronat métallique - afin que de s'emparer des provocateurs qui d'une très haute hauteur défèquent sur la justice?


Absolument pas.


Tout ce petit monde, ça fait trois mois que ça dure, trouve ça très bien, que DGS ferme sa gueule.


Transparence?


Ethique?


Morale?


Civisme?


Cassez-vous, pauvres ****.


(1) Il va de soi: je n'aime pas les prisons - pas même pour les parrains du patronat.

http://vivelefeu.blog.20minutes.fr/

A la recherche des heures célestes

Pour des raisons qui tiennent à la fois à l’idéalisation des créateurs, au désir sincère et légitime d’en savoir plus sur leur activité, au petit frisson que procure la fréquentation de la célébrité, beaucoup ne peuvent se contenter de ce qu’un artiste ou un intellectuel offre à travers sa production : il leur faut entrer en contact direct avec lui ou elle, obtenir un signe qui leur soit personnellement adressé, lui soumettre leurs propres créations et réflexions. Ce genre de requête est toujours démesurément chargé d’amour-propre, d’attentes, d’enjeux : une absence de réponse ouvre un boulevard à la paranoïa, justifiée ou non ; une rebuffade semble jeter une ombre amère sur tout le plaisir qu’on a pu prendre à la fréquentation d’un auteur. (Ici, c’est à la fois la journaliste et l’indécrottable midinette qui parle, en même temps que l’arroseuse arrosée, qui n’en revient pas de constater quel faible niveau d’exposition suffit pour se retrouver à son tour confronté à cette situation - ce qui laisse imaginer, en comparaison, l’intensité vertigineuse du commerce symbolique qui doit se dérouler autour des célébrités.)


Il arrive que ces tentatives s’avèrent heureuses, qu’elles aboutissent à des entretiens fructueux, produisent de belles ententes, voire des amitiés durables. Mais, comme elles impliquent, du moins au départ, une relation asymétrique, il arrive aussi qu’elles donnent lieu à des situations embarrassantes : pour le solliciteur, parce qu’il est intimidé, et parce que l’admiration n’est jamais un exercice facile ; pour le sollicité, parce qu’il doit gérer le décalage entre sa personne et les projections fantasmatiques de son lecteur, et parfois faire face à une indélicatesse intrusive un peu pénible. (Ayant, au cours d’une période de petite forme, accepté de rencontrer une lectrice de La tyrannie de la réalité, je l’ai entendue s’écrier qu’elle était vraiment choquée par le fossé qu’elle constatait entre la vitalité qui se dégageait de mon livre et la mine que j’avais en entrant dans le café - ce qui fait toujours plaisir.)

Une photographie est une œuvre originale de l’esprit.


LE COUP DU PERE JEAN-FRANCOIS !
« Certains photographes ne se rendent pas compte qu’ils se tirent une balle dans le pied. Quand une photo est plus belle que la page de pub placée à côté, c’est délirant »
A partir de l’année prochaine les fichiers RAW seront exigés à Visa pour l’image.
Ces propos ont été tenus par Jean-François LEROY lors de la conférence de presse en Mai dernier pour la présentation de Visa pour l’image 2010.


Mon professeur de philo, m’a appris voilà longtemps que si l’on voulait « foutre le bordel », il fallait mitonner une phrase percutante sur la forme mais sujette à interprétation sur le fond afin d’entretenir la polémique. Le buzz coco, le buzz ....
Jean-François LEROY connaissait certainement la combine:
Pour la forme, la « balle dans le pied » fait parfaitement l’affaire.
Quant au fond, la « plus belle que la page de pub » est un monument qui favorise la polémique.


S’il y a une photographie qui n’est plus une photographie c’est bien une image de pub. C’est tout, sauf une photographie. C’est retouché, recomposé, redessiné, recolorisé, re, re .....
C’est un fantasme fabriqué pièce par pièce par un graphiste et non par un photographe.
Il faut être gonflé pour comparer une photographie à une pure invention d’un graphiste fut-il génial.
Pour moi qui suis photographe, la photographie sera de toute façon toujours plus belle que n’importe quelle page de pub.
C’est comme si on comparait une « superbe femme » à un « superbe camion ».
A moins que l’objectif soit de valoriser le camion c’est-à-dire l’image de pub.
A moins que l’objectif soit de valoriser l’image au détriment de la photographie.
Décidément, j’ai l’esprit mal tourné. Je dois être obsédé par un truc pas net dont je n’arrive pas à me débarrasser.
C’est quand même drôle, que le plus grand évènement photo-journalistique qui ait lieu en France, berceau de la photographie, s’appelle « Visa pour l’Image » et non pas « Visa pour la Photographie ».


