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La lumière sacrée

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Lors de la 3ème édition du festival L’œil en seyne, Xavier Zimbardo nous présente son exposition intitulée ’Lumières sacrées’ autour de ses photographies. Xavier Zimbardo est le peintre-photographe par excellence de la luxuriance de toute lumière, du cloître de l’abbaye de Montmajour aux rives de Bénarès Il provoque en chacun d’entre nous respect, recueillement et amour...


Lumière sacrée


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Un de mes amis était le conseiller financier pour un grand congrès mondial pour la paix devant rassembler 50 imams et 50 rabbins venus du monde entier qui s'engageaient d'une part au dialogue, mais surtout à condamner toute forme de violence exercée au nom de leurs textes sacrés ou au nom de Dieu, de leur dieu quoi... J'ai trouvé que c'était bien sûr une idée intéressante de faire ce rassemblement. Ils voulaient faire un livre avec les minutes de ce congrès, livre qu'ils ont d'ailleurs fait. Mais j'ai pensé que de faire un livre rassemblant les visages de tous ces religieux permettrait de donner le retentissement qu'il méritait à un tel événement, qui était une première mondiale, dans toute l'histoire on n'avait jamais vu ça... C'était né d'ailleurs du fait qu'un imam et un rabbin s'étaient serrés la main lors d'un moment difficile d'un autre congrès. On avait alors demandé aux journalistes présents s'ils allaient en parler, mais ceux-ci avaient estimé que cela n'avait guère de portée, que telle et telle personne se serre la main... Il leur avait alors été demandé si cela prendrait de l'importance au cas où ce serait 100 personnes, 50 rabbins et 50 imams qui se tendraient la main. Alors là évidemment cela deviendrait un événement. Et les gens qui avaient organisé ce premier congrès ont décidé d'organiser cet événement hors du commun.
Je me suis dit qu'on pouvait donner à cet événement un meilleur retentissement en le montrant de manière plus accessible et ainsi, peut-être, trouver une audience plus importante en en faisant un message émotionnel et visuel fort. En faisant leur portrait avec un message de paix adressé à l'humanité. Au départ ce congrès devait être fait au Maroc. En raison des difficultés avec certains extrémistes intégristes là-bas, le congrès avait dû être déplacé à la dernière minute à Bruxelles. Et à Bruxelles, c'était en plein hiver, c'était au mois de janvier, et les lumières promettaient d'être un peu grises, un peu passées, et c'est là que m'est venue l'idée de les photographier à la bougie. Et en fait, c'était une idée vraiment bien appropriée à l'événement tel qu'on voulait le retranscrire parce que cela amenait ces gens qui étaient réunis là pour des débats qui étaient parfois assez vifs quand même, des échanges difficiles, à se retrouver dans un lieu que j'avais entièrement tendu de noir, dans un lieu très calme, très paisible : avant d'y avoir accès, on parlait ensemble, ils regardaient les ouvrages que j'avais déjà faits, et on allumait les bougies, et puis comme on le voit ici, parfois nous avions une bougie d'un côté et sept ou huit bougies de l'autre, ou bien trois ou quatre bougies ici, deux-là, nous en mettions au sol, on en mettait derrière... En fait, il y avait quelque chose de très fort qui se passait avec eux, parce que je faisais tout en pose lente parce que l'éclairage était très faible, et cela les contraignait, eux, à ne pas bouger, et on se retrouvait à faire des photographies un peu comme au XIXe siècle alors que je travaillais en numérique, on se retrouvait avec des conditions de prise de vue comme si l'on n'avait pas eu un matériel capable de fixer le mouvement, etc. donc on les contraignait à une immobilité ce qui leur donne ces attitudes très intérieures, et en même temps toute cette unité dans la dignité, parce qu'on retrouve la même couleur un peu orangée sur tous les personnages, et ça les lie, par la couleur, par la lumière, on va au-delà des différences de chacun. Et il y a vraiment une unité qui se crée, par les couleurs, comme on le fait dans certaines cérémonies religieuses en Inde où les gens se jettent plein de couleur, et à la fin tout le monde a la même couleur. Et j'aimais bien aussi cet aspect d'exprimer dans les formes ce chemin de spiritualité et d'échanges et de communion et de partage qui existait entre eux, de le faire passer sur le plan de la lumière, sur le plan des formes, sur le plan de la photographie, et ça je pense que c'est le message photographique et artistique essentiel qui est passé au travers de la création de ce livre.
Parce que le concept était intéressant, il était certainement nécessaire de faire un contre-feu à tous ceux, qu'ils soient terroristes ou puissances impérialistes, qui cherchent à utiliser aujourd'hui la religion pour leur choc des civilisations, et pour leurs querelles graves de pouvoir, qui mettent en danger souvent la vie de la planète elle-même. Et ces gens-là, eh bien eux, leur message de paix est évidemment beaucoup moins spectaculaire que d'aller bombarder un pays, ou d'aller se faire sauter quelque part, mais par contre d'en faire un livre comme cela, que l'on pourrait faire circuler avec une exposition, avec ce message de paix en beaucoup de langues, avec tous ces personnages respectés par leurs communautés respectives peu connues par nous mais qui sont bien connus de leur communautés, qui prennent un risque aussi en s'engageant parce qu'ils sont critiqués par beaucoup de gens pour avoir pris cet engagement. Comme j'ai pu être critiqué moi-même, parce que l'on dit : ces gens-là, ils ne défendent pas les femmes, etc. etc. or pour moi, qui était instituteur, auparavant, quand j'avais deux enfants qui s'étaient disputés et qui n'avait cassé les pieds et avaient cassé les pieds à leurs camarades pendant une année et qui un jour avaient décidé de se serrer la main, je ne leur demandais pas en plus d'être bon en orthographe. Je les félicitais pour le pas qu'ils avaient fait en avant sur ce plan-là. Je trouve que ces gens ont fait un grand pas en avant en s'engageant dans un dialogue juif musulman à une période où ce dialogue n'est pas facile à établir, il y a de nombreuses raisons pour cela que nous connaissons tous, et en même temps c'est un contre-feu à la violence exprimée par les troupes impérialistes quand elles envahissent un pays, et qu'elles affirment leur puissance et qu'elles veulent faire taire les autres par la violence, ou ceux qui commettent des actes terroristes indiscriminés en s'attaquant à des populations parmi lesquelles pourraient se trouver leurs propres frères, puisqu'ils se font sauter sans même connaître les personnes qu'ils vont atteindre, ce n'est pas comme dans une guerre où on vise un ennemi particulier. Je trouve que ce que font ces gens-là qui sont dans la violence c'est très spectaculaire, ce que je voulais c'était qu'on ait quelque chose qui soit aussi spectaculaire sur le plan de l'émotion mais qui exprime la paix. Et j'espère qu'on y a un petit peu réussi.

