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Des nouvelles sur la situation en Grèce - Décembre 2008

23/12/2008
Nombreuses informations semblant fiables sur ce site :
http://emeutes.wordpress.com/
Les manifestations d'étudiants et de jeunes se poursuivent en Grèce.
Jeudi, au treizième jour des protestations continues, une manifestation estimée à 10 000 personnes s'est déroulée à Athènes.
Les slogans des manifestations sont devenus de plus en plus hostiles au gouvernement de Costas Karamanlis et de son parti, Nouvelle Démocratie. Parmi les banderoles tenues par les jeunes, l'une d'entre elles déclarait, « faisons tomber ce gouvernement du sang, de la pauvreté, des privatisations ». Une autre disait, « Pleurer ne suffit pas, la lutte continue. »
Des manifestations ont également eu lieu dans la deuxième ville de Grèce, Thessalonique, ainsi que dans la ville de Lamia et sur l'île de Crète. À Patras, la troisième ville par le nombre d'habitants (220 000), les locaux syndicaux ont été occupés par des manifestants qui s'opposaient aux politiques progouvernementales des syndicats et qui appelaient à une grève générale illimitée. La veille, les quartiers généraux de la Confédération générale des travailleurs de Grèce (GSEE) à Athènes avaient été occupés.
De nombreux lycées et de nombreuses universités restent fermés en raison des occupations permanentes par des milliers de jeunes et d'étudiants.
Les manifestations coïncident avec un grand nombre de luttes sociales. Jeudi, les contrôleurs aériens ont organisé une grève de trois heures qui a entraîné l'annulation de tous les vols non urgents à l'aéroport international d’Athènes.
Les travailleurs des transports en commun ont également fait grève. Les médecins, les enseignants et le personnel des hôpitaux ont eux aussi mené des actions. Les hôpitaux ont dû fonctionner avec des équipes réduites au minimum pendant une grève de 24 heures. Des délégations d'ouvriers en grève ont accompagné les lycéens à la manifestation devant le Parlement.
La colère parmi les travailleurs et la jeunesse a été exacerbée par une attaque à l'arme à feu contre un garçon de 16 ans, Giorgos Paplomatas, blessé dans le quartier de Peristeri à Athènes le mercredi soir.
Dans la foulée de l'occupation de la chaîne de télévision publique NET TV mercredi, d'autres stations ont été occupées temporairement jeudi dans plusieurs villes. D'après un reportage, « La radio municipale de Tripoli, Nea Tileorasi TV à La Canée, Politeia FM à Spartes et les deux radios Star FM et Imagine 897 FM à Thessalonique ont été occupées. » Vendredi, Kydon TV à La Canée a aussi été occupée.
Les lycéens ont appelé à de nouvelles manifestations aujourd'hui à travers toute l'Europe et dans le monde pour protester contre la violence d'Etat et les meurtres.
Un certain nombre d'analystes en ont conclu qu'il ne serait peut-être pas possible au gouvernement de rester en place plus longtemps. Mais ils anticipent une continuation de la crise en raison des atteintes aux conditions de vie des travailleurs, des jeunes et des étudiants qui sont provoquées par l'ampleur de la crise économique.
Dans ces circonstances de tensions sociales montantes et de crise économique, le rôle joué par la bureaucratie syndicale et le Parti communiste (KKE) pour tenter d'empêcher que la radicalisation de la jeunesse et des étudiants ne se propage dans la classe ouvrière est d'une importance critique pour la bourgeoisie grecque.
(Article original paru le 20 décembre 2008)
Par Robert Stevens


23.12.08 «A bas le gouvernement des assassins», «Désarmez la police», pouvait-on lire sur des banderoles signées par les jeunes qui occupent l’Ecole Polytechnique d’Athènes. Selon la coordination, plus de 700 établissements scolaires et plusieurs universités sont occupés depuis la mort du jeune Alexis, mais le ministère de l’Education ne fait état que d’une centaine de lycées occupés.
Un fourgon de police attaqué
Mardi matin, des inconnus ont par ailleurs tiré des coups de feu sur un fourgon des forces anti-émeutes dans le quartier athénien de Goudi, sans faire de blessés. L’attaque n’a pas été revendiquée et l’enquête confiée à la brigade antiterroriste.
Depuis le début des manifestations, des groupes ont mené de nombreuses attaques contre des véhicules et bâtiments de la police, mais jusqu’ici sans jamais utiliser d’armes à feu.


24.12.08 Selon l'AFP :
Deux tirs mardi à 05H50 locales (03H50 GMT) ont endommagé et crevé le pneu d'un fourgon des forces anti-émeutes, qui sortait de sa base dans le quartier de Goudi, proche du centre-ville. Une vingtaine de policiers se trouvaient à l'intérieur du véhicule mais aucun d'entre eux n'a été blessé.
De premiers éléments d'enquête ont permis de déterminer que les deux tirs provenaient de deux différentes armes automatiques Kalachnikov de calibre 7,62x39 mm.
Les tirs ont été effectués depuis l'enceinte de la cité universitaire proche.

Yang Jia, le tueur de flics devenu icône - 11/12/2008

Des graffitis à l'effigie de Yang Jia fleurissent sur les murs de Pékin. Pourtant Yang a été condamné à mort et exécuté, le 26 novembre, pour avoir assassiné six policiers. Pourquoi a-t-on transformé ce tueur en icône?
Le 1er Juillet 2008, Yang Jia, 28 ans, entre masqué dans le commissariat de Zhabei, dans le nord de Shanghaï, et poignarde six policiers. Devant la justice, le jeune homme reconnaîtra sans ciller sa culpabilité et expliquera avoir agi par vengeance.
Il ajoutera avoir été par deux fois victimes de maltraitances policières. D'abord à Taiyuan, dans la province du Shanxi, où il aurait été battu pour avoir doublé dans la queue au guichet de la gare. Un passage à tabac qui lui valu une commotion cérébrale et trois dents en moins. Puis, il y a un an, au commissariat de Zhabei, à Shanghaï, où il a été une nouvelle fois roué de coups par des officiers de police qui le soupçonnaient, à tort semble-t-il, d'avoir volé un vélo.
Yang avait adressé plusieurs plaintes aux autorités pour que les policiers soient sanctionnés. En vain. En désespoir de cause, Yang Jia a donc choisi de se faire justice lui-même.
Son procès a passionné les Chinois. Tout au long de la procédure, et même après son exécution, des blogueurs ont fait campagne pour demander que les officiers responsables des passages à tabac soient eux aussi traduit en justice. Le visage de Yang Jia est aujoud'hui placardé dans le rues de Pékin et même imprimé sur des tee-shirts.