Bon, revenons à nos moutons:
Les photographes sont des bons à rien. Ils font tout pour se faire remarquer. Ils gueulent parce qu’on les vole. Ils se plaignent toujours de quelque chose.
Si encore ils étaient comme notre cher Président, exempts de tous défauts, ils pourraient se permettre de l’ouvrir.
Mais non, ils trichent. Ils retouchent, ils maquillent leurs photos. En fait, ils mentent.
Oui oui, les photographes sont des menteurs.
Sans aller bien loin en arrière, rappelez-vous les « coups » célèbres comme la disparition de la bagouze à Rachida, ou la presque (il restait un pied) disparition du garde du corps à Sarko. De la disparition des bourrelets à Sarko.
Tous les exemples de retouches, petites ou grandes, n’ont qu’un seul but, plaire à celui qui est sur la photo ou qui a commandé la photo, cela à des fins de propagande; ou plaire au futur acheteur cela dans un but de vendre plus pour vivre mieux, ou encore de parfaire la photo imaginée pour la rendre plus belle, sans pour autant penser à tromper, à mentir, mais à embellir.


Est-ce nouveau ?
Bien sûr que non. Talbot, Lumière, Niepce, Daguerre et pour finir par tous ceux qui ont suivit depuis bientôt deux cents ans, tous ont retouché, ou fait retoucher leurs photos.
Les Newton, Clergue, Doisneau, etc .. ne confiaient pas leur tirage au premier venu mais à des magiciens de l’agrandisseur et de l’hyposulfite.
Au bout du compte on ne voyait qu’une chose, le tirage. Un point c’est tout.
Une photo n’est terminée que si elle est imprimée.
Personne n’a jamais demandé à examiner les négatifs (qui viennent d’être retrouvés) d’Ansel ADAMS pour avoir la preuve que la photo disait la vérité.
Oui oui, je sais, certains ont laissé les perforations de la pellicule sur leurs tirages pour prouver qu’il ne recadraient pas. Ils suivaient en cela la bataille de Cartier-Bresson contre les recadrages autoritaires des journaux. Jusqu’à ce que l’on découvre que c’était aussi un trucage qui malgré tout embellissait la photo.
J’ai assisté aux retouches des photos de mode chez Vogue faites par de véritables artistes du fusain sur des tirages couleurs ou Noir & Blanc, ensuite re-photographiés.
La repique des négatifs Noir & Blanc a été une pratique courante, d’abord pour enlever les pétouilles du développement mais aussi des détails « embêtants ».


Alors pourquoi un tel tapage aujourd’hui ?
Quand on veut anéantir une profession il faut bien lui trouver quelques défauts. Il est plus facile d’éliminer des tricheurs que des artistes. On commence par mettre l’opinion publique de son côté et hop une nouvelle loi.
De plus cela permet de faire de la PUB autour de Visa pour l’image. On fabrique un nouveau logiciel, vendu à prix d’or pour attester que la photo n’a pas été retouchée.
Tout cela n’est qu’une vaste fumisterie et il faut ne pas connaître grand-chose en photographie pour tomber à pieds joints dans l’arnaque.


On « triche » à tous les niveaux:
En commençant à la prise de vue.
Coco, tu vas couvrir la manif des syndicats contre le projet de loi de Woerth sur la retraite. Tu me l’a fais horizontale, on fera une double.
- Si c’est pour Le FIGARO, j’y vais léger avec un 24 mm et je fais la photo à 5,6 (diaph), un genou par terre à dix mètres devant la manif ; juste pour agrandir les espaces entre les manifestants des deux ou trois premiers rangs et cacher ceux qui sont derrière.
Le Rédac-Chef pourra titrer: « Trois pelés et un tondu à la manif contre le Gouvernement ».
- Si c’est pour l’HUMANITE, j’y vais monté gros (comme d’hab) avec mon 400 mm et je fais la photo à 2,8 (diaph) à 300 mètres, du 3ème étage d’un immeuble en enfilade; mise au point sur le premier rang, histoire de faire un beau dégradé de flou derrière les premiers rangs.
Le Rédac-Chef pourra titrer: « Participation monstre à la manif contre le Gouvernement ».


