Rêve toujours, la nuit reviendra sans toi, un jour. Et tu n'en sauras rien.
La loi n'est pas faite pour les gens comme toi, et toi, tu n'es pas faite pour la loi. Alors, quoi ?
Tu es peine mais terre de délivrance, perle perdue revenue de tous les outrages, âge féroce mangeur de vent.
La calamité douloureuse de tes seins s'insurge-t-elle ? La vérité est un cyclope à l'oeil avalé par les loups.
Les chaumières s'ouvrent et se ferment, oublieuses des saisons trépassées.
Qu'on ridiculise notre révolte, peu nous chaut ! Sache toujours espérer par-delà l'avalanche des cyclones...
Qu'on ridiculise l'amertume, peu nous importe ! Nos yeux de lézards argentés sautent de branche en branche, trouant l'espace, ivres éclairs...
Marche avec moi, ma joie ! Laisse-les poursuivre leurs mensonges, laisse-les regarder fondre les glaces des deux pôles, avec leur sourire niais nier...
Marche avec moi, ma joie ! Préfère l'abnégation du silence au navrant écho de leurs paroles fausses...
Marche avec moi, ma joie ! Marche seule, sans peur, devinant de la tête et des hanches telle une danseuse galicienne empourprée de nacre, de musc et de jasmin... de cytise, de grenade et d’orange…
Sois une prière, mon coeur. Ne les laisse pas faire rimer l'audace avec le gel de ta face.
Sois une prière, mon coeur. La fenêtre est un miroir pour la traversée du soleil.
Sois une prière, mon coeur. Si tu ne peux voir venir demain, alors nous sonnerons l'alarme.
Xavier Zimbardo - 29 octobre 2008
Comment "entrer" en photographie ?
Ton parcours est connu. Ton site www.xavierzimbardo.com le décrit précisément. Le France Photographie de décembre 1996 en donne des détails passionnants. L'instituteur, président pendant 5 ans du Club des Belles Images de Sarcelles (où tous les adhérents étaient fédérés) est devenu un grand professionnel. Quel message veux-tu passer aux jeunes qui doutent de leurs capacités en photographie, pour en faire leur métier ?
Est-ce si important d’en faire un métier, c’est-à-dire de gagner de l’argent avec ses photos ? Ce qui compte, ne serait-ce pas plutôt d’acquérir DU métier, c’est-à-dire de l’expérience, afin d’être meilleur en tant qu’auteur ? Auteur d’abord de soi-même, en créant et en offrant nos créations. Auteur de notre profondeur personnelle au même titre que de nos œuvres qui servent à prodiguer cette part d’invisible qui nous est propre : notre richesse intérieure unique, pour la verser dans le fonds commun de l’humanité.
La capacité à être photographe, à transmettre le meilleur de soi au travers d’émotions sous la forme d’images, c’est une gageure qui n’est jamais finie : elle est valable pour chaque jour. Et remise en question jusqu’au dernier de ces étonnants jours qui nous sont donnés à vivre.
On n’a jamais gagné, il n’y a rien à atteindre, nous sommes sans cesse en marche car la lumière qui brille là-bas au loin, elle brille aussi au fond de notre cœur. Il n’est pas d’autre but que la voie que l’on emprunte pour l’atteindre. Tendre vers la beauté, la bonté, la vérité. La voie, le but sont une seule et même chose. C’est avec cette lumière-là que nous écrivons. Ce que nous cherchons, au fond, dans nos images comme dans le regard des autres, c’est la rencontre avec ce « nous-même » qui demeure un inconnu, mais si familier, si tendre et si troublant. Dans chacun de ces face à face se construit le visage de l’amour. Je ne suis pas un chasseur d’images, plutôt capteur et receveur et messager, j’aime à dire un moissonneur d’étoiles. J’emprunte au monde une empreinte pour laisser de mon passage une trace fertile.
Le doute n’est pas un obstacle, au contraire le doute est fécond. Il est bon de se maintenir toujours en état de recherche. Le propre du gros con, justement, c’est qu’il ne doute de rien et surtout pas de lui-même…
Quelle est la recette pour faire de "beaux" livres ?
Les Américains, à l'exemple de Lee Friedlander, sont très attachés à la production de livres. Tu en as publié de nombreux. Les plus récents "Made in Sarcelles, belle comme le monde" et "Holi, fête de l'Amour et du Printemps" sont sortis en septembre et novembre 2007. Jean-Christophe Béchet dans le Réponses-Photo de janvier 2008 attribue le rare 20/20 à ton livre "Made in Sarcelles". Quelle est ta recette ?