Commentaire d'un internaute, Musashy, sur le site Observers le mardi 16/12/2008 :
Je vous cite : "Que penser de ceux qui élisent en héros un individu qui a tué six personnes à coups de couteaux? De bien étranges et exotiques valeurs pour des défenseurs de la liberté."
Vous pensez donc que les résistants Français de la seconde guerre mondiale n'étaient pas des "défenseurs de la liberté" ? Que les gens qui se sont battus en 1789 et dont les idées ont égrené de par le monde pour ressusciter la démocratie de la Grèce antique n'étaient pas des "défenseurs de la liberté" ?
Si on va dans le sens de votre pensée, si tant est qu'on puisse parler de pensée tant la superficialité de votre réflexion me désole, le seul moyen de lutte contre l'oppression et pour promouvoir la liberté serait le pacifisme ...
Je dois avouer que vous changez de catégorie, de simplet vous devenez pour moi un authentique utopiste.
Une analyse pertinente sur un sujet annexe (cf. Le Monde Diplomatique) disait en substance que la résignation face à l'oppression condamnait à un état de soumission permanent.
Or il existe deux moyens de résister à l'oppression, La lutte pacifique et la lutte armée. Ces deux options sont des éventualités envisageables et sont adaptées à des cas de figure particuliers dans des contextes particuliers, selon des sensibilités particulières. Un coup est un électrochoc, des mots apaisent, il y a un temps et une raison pour les deux. Il est très prétentieux et très maladroit de votre part de prétendre porter un jugement objectif sur des sujets si subjectifs.
(...)
Que dire des mouvement de protestation qui secouent la Chine régulièrement et avec une fréquence croissante ?
- émeutes de mineurs qui reprochent aux dirigeants corrompus d'être responsable par leur vénalité des décès de leurs collègues après qu'une digue se soit brisée,
- émeute contre la police et les administrations dans une ville après que la police eut couvert le meurtre d'une jeune femme par le fils d'un nabab local,
- émeutes au Tibet,
- attentas visant des symboles du pouvoir dans le Xinjuang,
- mobilisation des avocats du pays contre l'emprisonnement d'un de leur collègue,
- émeutes de paysans,
- etc ...
- Yaang-Jia story
Libre à vous de penser et de dire que ces faits ne sont pas l'expression d'une révolte de la base contre ses dirigeants corrompus, incarnés en l'occurrence par les dépositaires du pouvoir public (les policiers) qui sont les avatars de l'entité qui les opprime.
Saviez vous (cf. Courrier international) que Yang-Jia a été torturé par des détenus sous les ordres des policiers ? Oui oui, à la manière de Kapos dans les camps de concentration Nazis.
Saviez vous que lorsqu'on donne des avantages à une victime à la condition qu'elle accepte de collaborer avec ses bourreaux celle-ci devient un tortionnaire plus efficace encore que l'aurait été son maître ? D'autant que de la qualité de son travail dépend la préservation de ses privilèges.
Saviez vous que Yang-Jia est devenu infertile à la suite des torsions des testicules dont il a été victime ? Vous n'êtes pas sans savoir que dans une culture post-féodale pré-moderne comme la culture chinoise l'infertilité est à la fois un déshonneur et l'assurance de ne pas trouver de compagne.
Lire la suite : http://observers.france24.com/fr/content/20081211-yang-jia-tueur-flic-heros-shanghai-graffitis

RASED : Le Ministre Darcos ment - 15/12/2008

Le Ministre Darcos ment par omission et pêche par une méconnaissance des RASED : il trompe l'opinion publique et les parents pour appliquer la logique comptable qui permet à l'état de se désengager du service public Education nationale. Son coup de maître, faire croire qu'on va mieux aider les élèves en difficulté alors qu'on a retiré 2h hebdomadaires (3 semaines dans l'année) à l'ensemble des élèves et qu'on supprime les RASED. Un RASED dont les missions sont le fruit d'une réflexion pédagogique de plus de 40 années est justement LE dispositif qui permet d'aider dans l'école les enfants les plus en difficulté, en rupture d'apprentissage ou pour lesquels il faut reconstruire totalement la confiance face au savoir et à l'école. C'est un dispositif qui, contrairement à ce que dit M. Darcos, a fait ses preuves : lors du Débat national sur l'école en 2002, l'efficacité des RASED avait de nombreuses fois été mentionné, on déplorait même que ce système ne soit pas étendu au collège ! Ses personnels sont des enseignants auparavant chargés de classe qui ont été formés pendant 1 ou 2 ans pour justement sortir d'une logique de "transmission des savoirs", inopérante avec les élèves les plus en difficulté et basculer vers une posture de relation d'aide (l'objectif, bien évidemment, étant la réconciliation de l'enfant avec l'Ecole et les apprentissages). Chaque personnel de RASED (équipe de 3 enseignants spécialisés : rééducateur, psychologue scolaire, psychopédagogue) suit à raison de une ou plusieurs séances hebdomadaires une quarantaine (en moyenne) d'enfants individuellement ou en très petits groupes (dans l'école mais pas dans la classe où ces enfants sont en situation d'échec).
3000 enseignants spécialisés réaffectés dans des classes, c'est l'aide à environ 120000 enfants qui est supprimée.
Zélie
Les parents d’élèves FCPE et indépendants, soutenus par les enseignants, ont décidé de bloquer cinq écoles primaires de Sarcelles pour dénoncer la suppression des Réseaux d'Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté (Rased). L’accueil des enfants déposés sera tout de même assuré mais les cours ne seront pas dispensés. Le fonctionnement de la cantine ne sera pas non plus perturbé.
Les groupes scolaires Henri Dunant, Jean Jaurès, Pauline Kergomard, Saint-Exupéry et Albert Camus seront bloqués demain matin à partir de 8h30 par la mobilisation des parents d’élèves FCPE et indépendants. Les autres parents peuvent se rassurer, ils pourront déposer leur enfant, l’accueil étant assuré.
La suppression des Rased menacerait directement une centaine de poste de maîtres spécialisés dans le Val d'Oise selon les syndicats. Au niveau national un tiers des postes pourrait disparaître. Le dispositif serait alors remplacé par du soutien scolaire.
Adrien Hilpert
http://www.vonews.fr/article_4817

RAPPEL : Libérez les jeunes emprisonnés depuis les révoltes de 2005 - 18 décembre 2008