La respiration

Voici le lien vers la rediffusion :
http://www.photographie.com/index.php?pubid=103780&secid=1&rubid=8&pag=2&serid=
Ce sont des images sur des lieux et des instants emplis de poésie et de mystère. Des lieux et des moments qui troublent, surtout de la façon dont je les ai montrés avec toute cette énergie qui passe, ce mouvement, cette explosion qui est le propre de la vie : en effet dans mes photos ça bouge quoi... ça bouge... je crois.
Ce que j'aime bien, c'est ce passage du statique au vertigineux dans le mouvement, tout ce qui peut participer et témoigner de tout ce qu'il y a à la fois d'incertain dans la vie, d'imprévisible, et de fascinant parce que c'est ça qui me tient éveillé, qui me tient aussi vivement en amour avec la vie. C'est cette surprise constante qui nous est offerte, ces cadeaux quotidiens. C'est ça que je veux faire passer dans mes images, parce que c'est ce que je ressens . Ce sont toutes ces choses très très troublantes, belles, que je croise sur mon chemin, auxquelles je suis très attentif parce que c'est ça qui me fait respirer, c'est ça qui me fait respirer à fond, jusqu'au fond de moi-même, parce que la respiration c'est quelque chose de très important. Je pense que mes images... il passe dedans une vraie respiration. D'ailleurs, en Inde il y a le même mot pour respiration, souffle et vie : c'est le même mot ! Il y a longtemps, je faisais une photographie de nu de ma compagne, j'étais sur un trépied, et avec la pose lente on voyait très légèrement le mouvement ici, se faire à la taille : à cause de la respiration, il y avait un léger mouvement qui se faisait à la taille, et ce que j'ai voulu, c'est retranscrire ça, à l'époque, dans des paysages, faire respirer les paysages, en faisant se conjuguer des images avec du mouvement et pas de mouvement. C'est-à-dire, dans la même pose, bouger et ne pas bouger.
Ne pas bouger au départ, et après bouger de différentes façons pour que justement ce mouvement-là surgisse du paysage. Et c'est ce que je continue à faire aujourd'hui, avec des mouvements en partie qui sont connus bien sûr, comme l'utilisation du zoom, mais aussi avec des mouvements de mon propre corps qui font que ça va jaillir comme ça, comme ça jaillit dans la vie.