Tous les peuples sont attachés à la création de beaux livres, non ? On en imprime de sublimes en Italie, en Chine et aussi en France. Mais l’art ne s’intéresse aux frontières que très sommairement, pour les traverser, pour transgresser, s’envoler, s’évader, « faire le mur » ! Il se nourrit davantage de racines, de traditions et d’échanges. Ma recette, c’est d’abord de n’en pas avoir. C’est si bon de se surprendre soi-même ! Je suis exigeant y compris dans mes plaisirs, alors je me remets sans cesse en question. Si j’avais une recette toute faite, sans rire je m’ennuierai ! J’essaie d’être dans l’invention perpétuelle. Jamais content, jamais repu, jamais satisfait, et cependant toujours heureux. Le monde est fascinant de diversité, vraiment époustouflant. Pas deux cristaux de neige qui se ressemblent ! Pas deux cailloux dans le désert qui soient identiques !
Alors ma seule recette c’est de changer à chaque fois les épices, le dosage, et d’être attentif, disponible, serein, passionné. Ouvert à tous les baisers, les caresses, les étreintes, la férocité et la candeur du monde. Je suis définitivement bouleversé par l’ensorcelante séduction de la vie. Quand on est parcouru par de telles vagues d’enthousiasme qui vous enivrent, alors on va de l’avant, la marée monte, elle redescend, c’est le flux et le reflux, les deux sont bons car les deux sont nécessaires. Donc, je ne gaspille pas mon énergie, je me réjouis de ce mouvement, toutes mes forces sont investies dans la conception et l’accouchement de mes rêves pour qu’ils se réalisent et si possible enchantent.
Comment gérer un grand festival ?
Tu as créé le Festival International de la Photographie Sociale. Sa première édition, d'avril 2006, avec hommage à Claude Dityvon reste dans nos mémoires comme un grand moment. Nous t'avons vu en Arles examiner des dossiers. Parle-nous de la préparation de PHOTSOC 2008.
D’abord, ensuite et enfin, je ne fais pas ça tout seul ! Toute une équipe d’amis fidèles y travaille. Nous avons éloigné les mauvais coucheurs pour travailler en confiance et c’est très vivifiant. Chacun joue un rôle, et se voue de son mieux à ce que le grand corps du Festival puisse se mouvoir et émouvoir grâce à la qualité de son engagement particulier au service de la cause commune.
Bien sûr, nous rencontrons de nombreux obstacles mais nous avons la sensation d’apprendre au travers de ces épreuves et de grandir ensemble. Ensemble, oui, ça c’est important. Pour nous, ce n’est pas un slogan de campagne électorale. Nous éprouvons notre force en mettant les problèmes résolument au centre et en les transformant en solutions par notre réflexion et notre action concertées.
Difficile de raconter ça en quelques mots mais en tout cas nous vivons une sacrée aventure, en suppléant à la faiblesse de nos ressources financières par une inébranlable conviction et une solidarité sans faille. Sarcelles est une des cinq villes les plus pauvres de France, mais c’est aussi un extraordinaire cocktail de cultures, un vivier associatif assez difficile à imaginer quand on n’y est pas immergé. Le plus dur et le plus irritant c’est de se dépêtrer de toutes les complications administratives, de l’inadéquation des lieux potentiels d’exposition par rapport à nos ambitions de mettre en relation au mieux les auteurs avec la population… Mais nous savons que c’est un long combat à mener, qu’il est utile et nécessaire car nous sommes vraiment révoltés par la manière dont les banlieues et les classes populaires qui y vivent sont méprisées et ostracisées.
Alors faire ce boulot ici, à Sarcelles, ça nous motive. On est content que des sociétés comme Canon, Fujifilm ou Dupon croient en nous et nous soutiennent, que les écrivains de la Revue des Ressources aient décidé de travailler avec nous au catalogue, que le maire François Pupponi nous renouvelle sa confiance. Cela nous encourage !
Peut-on vivre en 2008 sans frénésie ?
Hier à Moscou, demain au Sénégal, tu es partout. Nous te savons poète, amateur de René Char. Comment arrives-tu à conjuguer sagesse et boulimie ?
Il suffit de transmuer l’un des termes de cette proposition pour corriger l’antinomie. Au lieu de boulimie, préférons évoquer la profusion, le foisonnement, la générosité de la vie et, en conséquence, le désir intense qu’elle suscite en nous. Cette abondance, cette prolixité qui me séduisent, m’attirent, et que je reçois, je les redonne au monde au travers d’une œuvre protéiforme.
Art Press a titré un jour sur “L’ascèse joyeuse de Xavier Zimbardo”, osons aujourd’hui suggérer une sage prodigalité... Les images du sacré sont porteuses de symboles. Contemplons le Bouddha : son ventre rond, apaisé, a la forme voluptueuse et tendre d’un oreiller qui ne se refuse pas. A l’image de sa bienveillante jovialité, qui est une invitation à la paix. Prise par les astrologues médiévaux au sens de jovialis, « né sous le signe de Jupiter », signe de bonheur et de gaieté. Il en faut, à l’heure où la planète bat de l’aile et menace de tourner de l’œil !