Ne laissons pas punir les pauvres, Pour un soutien aux émeutiers inculpés
Par François Athané, Novembre 2005
http://www.lmsi.net/article.php3?id_article=481
Introduction
Pourquoi les illégalismes commis par de multiples mouvements sociaux nous paraissent ne pas devoir faire l’objet de poursuites judiciaires, alors que ceux commis par les prétendus "émeutiers" ne reçoivent, pour le moment, presque aucun soutien de ce genre ? Les luttes sociales comportent toujours, en leur sein, une lutte pour dire quelles sont les formes légitimes de la lutte. Sur ce plan, nous - acteurs des mouvements progressistes, militants associatifs, syndicaux et des partis politiques de gauche - avons perdu beaucoup de terrain - le droit de grève étant lui-même insidieusement remis en cause. Toutefois, l’actualité française, après douze nuits d’insurrection dans nos banlieues, requiert que cette question soit posée de la façon la plus explicite possible. Je souhaite montrer, dans les lignes qui suivent, que les diverses raisons exposées à gauche pour se désolidariser des jeunes révoltés de ces dernières nuits méritent d’être réexaminées, et qu’elles ne résistent pas à l’examen.
Article
Quand les postiers de Bègles commettent des actes illégaux dans leur lutte légitime, en séquestrant leur supérieur hiérarchique, nombreux sont les acteurs du mouvement social qui les soutiennent, demandent l’abandon des poursuites ou appellent les juges à la clémence.
Quand les lycéens commettent des actes illégaux dans leur lutte légitime, en cadenassant l’entrée de leurs bahuts, nombreux sont les acteurs du mouvement social qui les soutiennent, demandent l’abandon des poursuites ou appellent les juges à la clémence.
Quand les marins de la SNCM commettent des actes illégaux dans leur lutte légitime, en détournant un navire, nombreux sont les acteurs du mouvement social qui les soutiennent, demandent l’abandon des poursuites ou appellent les juges à la clémence.
Mais quand la lutte n’est pas tout à fait ce qu’on croit qu’elle devrait être, quand il n’y a ni porte-parole, ni organisation, quand ce sont les plus déshérités des dépossédés [1] qui commettent des actes illégaux, alors tout change : on a beau reconnaître que leur colère est légitime, on a beau entendre, dans les bribes d’interviews que nous en proposent les journalistes, que leur discours est plus et mieux politisé, plus lucide que celui de la plupart de nos élus, personne ou presque ne les soutient, ne demande l’abandon des poursuites, ni n’appelle les juges à la clémence (à l’exception de quelques structures très minoritaires, telles que les Indigènes de la République ou DiverCité).
J’aimerais bien qu’on m’explique cette petite incohérence. Je crains qu’elle soit beaucoup plus difficile à justifier qu’il n’y paraît.
L’article de Dominique Simonnot, paru le 9 Novembre dans Libération, ainsi que divers comptes rendus d’audience ayant circulé sur la toile, ont pourtant la vertu de nous informer clairement du genre de "justice" qui est en train d’être rendue pour cette série de cas : on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas.
Examinons donc les apparences de bonnes raisons avancées à gauche pour ne pas se solidariser avec les jeunes interpellés lors de ces dernières nuits.
Entendre des gens dire qu’il est scandaleux de brûler des voitures ou des bus parce que cela empêche les gens de travailler n’a rien d’étonnant. L’empêchement de travailler, les salariés pris en otage, n’est-ce pas là le vieil argument de la droite contre les grévistes de la RATP, de la SNCF, de la RTM aujourd’hui ? Que des gens qui se disent de gauche avancent ce genre d’argument est, en revanche, plutôt consternant. Entendre dire qu’il est scandaleux de brûler des magasins, parce que c’est l’emploi des gens qui y sont salariés qui est menacé, rejoint sur le fond le même argumentaire de la droite, qui brandit la menace des licenciements quand un mouvement social lui déplaît. Aussi, de deux choses l’une : ou bien c’est la droite qui a raison, et a ce moment-là il faut dire oui au service minimum dans les transports en commun et se ranger aux positions de l’UMP. Ou bien cet argumentaire n’est pas valable pour ce qui concerne les grévistes de la SNCF, et il n’y a dès lors pas lieu de l’avancer pour justifier de laisser les jeunes révoltés seuls face à l’institution judiciaire.
Ira-t-on dire que la différence cruciale avec d’autres formes de contestation est que les incendies en banlieue ont touché des biens privés, les rares biens des travailleurs habitant les cités ? On se range alors à l’idée qu’il faut protéger par-dessus tout la propriété privée, et qu’elle seule doit être défendue, tandis que la colère sociale ne devrait pas l’être. Je ne crois pas que ce soit une position satisfaisante pour la gauche. Je ne crois pas en tout cas que cela justifie, encore une fois, qu’on laisse les prétendus « émeutiers » se débrouiller seuls avec l’institution judiciaire, sans soutien du mouvement social.
Ira-t-on dire encore qu’il s’agit de destruction de richesses ? Mais lorsqu’une grève a pour effet une diminution de la production marchande, cela coûte de l’argent. Des richesses qui pourraient être produites ne le sont pas. Là aussi, la différence n’est pas essentielle. Elle est seulement d’apparence et d’émotion : ce sont deux formes de déperdition de richesses ; par les flammes et impressionnante dans un cas, imperceptible et inaperçue dans l’autre. La véritable distinction à faire est que, dans le cas des grèves, c’est d’abord le patron qui perd de l’argent. Mais cet argument n’est certainement pas décisif à lui seul pour nier toute légitimité à cette autre forme d’expression de la colère sociale.
D’autres encore disqualifient la révolte des jeunes des cités au motif qu’ils ne seraient pas motivés par une volonté de changement social, mais par un désir d’argent et de consommation. Ce discours est consternant. Car personne, à gauche, n’a contesté les nombreux mouvements sociaux et grèves qui visaient, ces dernières années, à l’augmentation des salaires ou au rétablissement des indemnités des chômeurs ou intermittents du spectacle.
Autre argument, plutôt creux, entendu ici ou là : ces jeunes s’attaquent à des objets qui n’ont pas de portée symbolique, il n’attaquent pas les signes du capitalisme. Mais lorsqu’ils lancent des cocktails Molotov sur des véhicules de police, qui peut nier que cela a une portée symbolique ? Faut-il défendre ceux qui attaquent la police, plus que ceux qui brûlent les voitures ? Evidemment non - mais il faut observer que la fréquente bienveillance avec laquelle on parle des pavés jetés sur les CRS par les étudiants de Mai 68 ne rencontre pas semblable désapprobation. Pourquoi donc ? Parce que les étudiants de Mai 68 avaient de jolis mots d’ordre lettrés ? Derrière tout cela, se dissimule une falsification inaperçue, insidieuse de l’histoire, qui va parfaitement dans le sens des intérêts des dominants. Certains semblent s’imaginer que le progrès social passe exclusivement par les chancelleries et les dîners de gala : comme en attestent parfaitement l’irréprochable paix sociale qui, en 1936, a gentiment mené nos grands-parents vers l’obtention des congés payés ; ou encore, la façon dont on a obtenu les accords de Grenelle en 1968. Il faut se garder de céder à ces reconstructions mythologiques, et quelque peu iréniques, de notre histoire sociale. Il y a eu, en 1936, en 1968, des grèves largement suivies ; mais à la même période, la protestation a également pris des formes émeutières ou insurrectionnelles qui n’épargnaient pas toujours, loin s’en faut, les biens d’autres pauvres.
Et lorsque les jeunes banlieusards brûlent aujourd’hui une entreprise, un centre commercial, est-on sûr que cela n’a pas de signification symbolique ? Evidemment non : cette colère, alors dirigée vers les lieux concrets où l’on travaille et consomme, lieux de la société salariale dont l’accès est refusé à une partie importante de notre jeunesse, a un sens. Lorsque brûlent les écoles, les crèches, certes, cela peut être considéré comme contre-productif ; mais enfin, sommes-nous si bon sémiologues et sociologues pour dire ce qui a une signification symbolique et ce qui n’en a pas ? A quel titre, du haut de quel point de vue surplombant et omniscient s’autorise-t-on à dire ce qui est sensé et mérite d’être soutenu, et ce qui sera disqualifié comme absurde ou irrationnel ?
D’autant qu’on n’hésitera pas, deux phrases plus loin, à parler des « voies de garage » dans les formations scolaires qui leur sont proposées - quitte à mépriser au passage le travail des enseignants desdites formations, et perpétuer ainsi ce qu’on dénonce - et de tri social à l’école : comment prétendre ensuite que brûler l’école n’a pas de signification ? L’incohérence, ici, est manifeste ; et l’absurdité est du côté de ceux qui croient la dénoncer.
Pour prendre le cas apparemment le plus dépourvu de signification symbolique : brûler une voiture, au hasard dans la rue. Il n’est pourtant pas besoin d’être grand clerc pour voir là une portée symbolique tout à fait limpide. Quelle valeur peut avoir une voiture, si, aussi loin qu’elle aille, elle ramène toujours ses passagers dans les quartiers de relégation sociale ? Si elle ne peut pas mener au-delà de la désespérance et de l’inexistence sociale, plus loin que la fatalité d’être mal né, pourquoi pas la détruire ?
Il ne s’agit là que d’une manière de trouver une signification à de tels gestes ; l’exposer ici a seulement pour objet de montrer que l’insignifiance symbolique n’est pas aussi simple à déceler qu’on le prétend parfois.
De ces réflexions, je conclus qu’il n’appartient à personne de dire ce qui a valeur de symbole ou pas. Je conclus également : il semble que pour bon nombre de gens réputés de gauche, ce qui a valeur marchande ne peut pas faire symbole, et ne peut dès lors être pris pour cible d’un mécontentement social. Idée qui est, en soi, très chargée de signification quant aux capacités véritables de beaucoup d’entre nous à rompre avec l’ordre symbolique capitaliste : il est à craindre que la contestation de la société marchande appelée à sortir de ce genre de présupposés n’ait, pour le coup, qu’une portée purement symbolique, voire : anecdotique.
Autre argument creux pour justifier l’absence de soutien aux prétendus « émeutiers » : leur action serait inefficace, et vouée à l’inefficacité. Elle serait motivée par un souci spectaculaire : passer à la télé, rivaliser dans les médias avec les gars de la cité d’à côté. Mais quand les marins de la SNCM ont détourné un bateau vers la Corse, cette action avait surtout cette efficacité, médiatique, de faire monter la pression sur le gouvernement, d’exprimer spectaculairement leur détermination, enfin d’œuvrer à la prise de conscience de tous via les médias. Sur ce point, on voit mal la différence de principe avec les prétendus « émeutiers ». On peut aussi penser que les marins, franchissant la borne de l’illégalité, ont voulu à juste titre surenchérir (rivaliser ?) par rapport aux autres groupes sociaux en lutte, par exemple les enseignants, qui n’ont pas franchi cette borne en 2003 [2], et dont les revendications sont passées dans les poubelles de l’Hôtel Matignon.
Et pour ce qui est de l’efficacité autre que spectaculaire, on ferait peut-être mieux de se taire : voilà trois ans, depuis le premier budget du premier gouvernement Raffarin, que syndicats enseignants, associations de quartiers, travailleurs du ministère de la Jeunesse et des Sports, éducateurs, travailleurs sociaux, font inlassablement savoir, mais seulement par des voies légales et institutionnelles, qu’il est désastreux de supprimer les subventions aux associations travaillant dans les cités. Cela n’a abouti à rien, rien qu’au mur du mépris gouvernemental. Douze nuits de voitures brûlées, et voilà que soudain le grand homme d’Etat Villepin parle d’augmenter ces subventions, et qu’à côté du lot attendu de mesures régressives et répressives il reconnaît l’erreur commise. Le Premier Ministre semble même enfin concevoir que le rétablissement des postes d’assistants d’éducation en ZEP peut avoir une utilité. J’en conclus que le bilan est pour le moins ambigu, et que les douze nuits d’incendies auront peut-être plus d’efficacité que les trois dernières années de protestation syndicale continuelle et de grèves perlées.
S’il y a bel et bien, comme on le dit à gauche, état d’urgence social, le minimum serait d’exiger que les personnes victimes d’atteintes à leurs biens lors de ces dernières douze nuits soient indemnisées en totalité par des fonds publics, sur la base de leur valeur d’usage et non de leur valeur marchande, et que personne ne soit poursuivi pour ces atteintes. Cette mesure serait vraisemblablement la plus à même d’éviter l’apparition d’un esprit de revanche et de vindicte, et d’œuvrer ainsi, dans les quartiers populaires, à la nécessaire réconciliation entre les personnes ayant perdu leur bien et ceux qui ont commis les dégradations. Quoi qu’on pense de cette dernière proposition, il est impératif que la gauche rompe totalement avec le lexique des « violences urbaines » et autres expressions de ce genre, qui sont de purs artefacts de la sphère spectaculaire-sécuritaire, et ne veulent rien dire de précis. Car, ne permettant pas de faire la distinction minimale entre les atteintes aux biens et les atteintes aux personnes, l’expression de « violences urbaines » ouvre la voie à tous les amalgames, sur fond du présupposé fondamental : la marchandise doit être en toute circonstance protégée, au même titre que les personnes. Or, les atteintes graves aux personnes ayant un lien formellement établi avec les prétendues « émeutes » n’ont été pour l’instant que très peu nombreuses. Il y a eu des actes injustifiables, tels que l’incendie d’un bus occupé. Il n’en reste pas moins que la très grande majorité des violences s’est cantonnée à des atteintes aux biens, ou à des affrontements avec les forces de l’ordre ne mettant pas en danger la vie des agents. De ce point de vue, la prétendue « explosion de violence » des jeunes banlieusards n’est certainement pas aussi irrationnelle et incontrôlée que les médias dominants l’ont prétendu.
J’étais, mercredi 9 novembre, de 17 heures à 19 heures, à Bobigny : au Tribunal de Grande Instance, où comparaissent les prévenus ; je n’ai pas vu un militant, pas un tract. Cent mètres plus loin, devant la préfecture : mille personnes rassemblées pour manifester contre l’état d’urgence.
Il me semble qu’il faut immédiatement rectifier cette stratégie, ou cette absence de stratégie. Nous ne pouvons pas laisser ces adolescents et jeunes adultes sans soutiens devant la justice [3].
Il serait évidemment absurde et falsificateur d’en conclure que j’appelle à cautionner tous les actes commis durant les prétendues "émeutes". Mais l’attitude actuelle des acteurs du mouvement social revient, de fait, à un blanc-seing donné à l’institution judiciaire, qui elle-même ne statue pratiquement que sur des rapports de police, pour cette série d’affaires. Par conséquent, la question est : faut-il donc toujours faire une confiance totale à la police, dès lors que les gens interpellés viennent des cités, et ne sont ni syndiqués, ni membres d’organisations progressistes ?
Je doute, pour diverses raisons, que ce soit la bonne approche. Certaines organisations s’opposent à l’expulsion immédiate des ressortissants étrangers arrêtés durant ces dernières nuits, mais cette exigence n’est certainement pas suffisante.
Etant donné les circonstances, il faut en finir, à gauche, avec le dérisoire plaidoyer pour l’ordre républicain. On appelle au respect des valeurs et du droit, et le résultat est le suivant : la loi d’exception de 1955, la menace sur les libertés publiques, le simulacre de droit devenu ouvertement non droit. L’ordre républicain, tel qu’en lui-même, enfin, l’Etat d’urgence le montre : ordre colonial ou policier, plus ou moins euphémisé, plus ou moins soft ou hard, c’est selon :
l’ordre républicain de la double peine tantôt abolie, tantôt rétablie, c’est selon ;
l’ordre républicain de la traque des sans-papiers, par le biais d’un non respect massif des lois qui réglementent le contrôle d’identité ;
l’ordre républicain où l’on exige en toute illégalité discriminatoire que certaines catégories de la population aient toujours leurs papiers sur eux ;
l’ordre républicain de la destruction des familles dont l’un des membres n’a pas de papiers ;
l’ordre républicain des charters d’expulsion vers l’Afghanistan ;
l’ordre républicain du démantèlement méthodique, par tout moyen, des lois régissant le travail ;
l’ordre républicain de l’impunité de Supermenteur ;
l’ordre républicain d’un ministre de la Justice qui revendique à haute voix l’anti-constitutionalité de sa loi rétroactive sur le bracelet électronique ;
l’ordre républicain du missilier Dassault, à la fois sénateur et fournisseur d’armements à l’Etat, qui vote les budgets de la Défense Nationale dont une part substantielle iront dans sa poche ;
l’ordre républicain du pillage des biens publics au profit des actionnaires et d’un copain d’études du Premier Ministre (cas de la SNCM) ;
l’ordre républicain où même les banquiers qualifient de « hold-up » (Le Monde daté du 10 Novembre) l’action économique du gouvernement (s’agissant de la suppression du fonds de garantie des prêts à taux zéro, profitables aux classes moyennes et populaires).
L’ordre républicain du respect du droit - ou de sa mise en pièces, c’est selon. L’ordre républicain, tel qu’en lui-même : celui où chacun se croit tenu, par bienséance ou intimidation, d’appeler rituellement (et jusque, hélas, dans les colonnes de Politis) à la punition de certains illégalismes, tandis que d’autres sont tellement banalisés qu’on oublie de les considérer comme des scandales à sanctionner - tant la conception prédominante du droit et de l’ordre est-elle même indigente, soumise et confortable aux intérêts marchands ou électoralistes de quelques-uns ; surtout : docile à la plus inique et la plus invisible des lois : la loi du plus fort.
L’ordre républicain - qui, à gauche, pourrait décemment le nier en pareilles circonstances ? - est une certaine modalité du désordre : celle qui arrange les groupes ayant pouvoir d’accréditer la conception de l’ordre et du désordre conforme à leurs intérêts, réels ou imaginaires.
Brûler des voitures ? Laisser libre cours à sa rage devant l’injustice et l’indécence ? Casser, tout casser ? Nombreux, nous l’avons rêvé ; ils l’ont fait. Je laisse à d’autres la responsabilité de punir ces actes plutôt que d’autres. Je ne me reconnais pas dans cette parodie d’ordre républicain. Je refuse que les prétendus « émeutiers » soient punis de cette façon en mon nom. J’invite ceux qui partagent cette analyse à assister aux audiences des jeunes en comparution immédiate, à manifester notre solidarité à leurs familles et leurs amis, comme aux victimes de toutes les violences de ces dernières nuits, enfin à protester contre l’Etat d’urgence.