Militant de la beauté

http://www.photographie.com/?pubid=103780&pag=3&secid=1&rubid=8


J'essaye d'être un militant de la beauté. Pendant longtemps, j'ai été un militant politique. Mon engagement en tant que militant de la beauté ça veut dire : la façon dont la planète évolue, ça peut être désespérant. Mais je voudrais par mes photos contribuer à donner envie de vivre et de ne pas se sentir trop malheureux de ce qui se passe à plein de gens en leur disant que même si c'est difficile aujourd'hui, on a avec nous la beauté, la poésie, l'humour, l'amour, la créativité, et donc je suis toujours en quête de la beauté du monde, de sa poésie et de son mystère. Je vais à la rencontre de cette beauté avec émerveillement et enthousiasme, toujours en recherche pour créer des images qui vont m'étonner.
Je vais essayer de partager cet étonnement et cet émerveillement avec des gens pour lesquels j'aurai une fraternité d'âme. Donc, ce travail fait partie de cela, parce que j'essaye de faire ressentir toute la magie, la spiritualité, le mystère, le trouble qui peuvent exister en certains lieux. Ici, par le mouvement, l'énergie, parce que je pense que la vie en effet c'est quelque chose qui est sans cesse en mouvement, c'est un tourbillon formidable d'énergie. J'essaye que toute cette vie elle passe dans mes photographies. Voilà.
Je pense que mon travail est vraiment difficile pour des gens qui voudraient le mettre dans des tiroirs parce que je fais des choses qui sont vraiment très variées entre ces portraits éclairés à la bougie, ces lieux de prières en mouvement, les photographies en noir et blanc que je peux faire aussi par ailleurs, le fait d'écrire... Je ne veux surtout pas entrer dans des catégories, et le terme de plasticien, d'abord, je n'aime pas le mot... Je le trouve moche ! Et puis je dirais que je suis un artiste, voilà, ça suffit. C'est-à-dire que, un artiste, cela n'a pas besoin d'être plasticien, ou ceci ou cela, c'est un artiste... Cela veut dire que c'est quelqu'un qui se consacre à l'art, et l'art est quelque chose de très important parce que c'est ce qui touche à l'essentiel de nous-mêmes, qui peut nous permettre à nous d'aller à l'essentiel de nous-mêmes, d'aller vers l'essentiel de l'autre, et de partager ça ensemble.
En fait, c'est ce que l'on peut faire de plus élevé au niveau relationnel. Avec l'amour, avec la méditation... Sauf que là, au travers de l'art, que ce soit de la musique ou de la photographie, on peut en faire quelque chose qui va pouvoir être échangé avec beaucoup beaucoup de gens, alors que la méditation est en général une activité réduite à un certain nombre de personnes, l'amour se passe plutôt entre deux amants, alors que l'art par contre est une histoire d'amour, une histoire de prière, une histoire de méditation, aller de l'essentiel de nous-mêmes vers l'essentiel de l'autre, aller à l'essentiel du monde. Voilà, l'art c'est cela, et en ce sens-là je suis un artiste dans la mesure où je travaille sans cesse à exprimer au travers de mon oeuvre cette puissance qui se trouve à l'intérieur de moi-même et à l'intérieur de chacun de nous. J'essaie de faire passer toute cette force, cette énergie par l'expression à la fois de la fragilité et de la force de la vie.
Dans le mouvement, il y a toujours cette incertitude, cet incertain qui fait le propre de notre vie, notre vie toujours pénétrée par la mort. On ne sait jamais à quel instant on va mourir, les choses sont toujours fluctuantes, et donc c'est ce que j'essaie de faire passer dans mes photos. Je ne vais surtout pas essayer de mettre un terme de ceci ou de cela, en référence à telle ou telle école. L'art est quelque chose qui existe depuis la nuit des temps de l'humanité, qui va durer, qui est lié à la beauté, c'est-à-dire l'intensité des formes, et tout ce que l'on peut faire passer par là sur le plan des émotions au travers de la forme sans avoir besoin comme malheureusement aujourd'hui c'est le fait d'une grande partie de l'art à la mode, conceptuel, où il y a par exemple une photographie qui souvent ne présente guère d'intérêt sur le plan des formes avec un gros discours à côté. Ce n'est surtout pas cela que je veux faire.
Pour moi, le concept est intéressant au départ à condition qu'il soit réellement dépassé pour aller au-delà de l'idée et arriver à des formes qui ne pourraient pas passer par la parole. On va être vraiment dans quelque chose de très haut sur le plan de l'âme, sur le plan de l'émotion, sur le plan de la puissance des formes, et rien ne pourrait remplacer l'oeuvre, et surtout pas le discours. C'est au-delà du discours. Ces photos, elles sont, je l'espère, au-delà du discours Et tout ce qu'elles montrent, tout ce qu'elles disent, aucun discours ne pourrait le faire ainsi. C'est comme le mystère qui jaillit des poèmes de René Char par exemple, c'est difficile à saisir, c'est tout dans la perception, dans la suggestion, et ça va loin. Et j'espère que ça, ça va loin dans les coeurs.