En tant qu’auteurs et en tant qu’êtres, nous portons une responsabilité en ces heures difficiles et troubles. La Terre notre Mère nous tend les bras, apprenons à la respecter si nous ne voulons pas être les derniers ou les avant-derniers à y vivre. Nos images devraient murmurer avec tendresse, hurler d’indignation, exhaler la saveur de l’amour. La dignité, le sens de la justice, la passion de la liberté, l’audace de se rebeller, l’extase devant la beauté, le respect de tout ce qui demeure fragile, voilà ce à quoi nous devons nous attacher et nous consacrer. Notre force rayonne dans l’intensité de nos élans créatifs et dans la puissance des formes dont nous accouchons. Soyons d’infatigables militants de la beauté pour donner le désir de construire plutôt que de détruire.
Propos recueillis par Michel Pontet
Nous voulons avec ce livre sur Sarcelles contribuer à changer l’image injuste qui est donnée de la banlieue et des classes laborieuses qui y résident. Fracassées par la crise du système et laminées par le chômage, elles élaborent des liens de solidarité dans le cadre des associations, restaurent la joie de vivre par le partage et la fête. La Ville de Sarcelles tient à disposition une exposition de cinquante tirages allant du 40 x 60 au 80 x 120 que nous souhaitons voir circuler dans les grandes villes de France. Si vous disposez d’espaces et de structures susceptibles d’accueillir celle-ci, n’hésitez pas à contacter Xavier qui transmettra vos demandes : xzangelo@gmail.com
Visa pour l’image 2005, un Visa parfait. Jusqu’ici tout va bien ? Pas à la lecture de Photo spécial Visa. Les couleuvres y sont des langoustes. On connaît les exigences pesantes des marchands de voir leur réclame toujours mieux visible. C’est pourquoi elle envahit systématiquement la page de droite des magazines, ce qui conduit à de déroutants vis-à-vis avec la page de gauche sensée nous informer. Hélas nos débitants de tout et rien revendiquent toujours davantage. On se retrouve donc avec des pubs carrément collées ... sur les pages d’information ! Et cette fois, ils ont frappé fort.
"Tous les hommes rêvent, mais pas de la même façon. Ceux qui rêvent la nuit dans les recoins poussiéreux de leur esprit s’éveillent au jour pour découvrir que ce n’était que vanité ; mais les rêveurs diurnes sont des hommes dangereux, ils peuvent jouer leur rêve les yeux ouverts, pour le rendre possible." T.E Lawrence
Il était une fois un instituteur nommé Angelo Martin. La cité où il avait grandi et enseignait n’avait pas très bonne réputation. Elle avait poussé trop vite, et beaucoup d’histoires, vraies ou fausses, avaient circulé sur son compte. Ici, les gens étaient venus de tous les pays, et leurs enfants vous contemplaient avec des yeux de toutes les couleurs du monde, des regards arc-en-ciel. Ces familles, chassées de leurs terres par les guerres ou la misère, avaient apporté avec elles, aussi, un peu de toutes les douleurs du monde.
Depuis la découverte du "Nouveau" Monde, rares sont les Amérindiens qui sont parvenus à survivre sans renoncer à leur identité. Réfugiés au Nord-Ouest du Mexique dans les régions les plus inaccessibles de la Sierra Madre, refusant l’assimilation devant la pression des Métis et des Blancs, les Tarahumaras sont demeurés un peuple fier, intact et libre. Mais des famines successives et des projets de "développement" concoctés par des autorités davantage soucieuses de contrôle que d’aide menacent leurs derniers refuges.
Des silhouettes fantomatiques de bûcherons, ployés sous leurs fagots, surgissent et disparaissent dans la brume livide, le front ceint du mecapal, ce bandeau de cuir qui soulève des montagnes. De frêles bergères, emmitouflées jusqu’aux yeux dans des couvertures, poussant devant elles leurs brebis et leurs chiens, courent en silence parmi les roches déchiquetées. Des cavaliers pressés passent entre les grands pins que le brouillard estompe. Des armadas de nuages dissolvent le paysage de la sierra. L’horizon s’est perdu, avalé par un chemin blême qui ne conduit nulle part.
"Haro Hara ! Haro Hara ! Seigneur, prends tout !" Le cri déferle, tel un furieux alléluia, porté par des milliers de voix. Prêtres graves drapés de blanc, roulements sans fin des tambours qui grondent dans la nuit de la forêt, danseurs bondissant à la lueur brûlante des torches, tordus sous le fouet d’une transe frénétique : le modeste village de Kataragama, au Sud-Est du Sri Lanka, accueille comme chaque année le plus saisissant des festivals ceylanais.
C’est la nouvelle mode maintenant, ils tuent les artistes. Ça avait commencé avec les menaces contre Salman Rushdie. En Algérie, ils enlèvent des chanteurs et les exécutent, en Haïti ils ont battu un peintre à mort, lui ont broyé les testicules. Ils ne leur reprochent pas quelque chose en particulier, ils leur reprochent d’être. D’être vivants, joyeux, heureux, créateurs et libres, et de répandre autour d’eux le désir de vie, de joie, de bonheur, de création, de liberté. On les attaque dans leur corps, avec la plus extrême brutalité, on les anéantit, on les pulvérise. Pour répandre la peur, et la haine. Pour maintenir les carcans de morales obsolètes et le règne de l’oppression.