Notes
[1] Dépossession qu’il est désormais urgent de ne plus réduire à sa seule dimension économique. En effet, l’absence de porte-parole et d’organisations de masse véritablement représentatives de la jeunesse des quartiers pauvres atteste au grand jour que cette dépossession est également politique. Ce qui n’implique nullement l’absence d’une conscience politique chez beaucoup de ces jeunes pauvres ; mais bien plutôt l’inexistence des moyens institutionnels et organisationnels de la faire entendre. Cette situation n’est vraisemblablement pas pour rien dans le fait que la contestation se trouve prendre les formes spectaculaires que l’on a vues ces dernières nuits. Retracer les déterminants de cette dépossession politique serait nécessaire ; ce n’est toutefois pas directement l’objet de mon propos.
[2] Les grèves des enseignants de l’école publique ont pris fin en juin 2003 lorsque les grévistes ont préféré ne pas « bloquer le bac », mettant ainsi un terme à leur mouvement de protestation contre la réforme des retraites et la décentralisation de certains personnels de l’Education Nationale, organisées par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin.
[3] Depuis que ces lignes ont été écrites (le 10 novembre 2005), divers groupes de militants ont commencé à se mobiliser dans ce but. Mais il est regrettable que ces actions soient pour l’instant cantonnées à des réseaux aux effectifs très restreints, et qu’aucune organisation de masse n’ait appelé à y prendre part.

Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République - le 8 décembre 2008

Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République à propos de son discours du 2 décembre 2008 à l'hôpital Erasme d'ANTONY concernant une réforme de l'hospitalisation en psychiatrie.


Etampes, le 8 décembre 2008


Monsieur le Président,

Eluard écrit dans Souvenirs de la Maison des Fous « ma souffrance est souillée».

Après le meurtre de Grenoble, votre impatience à répondre dans l'instant à l'aspiration au pire, qu'il vaudrait mieux laisser dormir en chacun d'entre nous et que vous avez semble t-il tant de difficulté à contenir, vous a amené dans votre discours du 2 décembre à l'hôpital Erasme d'Antony à souiller la souffrance de nos patients.
Erasme, l'auteur de «L'Eloge de la Folie», eût pu mieux vous inspirer, vous qui en un discours avez montré votre intention d'en finir avec plus d'un demi-siècle de lutte contre le mauvais sort fait à la folie : l'enfermement derrière les hauts murs, lui appliquant les traitements les plus dégradants, extermination en premier, quand la barbarie prétendit purifier la race, la stigmatisation au quotidien du fait simplement d'être fou.

Vous avez à Antony insulté la mémoire des Bonnafé, Le Guillant, Lacan, Daumaison et tant d'autres, dont ma génération a hérité du travail magnifique, et qui ont fait de leur pratique, œuvre de libération des fécondités dont la folie est porteuse, œuvre de libération aussi de la pensée de tous, rendant à la population son honneur perdu à maltraiter les plus vulnérables d'entre nous. Lacan n'écrit-il pas « l'homme moderne est voué à la plus formidable galère sociale que nous recueillions quand elle vient à nous, c'est à cet être de néant que notre tâche quotidienne est d'ouvrir à nouveau la voie de son sens dans une fraternité discrète, à la mesure de laquelle nous sommes toujours trop inégaux ».

Et voilà qu'après un drame, certes, mais seulement un drame, vous proposez une fois encore le dérisoire panégyrique de ceux que vous allez ensuite insulter en leur demandant d'accomplir votre basse besogne : que les portes se referment sur les cohortes de patients.

De ce drame, vous faites une généralité, vous désignez ainsi nos patients comme dangereux, alors que tout le monde s'entend à dire qu'ils sont plus vulnérables que dangereux.

Mesurez-vous, Monsieur le Président, l'incalculable portée de vos propos qui va renforcer la stigmatisation des fous, remettre les soignants en position de gardiens et alarmer les braves gens habitant près du lieu de soin de la folie ?

Vous donnez consistance à toutes les craintes les moins rationnelles, qui désignant tel ou tel, l'assignent dans les lieux de réclusion.

Vous venez de finir d'ouvrir la boîte de Pandore et d'achever ce que vous avez commencé à l'occasion de votre réplique aux pêcheurs de Concarneau, de votre insulte au passant du salon de l'agriculture, avilissant votre fonction, vous déprenant ainsi du registre symbolique sans lequel le lien social ne peut que se dissoudre. Vous avez donc, Monsieur le Président, contribué à la destruction du lien social en désignant des malades à la vindicte, et ce, quelles que soient les précautions oratoires dont vous affublez votre discours et dont le miel et l'excès masquent mal la violence qu'il tente de dissimuler.

Vous avez donc, sous l'apparence du discours d'ordre, contribué à créer un désordre majeur, portant ainsi atteinte à la cohésion nationale en désignant, à ceux qui ne demandent que cela, des boucs émissaires dont mes années de pratique m'ont montré que justement ils ne peuvent pas se défendre.

Face à votre violence, il ne reste, chacun à sa place, et particulièrement dans mon métier, qu'à résister autant que possible.

J'affirme ici mon ardente obligation de ne pas mettre en œuvre vos propositions dégradantes d'exclure du paysage social les plus vulnérables.

Il en va des lois comme des pensées, certaines ne sont pas respectables ; je ne respecterai donc pas celle dont vous nous annoncez la promulgation prochaine.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, la très haute considération que je porte à votre fonction.

Docteur Michaël GUYADER
Chef de service du 8ème secteur
de psychiatrie générale de l'Essonne,
Psychanalyste.


Bonjour à toutes et tous,



Merci Anja pour la transmission de cette déclaration qui rejoint sans aucun doute le mouvement plus large des psys (psychiatres, psychologues, psychanalystes, psychothérapeutes) qui s'engagent pour défendre une approche humaniste des soins que nous essayons d'apporter aux personnes en souffrance psychique.

En tant que Gestalt thérapeute je ne peux qu'être sensible à ce qui se passe à la frontière entre organisme et environnement et donc entre individu et société.

Parce que mon seul objectif, dans le processus thérapeutique (je me refuse d'avoir un projet pour mon patient / client), est d'aider l'individu à s'inscrire à nouveau dans un processus de croissance je ne peux que refuser la "normalisation", le "formatage" imposé des consciences, la rigidité d'un système totalement démagogique qui sous prétexte de protéger ne sert au final que quelques intérêts personnels.

Dans ma pratique je considère très souvent la pathologie, hormis bien entendu les maladies d'origine génétique ou dégénérative, comme un ajustement d'un individu dans un milieu donné.

Dans ce cadre, je me pose donc fréquemment la question de savoir qui est le plus malade :

- le groupe social qui génère autant de violences, d'exclusions et de souffrances ?
ou
- l'individu qui, avec son histoire personnelle, a tenté de s'ajuster au mieux pour tenter de survivre dans son environnement en construisant inconsciemment ce mode de relation qui selon les époques, les lieux et les groupes sera jugé pathologique... ou non ?

Travaillant en complémentarité avec le milieu hospitalier et notamment en alcoologie, je soutiens donc les psys (psychiatres, psychologues, psychanalystes, psychothérapeutes) qui écoutent sans juger, qui s'interrogent, qui s'investissent et qui expérimentent pour apporter les meilleurs soins dans le respect de la dignité humaine et dans des conditions que je sais très difficiles.