Entretien avec Xavier Zimbardo

Après avoir abordé ses travaux plus récents à Moscou et dans le métro, Xavier évoque l'atmosphère des cérémonies de Holi "là où l'on rencontre la plus forte turbulence et en même temps la plus grande paix. Par le stade extrême du bruit on atteint au silence. Il n'y a aucun autre spectacle d'une telle fulgurance au monde..." Il se souvient aussi des conditions étonnantes dans lesquelles ces images ont pu être réalisées. Xavier Zimbardo revient sur les sujets qui ont fait son actualité en 2007-2008. Il parle de la recherche de la sagesse, de la puissance vitale et de la richesse de l'être, du sens de l'œuvre d'art, de sa proximité avec l'extase mystique et l'étreinte amoureuse...
Garder cette ferveur du début, conserver et faire vivre l'enfance qui est en nous, ne pas perdre de vue le but qui est le chemin lui-même... Mais quel est le chemin ? Xavier propose quelques réponses puisées dans son expérience.

Les grandes rencontres du Salon de la Photographie

Conférence Xavier Zimbardo le dimanche 16.11.2008 avec Photographie.com et Hervé Le Goff de 11h30 à 12h30 au Salon de la Photo Porte de Versailles à Paris.
Voici le lien vers la rediffusion :
http://www.photographie.com/?pubid=105238&secid=1
Xavier Zimbardo voulait être instituteur, mais il n’a pas enseigné longtemps : trop curieux du monde pour l’expliquer sans l’avoir vu. La photographie que lui enseigne Guy Bernard le conduit en récréation par la grande porte. Grand amateur, animateur de photo-club, Zimbardo travaille d’abord sur le reportage, gagne un premier prix en 1988 et se déclare professionnel. Son reportage sur les cérémonies de Holi en Inde lui vaut une consécration rapide, marquant un territoire qu’il ne se lassera pas d’explorer, celui de la ferveur religieuse, aux latitudes colorées de l’Asie et du Sud, où les étoffes, la peau, les couleurs, la lumière et le mouvement participent à une expression sensuelle et baroque du dialogue ininterrompu de la vie et de la mort. Le voyage se poursuit au Sri Lanka en 1992, au Mexique en 1993, avec toujours la rencontre d’une profonde spiritualité, partagée entre les Amarindiens Tarahumaras de la Sierra Madre et les Swamis hindous et les Bawas musulmans de Kataragama et, un peu plus tard, la dévotion plus austère des grands Pardons bretons et plus tard encore l’ascèse des monastères du Mont Athos. Le style de Xavier Zimbardo entre en résonance avec ses sujets et s’enflamme avec eux pour rejoindre le versant profane des "Belles disparues" où la fascination pour la beauté des femmes se consume dans les transformation végétales de l’automne. Les livres se succèdent pour dénombrer les voyages, les rencontres, les pauses poétiques, dans lesquels on remarque le récent hommage au village de toujours "Made in Sarcelles, belle comme le monde".
Hervé Le Goff
LES GRANDES RENCONTRES DU SALON
Le Salon de la Photo est un des évènements officiels du Mois de la Photo. Au coeur d’un mois de novembre placé sous le signe de l’image, le Salon de la Photo propose un programme exceptionnel de rencontres et d’échanges
avec de grands photographes, en partenariat avec la Maison Européenne de la Photographie et le festival international de la photographie animalière et de nature de Montier-en-Der.
Sabine Weiss, Frank Horvat, Karl Lagerfeld, Paolo Roversi, Goksin Sipahioglu, Raymond Depardon, Xavier Zimbardo, Arnaud Baumann, Xavier Desmier,
Christine et Michel Denis-Huot et d’autres grands noms viendront partager leur passion avec le public dans la salle de conférences du Salon. Hervé Le Goff
(Extraits du Pdf transmis par Deuxième Bureau)