Ce fut un moment exceptionnel, à la fois grave et porteur d’un immense espoir. Pour la première fois dans l’Histoire, plus de 150 chefs religieux musulmans et juifs se sont réunis pour dialoguer, réfléchir à ce qui les unit plus qu’à ce qui les sépare, condamner l’utilisation de Dieu ou de leurs textes sacrés à des fins de violence et de politique.
La Fondation Hommes de Parole, initiatrice de l’événement, m’a témoigné une grande confiance en me chargeant de photographier, en exclusivité, tous ces courageux participants.
Au jardin du Luxembourg, au pied des tours de Notre-Dame, dans des lieux hautement touristiques de Paris, j'entrepris de photographier en gros plan les yeux de passants inconnus. J'entendais protester contre la situation insupportable de notre planète à l'orée du troisième millénaire.
L'approche extrême de la photographie en ce qu'elle a de plus enfoui au cœur d'elle-même révèle des reliefs insoupçonnés, des formes dans la forme, des œuvres en gestation à l'intérieur même de l'œuvre achevée. Je m'attachais à la métamorphose de l'image, à la façon dont des formes nouvelles et imprévisibles surgissaient de la dégradation des formes anciennes. Formes que je n'aurais pu enfanter par ma seule volonté ou mon imagination, mais que j'étais certain de pouvoir découvrir grâce au pouvoir créatif du "hasard".
Il ne faut pas penser qu’à soi-même en faisant des photographies, tout en ne s’imposant pas trop de contraintes. Tout cela dépend de qui s’empare de la beauté de la forme de l’image. Il existe un réel plaisir d’action et de création. Affronter des œuvres, des énergies vitales.
"Qu’est-ce qu’une photo d’art ? Quelle est la différence entre une photo d’art et une photo d’amateur ? Comment lire et décrypter une photo d’art ? Quelle est la place de l’artiste dans la société ? Quelle est la différence entre une photographie d’art et une photo de mode, de publicité, de reportage, etc."
Il ne s’agira pas d’une conférence, mais d’une errance, d’un vagabondage pour essayer d’approcher des réponses, puisque je suis d’abord un vagabond qui crée entre les abîmes de mes joies et de mes souffrances. J’essaierai donc simplement de vous transmettre un peu de cette expérience et de la perception du monde que j’ai reçue au travers de ces pérégrinations.
"Aujourd’hui, rien." C’est ce que notait à Versailles, dans son petit journal quotidien, Louis Capet alias Louis XVI, au soir du 14 juillet 1789. Il est vrai que Sa Majesté se trouvait au moment de l’explosion à quelque vingt kilomètres de l’épicentre. Mathieu Kassovitz conte une histoire assez semblable en termes de cécité tragique dans La Haine. Un type tombe du sommet d’un building de 50 étages et, à chaque étage qui le sépare encore du sol, dans sa tête il se répète : "Jusqu’ici, tout va bien !
L’eau, la pierre, le feu, le ciel. Les hommes. Les étoiles. Les nuages.
Quels autres lieux invitent ainsi à se rassembler autour des mots simples, de ces termes essentiels qui fondent notre existence et toute forme de vie ? L’activité principale semble se réduire elle-même à un principe fondamental : aller de l’avant pas à pas. Marcher au bon rythme. Dans ce désert minéral, avec le jeune Brahim, nous avons dès le départ inventé un jeu. Chacun de nous a ramassé une pierre, qu’il garde précieusement, il doit tenter d’en trouver une autre qui puisse au plus près ressembler à la première. Dans cette immensité où tout semble identique, il n’est en fait pas deux cailloux qui soient semblables.
A force de sonder un horizon inaccessible et sans cesse mouvant, aussi insondable que la volonté d’Allah, quel âge a donc le regard de Brahim ? Cet enfant a onze ans, ses mains en ont quarante : rugueuses et énergiques à force d’arracher l’armoise éparse, d’en constituer de lourds fagots qu’il rapportera, le dos courbé à l’équerre mais d’un pas vif et sûr, pour chaque soir nourrir les dromadaires ; mains vigoureuses à force de construire un abri pour la nuit avec peu et de faire le feu avec rien.
Si, sous ces latitudes où l’on sait encore respecter et admirer l’expérience, on admet qu’un vieillard qui disparaît est une bibliothèque qui flambe, le moindre petit lutin coiffé de son burnous à la capuche pointue ouvre le premier chapitre d’une encyclopédie. La montagne lui fait office d’école, il en pénètre tous les arcanes pour l’avoir infiniment parcourue avec le troupeau familial à la poursuite d’une avare couverture végétale, à la recherche des précieux points d’eau où dresser le campement, reprenant avec un sens atavique de l’orientation d’invisibles chemins parcourus par ses ancêtres de génération en génération. Pas de piste le plus souvent, ni même de sentiers, mais des traces à peine perceptibles, des signes déclinés tout au long du parcours, la forme déchirée d’une crête, la silhouette étrange d’un rocher.