Sincères salutations à toutes et tous,


Jean-Philippe JACQ


Psychothérapie Humaniste & Existentielle
Gestalt Thérapeute titulaire du C.E.P.
Consultant praticien alcoologie (D.U. Paris 7)


12 rue Albert
Berchères La Maingot
28300 Berchères Saint Germain


Téléphone : 02 37 22 81 72
Mobile : 06 74 55 98 39

A ECOUTER descente de gendarmes avec des chiens dans un collège - 2 déc. 10h51

Audio in vivo 2 déc. 10h51
«Le chien s'est acharné sur plusieurs cartables»
A ECOUTER
http://www.liberation.fr/societe/0601415-le-chien-s-est-acharne-sur-plusieurs-cartables?xtor=RSS-450
Retour sur la descente de gendarmes anti-stups avec des chiens fin novembre dans un collège du Gers. Avec le récit d'une élève, lu par son père, et le témoignage inédit du proviseur de l'établissement.
L’affaire suscite l’indignation des parents d’élèves et de la Ligue des droits de l’homme qui publiait hier un communiqué. Ces dernières semaines, les forces de l’ordre ont débarqué dans deux établissements scolaires du Gers pour procéder à des opérations de «prévention» contre l’usage de la drogue.
La dernière intervention remonte au mercredi 19 novembre. Dans le collège de Marciac, 4 gendarmes et un maître-chien font irruption en pleine classe. «Ce mercredi là, toutes les classes sont entrées en cours comme à leur habitude, en suivant les profs, raconte Zoé, 14 ans. Soudain , la porte s’est ouverte, laissant entrer deux gendarmes (…) "Nous allons faire entrer un chien! Mettez vos mains sur les tables, restez droit, ne le regardez pas! Quand il mord, ça pique!"»
Quand Zoé raconte cette histoire à son père, Frédéric David, ce dernier est abasourdi puis révolté. Il demande alors à sa fille d'écrire sa version des faits.
Aujourd’hui, Libération vous propose d’écouter ce témoignage lu par le père, et croisé avec celui du principal.
«Un gendarme à terre disséquait mes stylos, un autre le surveillait, un autre qui regardait la fouilleuse qui me fouillait et le reste de la troupe dehors. Ne trouvant rien dans ma veste, elle me fit enlever mes chaussures et déplier mes ourlets de pantalon. Elle cherche dans mes chaussettes et mes chaussures», écrit Zoé.
«Le gars qui nous regardait, dit à l’intention de l’autre gendarme: "On dirait qu’elle n’a pas de hash mais avec sa tête mieux vaut très bien vérifier! On ne sait jamais… " Ils ont souri et la fouilleuse chercha de plus belle! Elle cherche dans les replis de mon pantalon, dans les doublures de mon tee shirt sans bien sûr rien trouver. Elle fouilla alors dans mon soutif et chercha en passant ses mains sur ma culotte! Les gendarmes n’exprimèrent aucune surprise face à ce geste mais ce ne fut pas mon cas!!!!!!», raconte encore l'adolescente.

L'indécent déjeuner à 150 000 euros de Fortis - 19/11/2008

L'indécent déjeuner à 150 000 euros de Fortis
Article publié le 12 Octobre 2008
Par Paul Barelli Source : LE MONDE
Extrait :
Réfugiés dans les salons feutrés - dans les tons or et pastel - de l'Hôtel de Paris, le palace le plus cher de Monaco, les cadres de la branche assurances de Fortis ont refusé de dévoiler le menu. Dommage. A 3 000 euros le couvert, le chef du prestigieux restaurant Louis-XV, Frank Cerruti, a déployé tout son art pour ce déjeuner dont la facture se montait à 150 000 euros. C'est le prix de l' « événement culinaire » auquel le groupe Fortis avait convié, vendredi 10 octobre, une cinquantaine de courtiers indépendants, partenaires de la société d'assurance belgo-néerlandaise, rachetée lundi par BNP-Paribas. La dégustation fut royale, le plaisir impérial et la gêne à peine perceptible.
------------------------------------------------
Quand on vous dit que c'est la crise... Je pouffe !
http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=1055072&clef=ARC-TRK-D_01

Vive le Prix Nobel de la Paix... - 19/11/2008

Crimes de monsieur Kissinger (Les)
par Christopher Hitchens
( Livre )203 p., 15.09 euros
Éditions Saint-Simon
Le vrai visage de l'ancien chef de la diplomatie américaine, prix Nobel de la paix...
« Henry Kissinger doit-il être déféré devant le Tribunal international de La Haye pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité, et pour conspiration impliquant le meurtre, l'enlèvement et la torture ? Oui, répond clairement l'écrivain, journaliste et essayiste anglais, Christopher Hitchens, à travers une enquête serrée, fondée sur des documents secrets, et récemment déclassifiés par les autorités américaines. On apprend comment le Prix Nobel de la paix 1973 a cyniquement organisé les bombardements de populations civiles au Laos et au Cambodge, comment il a fait assassiner le général chilien Schneider pour tenter de barrer la route à Allende, comment il a installé le général Pinochet, comment il a soutenu secrètement la tentative d'assassinat de Mgr Makarios à Chypre, comment il a ruiné l'expérience d'un régime démocratique au Bangladesh. En fait, ce livre montre, d'une manière exceptionnelle et précise, comment un pouvoir démocratique comme celui des États-Unis peut organiser des crimes à l'échelle mondiale, et révèle également les vraies motivations d'Henry Kissinger : cynisme, argent, pouvoir... » (présentation de l’éditeur)
Lire la suite : http://www.bibliomonde.com/livre/crimes-monsieur-kissinger-les-1457.html

COUPLES MIXTES - Une femme s'immole par le feu pour sauver son compagnon - 19/11/2008

Au cours de notre conférence au Salon de La Photo le 16/11, nous avons pu aborder la dramatique situation des couples mixtes en France ainsi que le combat pour l'amour et la justice des collectifs "Les Amoureux au Ban Public" avec la CIMADE, France Terre d'Asile, RESF, etc.
http://www.photographie.com/?pubid=105238&secid=1 : Conférence : Rencontre avec Xavier Zimbardo REDIFFUSION DU LIVE


Notre travail avec Sophie Licari sur cette question est en voie d'achèvement. Le livre sera ensuite publié le plus rapidement possible afin d'accompagner les différentes manifestations, colloques, etc. Des voix se lèvent dans toute la France pour protester. Ne restons pas en-dehors de ce vaste mouvement de fraternelle générosité.
NOUVELLES IMAGES EN LIGNE :
http://www.xavierzimbardo.com/galerie-43.html
Lire aussi en bas de page l'information particulièrement tragique et révoltante sur cette femme qui s'est récemment immolée par le feu pour sauver son compagnon, et les textes de Sophie LICARI, de la CIMADE, etc.
http://www.xavierzimbardo.com/galerie-texte-79.html
Un bal des « Amoureux-au-ban-public » aura lieu le 30 novembre dans la salle des fêtes de la mairie du 3ème , à Paris, avec une projection de nos photos. Et si possible aussi une exposition d’un certain nombre de celles-ci dans le hall de la mairie, pendant la semaine précédant le bal.

