Par delà la structure imposée de tel mouvement de tel concerto son sentiment s’incarne et bien qu’impalpable dit quelque chose qu’une oreille dévouée pourrait entendre et reprendre à son gré pour faire de l’incendie du couchant abattu sur le destin des créatures une flambée de paroles imaginaires jaillissant comme un eau salvatrice. Et le promeneur immobile se prend à rêver, à moduler en son for intérieur un mot qu’il adresserait au vent capable d’éclipser le feu rougeoyant du sang versé, la portée d’un mauvais sentiment … une parole invisible, enfant du silence, oeuvrant doucement à rappeler l’élan en soi, ce bien commun d’être humain.
Mario Giacomelli, un photographe exceptionnel et encore trop méconnu. Il est mort en 2000.
Nous devons vivre complètement, pleinement
Ne pas laisser échapper la joie
Respirer profondément et simplement ressentir
Nous avons besoin de soleil plein de nos vies
Nous avons besoin d'aimer encore et toujours
Pellegrin, reconnu pour sa capacité à aborder différents sujets et thèmes avec le même oeil d'artiste, capable de produire des images à la fois sobres et spectaculaires.
"I'm more interested in a photography that is 'unfinished' - a photography that is suggestive and can trigger a conversation or dialogue. There are pictures that are closed, finished, to which there is no way in."
Michael Ackerman est membre de l'Agence VU et representé par la Galerie VU
S'autorisant tous les formats, poussant le grain à la limite de son explosion par la lumière, jouant des flous, des bougés, des décadrages et des compositions chaloupées, il recherche d'abord à restituer par l'impact visuel l'intensité d'une émotion.
Jeune talent d'aujourd'hui, il prend les risques maximum, brutalisant la photographie et ses conventions pour nous amener à réveiller nos regards un peu lassés.
"L’impossible révélation...
...cette partie de mon travail n’est pas une recherche sur le corps ou sur le nu. Bien sûr il y a une dame et elle est nue et ce n’est pas par hasard. Mais vous voyez bien que ça ne m’intéresse pas de montrer cette femme ou de faire contempler ce corps en sacrifiant au genre du nu. Il s’agit plutôt d’une sorte de méditation (ou de ressassement) sur l’incroyable étrangeté du lien amoureux. Cette banalité, cette merveille, ce mystère que j’essaye de dévoiler tout en sachant qu’il va rester définitivement caché. Deviner des fragments, découvrir des traces ou des allusions, entr’apercevoir des souvenirs (inventés ?) se prendre à des fantasmagories? Allez savoir. C’est bien l’échec de ce que j’entreprends (ou affecte d’entreprendre) : le dévoilement, qui peut constituer la réussite de mon propos. Il n’y aura pas de révèlation car la révèlation est impossible et c’est bien là que je me tiens, sur le fil du rasoir, en train de révèler que le geste du dévoilement est sans espoir et sans fin, pour notre plus grand bonheur…
"Travailler sur l'équilibre, danser avec la pierre, la faire tourner du bout des doigts et la sentir enfin s'arrêter
et se tenir seule
sont de grands moments de plaisir.
Concentration, écoute, observation.
Sentir le vent ou le courant de l'eau et tenir compte de leur force pour installer les pierres,
regarder la mer, observer ses vagues
et lever un Guetteur qui résistera un temps au déferlement…
J'ai trop de chance de faire cela, trop de plaisir pour ne pas le partager."
"The power of our Muse lies in her meaninglessness. Even the style can turn one into a slave if one does not run away from it, and then one is doomed to repeat oneself. The only thing that counts is curiosity. For me personally, this is what creativity is about. It will express itself less in the fear of doing the same thing over again than in the desire not to go where one has already been."
C’est à elle, Lilène, ma très discrète, patiente et excellente amie que je dois en grande partie la naissance de ce nouveau site.
Son art est fait pour conjurer la terreur, pour survivre à la cruauté spirituelle environnante. Il semble naître tout à la fois de tâtonnements inspirés et de fulgurantes certitudes. C'est un art tripal, primal et tribal d'Europe qu'il suggère avec humanité et poésie, qui jette vers l'espérance, de secrètes passerelles. Touche à tout, il n'a nul besoin de se situer, il conserve une curiosité intemporelle, une capacité à l'étonnement et à l'émerveillement.
Le site de JMT, de son nom complet Jean-Marc Truchet, mon fidèle ami, photographe semi-professionnel passionné et remarquable technicien qui a réalisé, entre autres, le portrait en haut de toutes ces pages.
Mon ami Philippe Lavialle, qui sait regarder sous les jupes des filles avec autant d'intensité qu'il aime à déblayer les décombres de la pensée :"Au bout de toutes ces réflexions me vient un mot de Robert Malaval (peintre de l'école de Nice) qui disait en voyant le délabrement de tous les grands repères de notre culture (déjà dans les années 70) : "C'est la fin d'une civilisation, et c'est très bien comme ça !" Sans doute avait-il raison, ces signes sont ceux de la fin d'un monde, mais pas de la fin du Monde... "