Zimbardo, l’extra-terrestre

Interviewé par Frédéric Thore (JHM) en qualité de parrain de l'espace "Un Autre Regard" au Festival de la Vie Animalière à Montier-en-Der. Cliquez sur :
http://www.festiphoto-montier.org/video/afpanvideos.htm puis sur Xavier Zimbardo - Samedi 22 novembre 2008.
Zimbardo, l’extra-terrestre
Le photographe présente à Montier des photos de pélicans au port de Giffaumont. C’est sa première expérience de photo animalière. Des photos plutôt décalées. Il est le parrain de la nouvelle formule du festival : “Un autre regard”.
JHM : Vous n’êtes pas un photographe de nature à l’origine...


Xavier Zimbardo : J’essaye d’être nature mais je ne suis pas un photographe de nature ! Je suis photographe indépendant, photo- reporter, je fais du reportage pour Géo, Grand reportage ou le Figaro magazine. Et puis je suis aussi un photographe militant puisque je travaille à des ouvrages qui témoignent de la vie en banlieue par exemple.


JHM : C’est votre premier travail sur l’animalier ?


X. Z. : Oui, il y a un autre volet de mon activité : le photographe artiste. Dans ce cadre-là, je peux aborder toutes sortes de sujets. Je me trouvais au Sénégal pour faire un travail sur la ville de Saint-Louis. Tout près de cette ville, il y a un parc ornithologique. J’avais en mémoire qu’Olivier Varin, le directeur artistique du festival m’avait dit, “Xavier, j’aimerais bien t’exposer à Montier. S’il y a un travail qui te plaît un jour, montre-nous ça”. Là-bas, il y a des pélicans par milliers qui se rassemblent entre novembre et février. J’étais en contact avec l’association qui s’occupe de la sauvegarde de l’endroit. Ils m’ont emmené et j’ai fait la découverte de ce lieu. Et j’ai pu voir un phénomène que même les bateliers n’avaient pas vu depuis des dizaines d’années. On a vu les pélicans remonter le fleuve. Je voyais des oiseaux qui arrivaient par vagues et qui se précipitaient sur moi et qui s’écartaient lorsqu’ils s’approchaient du bateau.


JHM : Vous êtes le parrain d’un nouveau volet du festival, “Un autre regard”, qui présente des photos un peu décalées. C’était votre ambition au départ ou c’est en voyant vos photos ensuite que vous en avez pris conscience ?


X. Z. : Non, je ne fais jamais de photos en me disant, “elles vont être décalées”. Je n’essaie pas de paraître autre chose que ce que je suis. La vie nous sculpte et dans ce sens-là, quand le phénomène s’est produit, j’ai été moi-même : photographe. J’aime la profusion du monde et l’abondance de la vie et là, j’étais servi parce qu’il y a une espèce de foisonnement joyeux, on sent que la vie est riche, qu’elle est belle.


JHM : Vous êtes aussi un photographe engagé ?


X. Z. : Le problème sur cette Terre, c’est qu’il y a des gens qui voudraient tout pour eux et pour y arriver, saccagent autour d’eux. En ce moment, on est en train de jouer les cow-boys de la planète à foutre en l’air la banquise, les ours, les abeilles. On va aller jusqu’où ? Parce que quand il ne restera plus rien autour de nous, on va aller où ? Sur une autre planète ? Il y a urgence. Il y a de vrais problèmes qui se posent. Il faut qu’on se bouge !

PHOTSOC

Live du 23 juillet à 17h30 / Rencontre avec Xavier Zimbardo / Festival International de la Photographie Sociale - PHOTSOC 2008
Voici le lien vers la rediffusion :
http://www.photographie.com/?pubid=105049&secid=1
Le magazine Photographie.com reçoit aujourd’hui Xavier Zimbardo, non pas en tant que Photographe, mais en tant que Directeur Artistique du Festival Photsoc. Il vient, en effet, nous présenter la seconde édition de ce festival International de la Photographie Sociale qui se déroulera du 20 septembre au 05 octobre 2008 à Sarcelles. Au total, 23 photographes exposés dans différents lieux de cette ville du Val d’Oise. Rendez-vous donc dès le 20 septembre prochain !

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