GREENPEACE aime la forêt. Et vous ? - 15/11/2008

Vidéo absolument géniale de GREENPEACE en défense de la forêt.
On a le droit de faire l’amour en la regardant en boucle. Ils ont fait FORT …
Après cette tendre étreinte, ne perdez pas la tête : signez leur pétition.
http://www.greenpeace.org/france/getinvolved/act/j-aime-la-for-t

La vie est belle de Roberto Benigni - 15/11/2008

Pour continuer dans les histoires d’amour, et pour celles et ceux qui ont aimé la vie est belle de Roberto Benigni, voir et écouter :
http://www.youtube.com/watch?v=EJmvOYE8a3I&feature=related

"Mon p'tit poisson" - 15/11/2008

Un petit film de voyage lui aussi tout empreint de poésie. RIBA veut dire POISSON en russe, mais quand on dit RIBKA cela veut dire "Mon p'tit poisson", un mot tendre entre amoureux... J’espère que vous allez aimer :
http://riba.dalbiez.com/htm/movie2.htm
Pour respirer un peu dans ce drôle de monde…

CRISE DE RIRE - 26/10/2008

En préparant le Grand Soir, on va vivre de durs petits matins.
C'est la Crise, dis donc, pas possible... Y a des crises dans le capitalisme ? Le quoi ? On nous en parlait si peu à force de dire libéralisme, économie de marché ou autres formules alambiquées qu'on se frotte soudain les yeux tant on a peine à en croire ses oreilles.
Chavez donne ironiquement (?) du "Camarade" à Nicolas Sarkozy... Un grand financier, Alan Greenspan, l'ex-président de la Federal Reserve, se met à douter du système :
"J'ai fait une erreur en comptant sur l'intérêt privé des organisations, principalement des banquiers, pour protéger leurs actionnaires."
"Ceux d'entre nous qui comptaient sur l'intérêt des établissements de crédit pour protéger les actionnaires (en particulier moi-même) sont dans un état de choc et d'incrédulité".
"La crise a pris une dimension beaucoup plus grande que ce que j'avais imaginé".
"J'ai trouvé une faille dans l'idéologie capitaliste. Je ne sais pas à quel point elle est significative ou durable, mais cela m'a plongé dans un grand désarroi."
New York Times


On peut encore en rire, certains en pleurent déjà, et c'est pas fini...
En pleine crise financière, l’acteur Olivier Perrin a proposé à « Bakchich » une caméra cachée pour voir si les Français étaient prêts à se « mobiliser » pour sauver les banques. Séquence « Bluff » !
Dans le 16ème arrondissement de Paris, où Perrin fait le trottoir en « conseiller financier de la Société Générale »... Et après la banque, le métro :
« T’as pas 100 balles ? C’est pour ta banque ! »
http://www.bakchich.info:8080/article5391.html

Les voeux d'espoir de Frankie - Jan 02, 2008 14:25:00 GMT

Et si quelque chose avait changé...
Ce matin alors que Frankie regardait par sa fenêtre, il lui est revenu en mémoire les paroles d’une chanson de Barbara : "Regarde, Quelque chose a changé, L'air semble plus léger, C'est indéfinissable..." et lorsque Frankie a mis le nez dehors, en effet, elle a trouvé l’air plus léger.
Pourtant Frankie sait que la trajectoire de l’humanité est toute tracée et qu’aucun demi-dieu ne viendra s'ériger en sauveur ; qu'aucun discours ne viendra pacifier les esprits belliqueux, qu’aucun élan de sagesse ne viendra endiguer la violence dans laquelle l’humanité s’englue, qu’aucun miracle ne viendra au secours d’une planète à l’agonie ; que nul regard en arrière n'enseignera le discernement, et que l’épilogue qui attend l’humanité dans les années à venir est déjà inscrit en lettres de feu.
Ce XXIe siècle, beaucoup en ont rêvé ; trop sans doute ont fait le rêve d’un monde meilleur, d’un monde où l’homme, équilibrant ses forces vives, allait réaliser l’alchimie entre une science honnête et une médecine sans lobby, entre la foi respectable lorsqu’elle se fait tolérance et la spiritualité qui hélas semble nous faire défaut, entre la technologie dont nous sommes devenus les esclaves et une consommation devenue héritage premier de nos sociétés modernes… Entre espoir de voir les choses changer et volonté d’agir… Entre « savoir » et « connaissance ». Entre terre et mer, entre ici et là-bas… Mélange d'horizons lointains au métissage parfait...
Cette fabuleuse aventure, l’espèce humaine n’a pas su ou pas osé la tenter : les hommes lui ont préféré la quête immédiate d'un absurde bonheur avec des lendemains qui déchantent. Excès de confiance, pêché d'orgueil, les hommes ont fini par oublier leur propre histoire. Ils ont fini par oublier la part de magie qui leur était donnée à la naissance.
Car de magie, nous n'en retrouvons nulle trace dans nos actions quotidiennes ; nulle magie dans nos intentions, trop occupés à ne servir que nous-mêmes, soucieux de préserver nos individualités pétries d’égo, obsédés que nous sommes par nos intérêts personnels, avides de dominer cette terre et tout ce qui y vit, stupides au point de tuer ce qui nous fait vivre, sans nous soucier de déranger l’ordre naturel des choses, sans nous interroger de ce que nous laisserons une fois que nous serons redevenus poussière… Si peu ou pour ainsi dire : Rien au regard de l’univers…
Et pourtant, quelque chose dans l’air semble avoir changé :
Comme si le désir d’une trêve dans ce monde déchainé devenait de plus en plus fort...
Comme si nous rêvions tous et en même temps de moments d’infinie quiétude…
Comme si par la force de nos intentions, nous devenions tous un instant des alchimistes...
Et que pourrait-on souhaiter de mieux à l’espèce humaine en cette nouvelle année : qu’elle sorte enfin de son engourdissement et retrouve la mémoire pour s’affranchir des chaînes qui la retiennent à genoux…
L’espoir est quelque chose d’indéfinissable qui ne veut pas mourir, un peu comme l’air que Frankie respire aujourd’hui et qui semble murmurer : "Regarde, Sous ce ciel déchiré, Tout s'est ensoleillé, C'est indéfinissable..."


http://lestribunationsdefrankie.blog.20minutes.fr/archive/2008/01/02/et-si-quelque-chose-avait-change.html

Où et quand est-ce que ça va craquer... ? - 07.01.08

Regardez ATTENTIVEMENT cette courte vidéo et demandez-vous où nous emmène le PRODUCTIVISME fou des multinationales de la chimie ! Nous ne pourrons plus dire que nous ne savions pas... Y compris les utilisations mensongères de l'espérance de vie. Il est plus que temps d'agir.
> par Claude Bourguignon agronome qui a quitté l' INRA
http://www.dailymotion.com/video/x1ds9p_alerte
Durée : 04:18 extraite du film " Alerte à Babylone " de Jean Druon aux éditions Voir et Agir : http://www.voiretagir.com/
Maintenant on pourrait presque enseigner aux enfants dans les écoles comment la planète va mourir, non pas comme une probabilité mais comme l'histoire du futur. On leur dirait qu'on a découvert des feux, des brasiers, des fusions, que l'homme avait allumé et qu'il était incapable d'arrêter. Que c'était comme ça, qu'il y avait des sortes d'incendie qu'on ne pouvait plus arrêter du tout. Le capitalisme a fait son choix : plutôt ça que de perdre son règne.
Entretien avec Marguerite Duras, Le Matin, 4 juin 1986


Babylone était cette cité assiégée de l’extérieur.
Ce qui menace aujourd’hui la société globale d’effondrement résulte de la mystérieuse contrainte qui s’impose à elle de poursuivre son développement sans limite. Et cette contrainte ne peut être satisfaite que par la restriction toujours plus poussée des libertés humaines.
À travers une série de déplacements et rencontres au sein de la Cité moderne, ce film nous propose un constat actualisé de cette inquiétante perspective.


C'est une petite boîte, vous pouvez leur commander le film : http://www.voiretagir.com/adhesion.php
Beaucoup plus sur le film http://deconstruire.babylone.over-blog.org/article-5965674.html
Le reste du film vaut aussi carrément le coup !!!
C'est Claude Bourguignon qui vous parle dans cet extrait, vous pouvez consulter son site : http://www.lams-21.com/
Noubliez pas de rechercher des AMAP près de chez vous, afin de manger correctement et de developper des fermes de qualité : http://alliancepec.free.fr/Webamap/trouveramap.php
On pourrait aussi conseiller de lire René Riesel :
"Déclarations sur l'agriculture transgénique et ceux qui prétendent s'y opposer", Éditions de l'Encylopédie des Nuisances, 2001
"Du progrès dans la domestication", Éditions de l'Encylopédie des Nuisances, 2003.