«ЭТО ВСЕ Я»
На вопросы ДИ отвечает Ксавье Зимбардо
Ксавье Зимбардо. Француз, итальянского происхождения. Фотохудожник с мировым именем. Именно его фотография «Женщина в желтом» стала визитной карточкой Седьмой Московской Фотобиеннале. Встреча была назначена в Галерее искусств Зураба Церетели, где проходила выставка Ксавье Зимбардо «Сакральность цвета». И вот он появился. Энергичный, улыбчивый, невероятно артистичный. В широкополой шляпе, длинном плаще и с яркой трубочкой для мыльных пузырей в руке. Заметив в моих руках фотоаппарат тут же принялся позировать. Вскоре к нам присоединились Андрей Егоров – сотрудник Московского музея современного искусства на Петровке, переводчик нашей беседы, и профессиональный фотограф Светлана Постоенко. Осмотрев выставку, мы отправились в кафе, где продолжили беседу за чашкой кофе и личным ноутбуком Ксавье, на котором он показывал свои фотографии. Первым был цикл черно-белых фотографий – портретная галерея прекрасных незнакомок…
ДИ Какие красивые женщины. Подождите, но это же … увеличенные надгробные фотографии?
КСАВЬЕ ЗИМБАРДО Да. Серия называется «Умершие красавицы», и посвящена она любви и смерти, хрупкости жизни и хрупкости любви. Эта история возникла из лично пережитого. У меня был такой трагический опыт – погибла девушка, которую я любил. И мой отец, чтобы меня утешить мне тогда сказал – «Не грусти. Ты потерял одного человека, но, как знать, может обретешь десять других». Тогда у меня и возникла эта идея – искать женщин, которых я мог бы любить, но которые уже умерли. То есть, любовь и смерть. Я искал их на многих кладбищах, в самых разных странах, но в основном в Италии, где жили мои предки. Я видел сотни, тысячи, миллионы прекрасных лиц. Только в одном городе 600 000 таких фотографий, но не скажу в каком – я хочу их защитить. Они должны спать спокойно, их не должны тревожить. Я фотографировал эти снимки, увеличивал их….Умершие красавицы захватывали мое воображение и в тоже время ужасали. Это напряжение мне и было интересно. С фотографиями со временем происходит эрозия. Они постепенно исчезают. Но впечатление такое, как будто они наоборот появляются. Они словно пребывают в каком-то пограничном состоянии между жизнью и смертью. Между существованием и небытием. Между отсутствием и присутствием. И не понятно – эти женщины живы или мертвы, приходят или уходят? Почти шекспировская дилемма - «Быть или не быть».
ДИ Тема жизни и смерти, как я понимаю, очень важная для вас тема.
К.З. Это одна из моих центральных тем и в искусстве и вообще в жизни. Например, я сейчас произношу предложение и начало этого предложения уже мертво. То есть смерть всегда присутствует в нашем опыте. Соответственно жизнь и смерть это одно и то же. Хотя в обычной жизни мы их чаще различаем. Люди боятся смерти, они не принимают смерть. Хотя…
ДИ Смерть – это жизнь, а жизнь – это смерть. Так?
К.З. Совершенно верно. Я с вами говорю и по мере того, как я говорю, я медленно умираю. Но в тот же момент я продолжаю жить. Я полноценно живу настоящим моментом и всегда переживаю жизнь и смерть в соединении.
ДИ И страха смерти нет?
К.З. Раньше я боялся смерти, как и многие люди, но теперь нет. Потому что теперь я открыт перед богом. Я повсюду вижу незримое присутствие Бога. Постоянно вижу знаки, которые свидетельствуют об этом. А началось это в 1987 году 30 ноября, в день Святого Андрея. Три дня я получал знаки.
ДИ Что же это за знаки?
К.З. Я расскажу только об одном. Цифре 32. Мне было что-то наподобие откровения. От человека, который уже к тому времени умер. Я слышал голос, который говорил мне о том, что в моей жизни происходит много совпадений и о том, что они не случайны. Это был голос моего дяди. Его звали Андре. Он был художником. Он родился в 1932 году. А через тридцать лет 21 февраля он покончил жизнь самоубийством в знак протеста против войны в Алжире. И день в день 21 февраля ровно через 32 года родился мой сын. А до этого я в течение семи лет повсюду видел эту цифру – 32. В Индии если вы напишете этот знак на руке и покажете людям, они его будут интерпретировать как «Ом» - звук, который символизирует мир. Я для себя понимаю так, что мой умерший дядя был выбран проводником, посредником между мной и духовной силой, к которой я до этого никак не мог приблизиться. Раньше я был атеистом и совершенно не верил в бога. Образование получил в марксистском ключе. Очень был материалистически ориентирован. И когда я получил эти знаки, то осознал, что был не прав. Я ошибался.
ДИ Так вы в связи с этими полученными откровениями стали заниматься искусством?