Un seul évènement, deux photos prises au même moment:
Qui dit la vérité ?
Qui a triché ?
Au fait, j’ai oublié de préciser que les deux photographes travaillent en RAW, c’est évident.
:-)))


Quand j’entends Jean-François LEROY hurler contre la triche et exiger des RAW à Visa pour l’image, je suis mort de rire.


Donc, le fait de se placer à genou ou en haut d’un immeuble constitue t’il une tricherie ?
Donc, le fait d’utiliser un grand angle ou un grand télé constitue t’il une tricherie ?
Donc, le fait de diaphragmer plus ou moins constitue t’il une tricherie ?
Je suis sûr et certain que tous les « grands spécialistes » qui pérorent en ce moment sur la question, répondront NON dans un grand élan politiquement correct.
Au fait, je voudrais bien voir leurs photos.
Dans ce cas, il faut bien admettre que dès la prise de vue, le photographe peut fabriquer la photographie qu’il veut ou que veut son Rédac-chef. Et point n’est besoin d’utiliser Photoshop pour « arranger » les faits.
Tous les photographes, les vrais, savent cela.
Je passe sur la différence entre une photo horizontale et une verticale.
Je passe sur le fait de décaler à gauche ou à droite pour éliminer un personnage ou un détail gênant.
Je passe sur bien des choses qui ......
La photographie est un art et que je sache, l’art n’a rien d’objectif.
L’Art, c’est au contraire, la définition de la subjectivité.
Les vrais photographes revendiquent leur subjectivité. Ils la portent en sautoir. Ce sont des auteurs.
Les services de com des politiques savent bien parquer les photographes dans un endroit bien précis afin qu’ils ne puissent changer de point de vue. C’est alors le service de com qui crée les conditions de la construction des photos qu’il a lui-même pensées à l’avance. La fille du Président Chirac en connaissait un bout sur le sujet.


Tous les photographes qui font de la photo d’illustration savent que l’on construit aussi une photo en fonction de sa destination.
Lorsque le photographe répond à une commande, avec un cahier des charges, nous sommes dans une autre dimension.
On aura plus le souci de l’esthétique si l’on vend à un magazine de tourisme en retirant les papiers gras ou en cachant une poubelle avec un passant. Séville, ville magnifique est inphotographiable car défigurée par les innombrables poubelles. Il faut bien composer avec la réalité si on veut vendre. Pour un reportage sociologique on les mettra en valeur. Il est évident que ces innombrables poubelles pourront justifier que les sévillans sont sales, qu’ils sont riches ou qu’ils sont incultes.
La vérité vous dis-je, la vérité !


Pour pousser encore plus loin, comment qualifier la photo que l’on n’a pas faite volontairement ?
Celle où l’on aurait vu la personne se tordre de douleur ou trépasser ?
Le fait d’appuyer ou de ne pas appuyer est un choix subjectif.
Le fait d’appuyer peut être un réflexe, mais celui de montrer ou de ne pas montrer est aussi un choix subjectif.
Donc, comment qualifier l’instant choisi par le photographe pour appuyer :
un oubli, une distraction, une absence, un mensonge, une tricherie ?
Une photographie est une œuvre de l’esprit, point.


Mais j’imagine que dans l’esprit de Jean-François LEROY il s’agit de photojournalisme et donc d’éthique journalistique.
Comment tolérer que les rédactions diffusent des photos d’amateurs sans éthique, sans formation et cela sans vérification ?
Que font ces rédactions dans le choix des photos ? Car en réalité le photographe qui rentre d’un reportage ne présente pas qu’une photo mais une série de photos.
Sur la centaine de photos il en élimine lui-même la majeure partie et cela constitue donc un choix subjectif.
Le rédacteur en chef en choisira quatre ou cinq, deuxième choix subjectif.
Elle est où la vérité là-dedans ?
Il ne peut donc s’agir que de choix subjectifs et de rapports de confiance entre professionnels.
Il y a des brebis galeuses dans toutes les professions, ce n’est pas une raison pour faire porter le chapeau à toute la profession.
Et si on faisait le compte on prendrait conscience qu’il y en a beaucoup plus parmi les Redac-Chef que parmi les photographes. Mais comme toujours, il y a ceux qui parlent de la photographie et ceux qui la font.


Faire la photo est un acte subjectif.
Choisir la photo est un acte subjectif.