COMMENTAIRES - Date

Je 15 Novembre 2007 13:00
Merci chere …


Holi, les Belles Disparues, Moscou le metro, etc : il y a dans mes travaux joie et detresse, confiance et angoisse, la solitude et la tendresse, violence et serenite, mystere et ouverture, viol et amour tendre, metamorphose et stabilite, destruction et mise au monde, la vie et la mort intrinsequement lies, tenebres et clarte, ombre et lumiere, le jour et la nuit qui avance sans cesse avec la Terre tournant autour du Soleil petit point exaltant dans un univers silencieux, toutes ces choses qui se combattent et s harmonisent en moi, toute la complexite de l existence, sa fragilite, sa durete, que je ne comprends pas toujours comme je ne me comprends pas toujours mais j essaie d avancer et d aller plus intense et plus profond.


Heureusement j ai quelques merveilleux amis comme toi pour m eclairer... car le chemin est passionnant mais il est rude. Dur de ne pas baisser les bras... Initiation...

Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République - 13/12/2008

Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République à propos de son discours du 2 décembre 2008 à l'hôpital Erasme d'ANTONY concernant une réforme de l'hospitalisation en psychiatrie.


Etampes, le 8 décembre 2008

Monsieur le Président,

Eluard écrit dans Souvenirs de la Maison des Fous « ma souffrance est souillée».

Après le meurtre de Grenoble, votre impatience à répondre dans l'instant à l'aspiration au pire, qu'il vaudrait mieux laisser dormir en chacun d'entre nous et que vous avez semble t-il tant de difficulté à contenir, vous a amené dans votre discours du 2 décembre à l'hôpital Erasme d'Antony à souiller la souffrance de nos patients.
Erasme, l'auteur de «L'Eloge de la Folie», eût pu mieux vous inspirer, vous qui en un discours avez montré votre intention d'en finir avec plus d'un demi-siècle de lutte contre le mauvais sort fait à la folie : l'enfermement derrière les hauts murs, lui appliquant les traitements les plus dégradants, extermination en premier, quand la barbarie prétendit purifier la race, la stigmatisation au quotidien du fait simplement d'être fou.
Lire la suite : http://www.xavierzimbardo.com/actu-c3.html

A ECOUTER descente de gendarmes avec des chiens dans un collège du Gers - 02/12/2008

Audio in vivo 2 déc. 10h51
«Le chien s'est acharné sur plusieurs cartables»
A ECOUTER
http://www.liberation.fr/societe/0601415-le-chien-s-est-acharne-sur-plusieurs-cartables?xtor=RSS-450
Retour sur la descente de gendarmes anti-stups avec des chiens fin novembre dans un collège du Gers. Avec le récit d'une élève, lu par son père, et le témoignage inédit du proviseur de l'établissement.
L’affaire suscite l’indignation des parents d’élèves et de la Ligue des droits de l’homme qui publiait hier un communiqué. Ces dernières semaines, les forces de l’ordre ont débarqué dans deux établissements scolaires du Gers pour procéder à des opérations de «prévention» contre l’usage de la drogue.
La dernière intervention remonte au mercredi 19 novembre. Dans le collège de Marciac, 4 gendarmes et un maître-chien font irruption en pleine classe. «Ce mercredi là, toutes les classes sont entrées en cours comme à leur habitude, en suivant les profs, raconte Zoé, 14 ans. Soudain , la porte s’est ouverte, laissant entrer deux gendarmes (…) "Nous allons faire entrer un chien! Mettez vos mains sur les tables, restez droit, ne le regardez pas! Quand il mord, ça pique!"»
Quand Zoé raconte cette histoire à son père, Frédéric David, ce dernier est abasourdi puis révolté. Il demande alors à sa fille d'écrire sa version des faits.
Aujourd’hui, Libération vous propose d’écouter ce témoignage lu par le père, et croisé avec celui du principal.
«Un gendarme à terre disséquait mes stylos, un autre le surveillait, un autre qui regardait la fouilleuse qui me fouillait et le reste de la troupe dehors. Ne trouvant rien dans ma veste, elle me fit enlever mes chaussures et déplier mes ourlets de pantalon. Elle cherche dans mes chaussettes et mes chaussures», écrit Zoé.
«Le gars qui nous regardait, dit à l’intention de l’autre gendarme: "On dirait qu’elle n’a pas de hash mais avec sa tête mieux vaut très bien vérifier! On ne sait jamais… " Ils ont souri et la fouilleuse chercha de plus belle! Elle cherche dans les replis de mon pantalon, dans les doublures de mon tee shirt sans bien sûr rien trouver. Elle fouilla alors dans mon soutif et chercha en passant ses mains sur ma culotte! Les gendarmes n’exprimèrent aucune surprise face à ce geste mais ce ne fut pas mon cas!!!!!!», raconte encore l'adolescente.

Un journaliste de Libération humilié par la police - 30/11/2008

Un journaliste de Libération humilié par la police :
Cela se passe en France, au petit matin, quand la police vient arrêter
un journaliste à son domicile. Il s'agit de Vittorio de Filippis …….
http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/11/29/journaliste-et-pire-que-la-racaille_1124889_3224.html#ens_id=1124857

Pétition pour la libération de Jean-Marc Rouillan - 30/11/2008

Jean-Marc Rouillan est à nouveau en prison. Il a rompu le silence pour annoncer qu’il tournait la page de son passé et commenter – brièvement – l’interdiction qui lui est faite de parler d’une stratégie révolutionnaire jugée il y a 22 ans aujourd’hui.
L’État a répondu en révoquant sa semi-liberté.
Par cette « Affaire Rouillan », l’État réaffirme aujourd’hui sa volonté de s’attaquer à la liberté de parole. Les interprétations crapuleuses de l’interview accordée à L’Express, attisées par certains médias et soutenues par le tribunal d’application des peines, veulent museler et punir l’expression politique de l’écrivain qu’est Jean-Marc Rouillan. Sa réincarcération « préventive » nous le prouve.
Nous considérons que les conditions de la remise en détention de Jean-Marc Rouillan sont une atteinte au droit de libre expression.
Nous affirmons que Jean-Marc Rouillan n’a pas dérogé aux contraintes qui régissent le régime de semi-liberté accordé en décembre 2007.
Nous affirmons également notre révolte face à cette décision qui relève de l’acharnement et de la volonté de faire taire Jean-Marc Rouillan. Lui aujourd’hui et nous demain.
Nous réclamons donc la libération sans condition de Jean-Marc Rouillan.
Signer la pétition en ligne
http://www.cequilfautdetruire.org/spip.php?article1811

A lire et à méditer - 12/05/2008

Un nouveau texte douloureux et percutant de Sophie Licari :
Corps en stock
Des abattoirs pour humains. Ces horreurs ne sont ni de la science-fiction ni de l’histoire, ne sont pas le fruit d’une idéologie nazifiante ; elles sont le rejeton tératologique de notre présent, de notre monde de croissance matérielle exponentielle et de logique productiviste où, dévoyant les progrès médicaux, des morceaux de chair humaine se commercialisent et génèrent du profit, par le truchement de « courtiers » chargés de mettre en relation fournisseurs, vendeurs et acheteurs. On s’indigne, évidemment. Mais jusqu’à quel point, recouverts que nous sommes par une gangue de désabusement et d’écœurement las ?
Le corps humain s’offre et ne se vend pas, sans quoi il se perd.
LIRE LE TEXTE INTEGRAL :
http://chez-sophie.hautetfort.com/archive/2008/04/27/corps-en-stock.html

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