К.З. Нет. Откровения имеют отношение к моему переосмыслению страха смерти. А что касается искусства, то я никогда не думал, что я стану художником. Я действительно поздно пришел к фотографии. В основном меня волновала социальная несправедливость, царящая в мире. Я всегда верил, что люди должны любить друг друга. Понимать друг друга. Я восхищался такими людьми как Иисус, Будда, Ленин, Че Гевара, Троцкий, Одиссей. Личностями, которые отдали свою жизнь за великие идеалы. Прежде всего, думали не о себе, а о каких-то прекрасных идеях. Я не говорю, что я разделяю все убеждения этих людей, но они были моими учителями в каком-то смысле. Так же и великие художники Пикассо, Бетховен, Рембрандт …. Я ими восхищался. Но никогда не думал, что я могу достигнуть их масштаба. Иногда мне говорят – ты гений. Я сразу вспоминаю моих героев и отмахиваюсь – нет-нет, я не достоин. До того как я стал заниматься фотографией, я работал в разных общественных организациях. Например, в группах защиты заключенных, национальных меньшинств. Словом, во всяких общественных организациях, которые призваны защищать права людей. Сейчас я работаю как раз над серией, посвященной влюбленным разного этнического происхождения. Сейчас правительство Франции дискриминирует такие пары, выступает против межнациональных браков. Потому что у них сейчас очень радикальная национальная политика, они хотят примерно 25 000 мигрантов выгнать из страны. Поскольку убеждены в том, что большая часть таких браков фиктивная.
Так вот когда я был политическим активистом мне всегда приходилось бороться с людьми, кому-то противостоять. Я бесконечно с кем-то полемизировал. Более того - я оценивал людей по их политическим убеждениям. То есть я сначала смотрел - каких человек придерживается политических взглядов – марксист он или социалист. А потом уже обращал внимание на человеческие качества. И так очень многие. В нашем агрессивном политизированном капиталистическом обществе мы перестали заботиться о о людях как людях, о ближних. Мы все время говорим о демократии. Но на самом деле продолжает развиваться система эксплуатации. Я как раз стремлюсь к тому, чтобы люди осознали, что такое настоящая демократия. Все производство должно быть ориентировано на то, чтобы создать благоприятные условия для жизни людей, а не для прибыли и не для власти какой-то одной страны или одной нации. И это не является утопией. Утопия это как раз обратная ситуация – верить в то, что если этот мир эксплуататорства будет и дальше существовать, то мы сможем чувствовать себя в нем счастливыми. И не понимать, что обществу в такой ситуации придет конец рано или поздно. Так вот тридцать лет назад я это осознал, но других не мог убедить. Меня считали сумасшедшим. Я чувствовал, что словно о стенку бьюсь. И только время теряю - постоянно говорю, спорю, сражаюсь с кем-то. Господствующие в обществе идеалы эгоизма, цинизма и ощущение собственного бессилия – это все вызвало у меня депрессию. Я спать не мог. Но я продолжал верить, и сейчас придерживаюсь таких взглядов, что это действительно возможно, потенциально возможно – изменить мир к лучшему.
И я задался вопросом – чем бы мне таким заняться? И нашел другой способ. Я понял, что хочу дарить людям надежду, красоту, эмоции, любовь, поэзию. Так я стал художником, я начал создавать произведения искусства, чтобы давать людям возможность почувствовать счастье и осознать что такое красота. И хочу делиться этой красотой со зрителями.
Я не мыслю фотографию, как профессию – это моя жизнь, мое искусство. Я много и напряженно работаю, постоянно делаю выставки, выпускаю книги. Но не ради денег, а ради чистого творчества. Я не создаю произведения искусства ради денег и ради славы. Да, у меня есть и то и другое. Но деньги и слава пригодны только для одного – чтобы делиться красотой, делиться любовью, сердцем своим, человеческим теплом. Чтобы передать людям столько эйфории и энтузиазма, что они почувствуют в себе великую силу и откроют свои сердца и попробуют изменить себя к лучшему, и найдут правильный путь, будут уважать и достойно относиться к себе и к окружающим.
ДИ Расскажите, пожалуйста, о серии фотографий «Холи», которую вы привезли в Москву.
К.З. Я сделал ее во время празднования в Индии традиционного фестиваля «Большой праздник», самый большой праздник, который вообще можно помыслить, он как глубокая молитва. Фестиваль имеет два имени. «Мадана» - это одно из имен царя Кама, которого мы знаем по Кама-Сутре.