Mais ce n’est pas terminé.
Regardez la même photo sur écran 15 pouces brillant d’un ordinateur portable et sur un Eyzo 24 pouces mat et vous ne verrez pas la même chose
Mettez entre vos mains un tirage 40x60 coton de chez Bordas et vous verrez Dieu.
Regardez cette même photo sur grand écran et vous verrez en fonction de la qualité technique du matos de projection.
Donc tout cela est-il bien fidèle à la réalité de la scène photographiée ??
Foutaise !




Un peu de technique :
LE RAW est un format brut, propriétaire du fabricant de l’appareil photo.
Un fichier RAW est inexploitable en l’état. Il doit être transformé en format exploitable, TIF ou JPG.
Le boîtier lui-même peut faire ce travail en fonction des réglages choisis par le photographe avant la prise de vue.
Il dira au boîtier:
- Je veux du JPEG, accentué à 5 avec une saturation de 3 et une compression de 4 et une température de couleur qui fera ressembler le midi en Espagne au soleil de minuit en Norvège.
Bien entendu pour faire cela il faut un boîtier professionnel (et une carte de presse).
- Il est reconnu que les RAW sont retouchés dans certains appareils photos professionnels ce qui veut dire que la lumière sera plus douce, plus dure, plus, moins ...on ne sait plus.
Donc les RAW réputés être des « brut de pomme » ne le sont plus.
Partons du principe que les RAW sont bruts mais inutilisables. Pour les utiliser il faut les passer à la moulinette d’un logiciel comme Aperture, Ligthroom, C1,DPP, etc. ...
Ce logiciel applique des réglages qui ont été fabriqués par des mathématiciens et des informaticiens. Selon que l’on utilisera l’un ou l’autre de ces logiciels on obtiendra des résultats différents. Si en plus le photographe joue sur les réglages on obtiendra des résultats différents pour un même logiciel.
Ben oui quoi, fallait pas ouvrir La boîte de Pandore !
Il n’y a qu’une chose qui ne peut être modifiée par l’appareil photo (pas encore), la suppression de détails.


Oui mais, il y a la vie.
Quand un photographe retrouve une horizontale recadrée en verticale par le Rédac-chef, il la boucle car c’est lui qui paye. Trop content de vendre ses photos ou de toucher sa paye.
Quand il retrouve sa photo en Noir et blanc alors qu’elle était en couleur .....
Quand il retrouve une tronche manquante dans le décor ......
Le photographe est le propriétaire de sa photo. L’unique propriétaire. C’est lui et lui seul qui peut décider si on peut retoucher, recadrer sa photo.
Qui est le plus habilité à retoucher, le propriétaire qui était sur place et qui a fait la photo ou le rédac-chef qui doit vendre du papier et faire plaisir aux actionnaires ?


Le pompon:
On reproche à certains photographes de travestir la réalité en retouchant leurs photos. Soit, certains sont allés trop loin et ont fait voler l’éthique journalistique en éclats.
Mais aucun n’a osé flouter les visages figurant sûr la photo comme cela est couramment le cas à la TV à chaque 20h.
Aucun n’a osé mettre l’image à l’envers afin que l’on ne puisse reconnaitre les lieux du tournage comme cela est souvent le cas à la TV dans certains « reportages chauds ».
Cacher volontairement des visages, cacher le contexte, c’est mentir en toute connaissance de cause car qui me dit que ces visages ne sont pas ceux d’acteurs professionnels ?
Vous ne trouvez pas bizarre que personne ne proteste contre cette pratique odieuse et dangereuse pour la démocratie ?
En fait il ne s’agit plus d’information mais de spectacle télévisé.
C’est vrai que les chaînes de TV ne vont pas protester contre leurs propres pratiques tordues. Elles préfèrent casser ces gueux de photographes.
Je viens de voir sur Arte comment les chaînes de TV ont menti aux Français à propos de la guerre entre la Géorgie et l’Ossétie à tel point que j’ai eu envie de foutre ma télé par la fenêtre. Après le cirage de pompes de Pujadas à notre cher Président, les crimes de ces salopards de photographes paraissent comme des pets de rossignols.
En fait on remue la m .... sur les photographes pour cacher beaucoup plus grave sur l’information en général.