Кама-Сутра ведь это религиозная книга, о божественной любви. Ее центральная идея заключается в том, как осуществить духовную связь с ближним. При помощи разума, при помощи тела, при помощи сердца. Второе название фестиваля – «Праздник весны». Во время фестиваля люди раскрашивают друг друга землей, цветной глиной – красной, зеленой, желтой, синей. Но особенно красной, потому что красный символизирует страсть. После чего обливают друг друга водой. Мокрые одежды очень красиво облегают тела женщин. Женщины подходят к мужчинам, разрывают их одежды на части, выжимают и шлепают мужчин этими мокрыми скрученными тряпками. Все меняется – черное становится белым. Обычно же мужчина доминирует над женщиной, а тут женщина берет на себя доминирующую роль. Но это все в юмористическом ключе, шутливом, в том смысле, что все становится возможным. Все табу снимаются. И социальные и моральные. В этот день мужчина может подойти к любой женщине и прямо ей сказать, что хочет заняться с ней любовью. И это в каком-то смысле поэтично. Что-то сродни дионисийским мистериям. В результате всех этих действий краски на телах людей смешиваются в единую кашу - цвет становится коричневатым. На одном из снимков все женщины выглядят практически черными. Стираются различия между людьми. Уже нет тебя или меня. Нет Эго. «Я» пропадает, оно растворяется в едином. Все становятся частью единого Бога. Вы растворяетесь в Боге. Вы выходите из границ своего тела. Больше нет разницы. Все выглядят примерно одинаково. После того как ритуал закончится все чувствуют себя очень изможденными.
ДИ А сколько он длится?
К.З. Он путешествует из одной деревни в другую деревню. И есть один главный день во время весеннего полнолуния. Накануне ночью люди разводят огромный костер. Приносят к этому костру много старых вещей и сжигают их. А утром как раз начинают друг друга раскрашивать. Это длится несколько часов. После чего смывают с себя всю эту землю и одевают новую одежду. Выходят на улицу, приветствуют друг друга и просят прощения, если что-то было не так, и кто-то кого-то ненароком обидел.
До меня никто этот ритуал не снимал. И я считаю, что все мои серии, мои работы приходят ко мне благодаря какому-то проведению, знакам. Я считаю, что в Индию меня направила какая-то сила. Я был туда послан. Очень долго объяснять, но было очень много совпадений, благодаря которым я там в итоге оказался. Это совершенно не случайно. Я должен был сделать книгу про этот ритуал, сделать эту серию. Потому что это потрясающее событие.
ДИ В нем, очевидно, заключено Ваше понимание жизни, он выражает Вашу философию.
К.З. Да, действительно, именно с этой философией я согласен. Она мне близка и родственна. И все вещи, которые я делаю, совместимы с этими ценностями, которые этот фестиваль провозглашает.
На экране монитора появляется новый цикл фотографий. Монахи. Ксавье комментирует.
К.З. Эта серия сделана в монастыре на горе Афон в Греции. Там много монастырей на этой горе. И в частности там есть скит, посвященный Св. Андрею. Снова совпадение. В начале это был монастырь русской общины. После революции 1917 года монастырь перестали финансировать. Больше туда не приезжало молодых монахов, а те, что там уже были, постепенно состарились и умерли. В 1 957 году монастырь сгорел. Превратился в руины. Когда я туда приехал, там было пять молодых монахов-реставраторов, которые занимались реставрацией икон. Они каким-то образом знали о моей книге «Умершие красавицы». И мои работы им понравились. Они были заинтересованы. Обычно в монастырях на Афоне можно провести четыре дня. А меня на несколько недель пригласили, чтобы я там жил и снимал. Это был проект под покровительством французского правительства и соответственно руководителями горы Афон. Пока я там находился, я одевался во все черное, отрастил бороду. Я быстро адаптировался к этой среде. Я хотел походить на моих друзей монахов.
ДИ Да Вас просто не отличить от них. Такая мимикрия.
К.З. У меня есть книга про мафию и проституцию в Тайланде. Когда я там снимал, то побрился наголо, ходил с несколькими моими сицилийскими друзьями, вел себя развязно и выглядел как подвыпивший американский солдат. Снимал без вспышки как будто нарочито любительские фотографии.
А еще был со мной такой эпизод в Мексике. Там высоко в горах, в богом забытом месте, живет такое потерянное сообщество индейцев. Их осталось немного. Живут они замкнуто и не отличаются особым гостеприимством. Но при этом чувствуют себя очень свободными и независимыми. И вот я задумал их снять. Но к ним же надо было как-то войти в доверие. И тогда я решил написать несколько песен на их языке. Я играю на гитаре. Купил словарик. В словаре были такие стандартные выражения как – «Я ем бобы». «Я ем картошку». И т.д. Я взял эти перечисления и сделал их текстом песен. Очень смешно получились. Таким образом, подготовившись, я отправился в горы. Такого как я они точно никогда не видели. Хохотали до упаду. Я им понравился и они меня попросили остаться. Я четыре недели с ними провел.
ДИ Вы чувствуете себя человеком мира? Или все же соотносите себя с какой-то конкретной культурой?
К.З. Вырос я во Франции, у меня французское образование. Я чувствую свою близость идеалам французской революции. Прекрасно знаю французскую историю. И французское искусство лучше знаю, чем другие культуры. Но я не могу сказать, что я горжусь тем, что я француз, или то, что у меня итальянские предки. Это просто моя традиция. Для меня и русские, и индусы, и французы, и итальянцы – мои братья. И я ни в коем случае не считаю Францию, мою родину, первой страной среди других. Мне интересно узнать как можно больше о других культурах. Я очень любознательный. Но, как и у всех людей, у меня есть корни. Но, имея корни, я превратился в дерево, ветви которого охватывают весь мир.
Но сейчас в нашем разговоре я хочу вернуться к Афону. В 19 веке в этом монастыре останавливалась французская и русская дипломатическая миссия. И в этой миссии были фотографы, которые сделали портреты всех монахов в общине. И я нашел эти фотографии! Они все были покрыты пылью. Как видите, они крошечного размера. И когда на них смотришь обычно, они вроде нормальные. А когда через увеличительные линзы приближаешь, то вот эта пыль создает удивительную фактуру.
ДИ И тот же самый эффект, что и в «Красавицах» - пограничное состояние между появлением и исчезновением.
К.З. Совершенно верно.
ДИ Как называется эта серия?
К.З. «Монахи пыли». Книга вышла в Нью-Йорке. Во Франции была большая выставка.
После этих двух серий я со своими фотографиями стал работать совершенно так же. Я решил создать такой же эффект. Я брал собственные фотографии – ню или портреты, клал их в погреб своего дома и постепенно они покрывались пылью, становились грязными. И я их переснимал. То есть делал фотографии моих же собственных фотографий. И увеличивал их. В монастыре – это были аутентичные фотографии. Дома я их создавал искусственно. И я все время думаю о тех же экзистенциональных вопросах – Откуда мы? Кто мы? В чем наше предназначение?
Как художник я учусь каждый день, постоянно экспериментирую. И так до смерти я и буду экспериментировать. Художник, как и любая другая профессия, предполагает, что вы учитесь. Я никогда не бываю полностью удовлетворен. Я могу быть счастливым, но при этом у меня всегда есть это желание чего-то еще найти, чего-то достигнуть, что-то открыть для себя новое. Я смотрю на цветок. Он прекрасен. Но я же знаю, что в мире еще столько цветов! Столько богатства. И если даже на этот же цветок прольются дождь, он преобразиться, он будет выглядеть по-другому. И жизнь для меня – это всегда обновление, всегда какое-то перерождение. Вот на этой фотографии был волос. Он просто прилип к фотографии, я хотел его убрать, дотронулся пальцем и получился такой вот эффект свечения. Очень-очень хрупкие фотографии. Но я сразу же подумал – такие мы и есть. Мы же хрупкие очень. Кто-то подходит, вот так делает (дует), и мы исчезаем. Но что ж. Нужно к этому с иронией относиться. Каждое мгновение моей жизни меня чему-нибудь учит. Каждый человек, которого я встречаю – мой учитель, мой гуру. Сначала мы не знаем друг друга . А потом мы соприкасаемся, смотрим друг на друга, отражаемся друг в друге.
ДИ А может не стоит никого так близко рассматривать? При таком приближении, как на этих фотографиях, все может оказаться не так прекрасно. Скрытое становится явным. Гладкое оказывается травматичным.
К.З. Я считаю наоборот. Человек становится более прекрасным, когда к нему приближаешься максимально. Самый прекрасный вид у человека, когда с ним занимаешься любовью. Когда вы так близко, вы видите настоящую красоту, настоящую страсть. Для меня, например, великое произведение искусства – полная загадка. Как Бог – вроде бы он везде, но мы не знаем где он. Если вы кого-то любите, вы видите что-то в глазах, что-то чего нет в глазах у других людей. И вы думаете – почему? Почему настолько сильные у меня ощущения? Я не знаю. Наверное, потому что это ты и потому что это я. И ничего больше к этому добавить. Почему произведение искусства прекрасно? Оно просто прекрасно и все. Многие могут это почувствовать, потому что оно проникает в саму сущность человека, в исток жизни, и в лик любви.
ДИ Вы поэт, Ксавье.
К.З. Я просто человек. И я просто инициирован. Жизнь это как обряд инициации. Каждый день мы его проходим. Мы учимся быть людьми. И для меня именно в этом заключается смысл того, что я
Je 15 Novembre 2007 13:00
Merci chere …
Holi, les Belles Disparues, Moscou le metro, etc : il y a dans mes travaux joie et detresse, confiance et angoisse, la solitude et la tendresse, violence et serenite, mystere et ouverture, viol et amour tendre, metamorphose et stabilite, destruction et mise au monde, la vie et la mort intrinsequement lies, tenebres et clarte, ombre et lumiere, le jour et la nuit qui avance sans cesse avec la Terre tournant autour du Soleil petit point exaltant dans un univers silencieux, toutes ces choses qui se combattent et s harmonisent en moi, toute la complexite de l existence, sa fragilite, sa durete, que je ne comprends pas toujours comme je ne me comprends pas toujours mais j essaie d avancer et d aller plus intense et plus profond.
Heureusement j ai quelques merveilleux amis comme toi pour m eclairer... car le chemin est passionnant mais il est rude. Dur de ne pas baisser les bras... Initiation...