L’apothéose, fournir les RAW:
Il est devenu fou JFR.
Quatre-vingt-quinze pour cents (95%) des photographes travaillent en JPEG. Ils sont donc éliminés du photojournalisme ?
Et les photographes qui ont des boîtiers qui ne font que des JPEG, on les guillotine ?
Et ceux qui refusent de donner des RAW, on leur retire la carte de presse ?
Car enfin, donner ses RAW, c’est donner à un étranger la seule et unique preuve que l’on est bien l’unique auteur de la photo.
Seul le RAW original peut prouver qu’il y a un seul propriétaire. Si deux, trois personnes détiennent le même RAW comment le juge pourra-t-il dire quel est le vrai propriétaire ?
On nous pique les basses définitions sur le net. On nous achète nos photos 10 centimes il ne restait plus qu’une chose à faire, nous piquer notre droit moral.
C’est de fait l’abrogation du Code de le Propriété Intellectuelle sans y toucher.
Du grand art, chapeau.
Vouloir prendre le contrôle de la photographie en récupérant le fichier RAW, c’est de fait nier la qualité d’auteur au photographe en le condamnant à être une machine.
Que la proposition vienne de la part de l’organisateur de Visa pour l’image ne me surprend pas.
Quand je vous disais que l’image n’avait rien à voir avec la photographie.
Transformer le Code de la Propriété Intellectuelle en une coquille vide, j’en connais qui en rêvent depuis longtemps.
Et bien voilà, un Français, un excellent Français est sûr le point de réussir le tour de force.
Les ricains doivent se dire « on va enfin y arriver à mettre des microstocks en France ».
Il faut dire qu’ils ont craché au bassinet de Visa pour l’image.
Vous ne le saviez pas ?
Que le Gouvernement des USA finançait Visa pour l’image par l’intermédiaire de son ambassade ?
C’est là-dessous.





Amis Photo-journalistes, ne donnez jamais votre RAW


D’autant que cela ne prouvera en rien que l’image n’est pas trafiquée.


Voici comment fabriquer un RAW plus vrai que vrai à partir d’un faux:

A partir d’un RAW, bien retouché, recadré à 99%, niveaux, lumière, balance des blanc, accentuation, pétouilles, papier gras, etc. ... en fait tout ce qu’ont toujours fait les tireurs géniaux de chez Picto ou des studios Harcourt, vous en sortez un magnifique TIF (ou JPG) que vous portez chez Bordas à Paris qui vous fera un superbe tirage.

Ce superbe tirage vous le photographiez avec votre appareil photo habituel qui vous sortira un RAW, et de ce RAW vous sortez un JPG sans aucune retouche car elles ont déjà été faites.

Donc vous pourrez fournir à JFL ce qu’il demande mais peut-être sera t’il intrigué par votre honnêteté et peut-être cherchera-t-il à comprendre comment il se fait qu’un photo-journaliste avec carte de presse n’ait pas éprouvé le besoin de retoucher un tant soit peu son RAW. Peut-être faudra t-il passer devant une commission de psy pour être publié à Visa pour l’image ?

Attention, prenez bien la précaution de ne photographier que 99% du tirage afin de pouvoir prouver que vous êtes bien le propriétaire de la photographie originale.

Je n’invente rien, tout photographe professionnel digne de ce nom connaît cette manip. Je me trompe là ?

Cette combine mettra hors jeu, le fameux logiciel « Tungstène » à 50.000 €.

Là, je suis en train de faire baisser le prix de ce truc soi-disant miraculeux et donc de faire économiser des sous à l’AFP qui veut s’en équiper. 

Merci qui ? 

J’oubliais, 
Mesdames et Mesdemoiselles, vous êtes priées de passer au démaquillage car le rimel et autres produits coûteux vous font paraître pour ce que vous n’êtes pas.

Imaginez que que que Jean-François LEROY tombe sur la photo.

Imaginez les dégâts.

Camarades photo-journalistes, il est interdit de photographier notre Président de la République en contre plongée car vous allez lui allonger les guiboles. Il va donc paraître plus grand qu’il n’est en réalité.

Imaginez que Jean-François LEROY tombe sur la photo.

Imaginez les dégâts.




Non une photographie n’a jamais été la représentation de la vérité.

Utiliser une photographie comme la preuve d’un fait, est une mystification.

Dans « photographie » il y a « graphie » qui veut dire écrire.

Le photographe écrit, c’est lui qui tient l’appareil. 
Il écrit ce qu’il veut et comme il veut et quand il veut. 
Il montre ce qu’il veut, que ce soit sans ou avec retouche.

Le photographe est un auteur, un artiste, un créateur, pas une photocopieuse.

Une photographie est une œuvre originale de l’esprit.


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