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Mais alors, y a-t-il une autre manière de concevoir l’action ? Oui. Non pas penser avant d’agir, mais être pleinement conscient pendant que l’on agit. Qui séduira sa belle, de l’amoureux craintif qui a passé des heures à préparer ses beaux discours, ou de celui qui laisse jaillir les mots et les gestes du fond de son désir ? Ce dernier n’est pas guidé par une idée pensée dans le passé ; entièrement présent, il voit, il entend, il sent, il ressent : il est conscient, c’est-à-dire disponible. Et doublement : à la situation, changeante, imprévisible ; et à lui-même, à l’inspiration qui jaillit du fond le plus vrai de lui-même. De même, un véritable artiste ne pense pas son œuvre avant de la faire ; il agit, et découvre son œuvre en l’exécutant. Il se laisse surprendre. L’obstacle, la résistance, sont pour lui des opportunités de création. Il est en dialogue avec le Réel, disponible à l’inspiration qui se donne. Cela ne veut pas dire que l’action ne requiert pas une préparation ! Mais ce n’est pas préparer l’action : c’est se préparer à l’action.
Le peintre zen, avant de peindre, attend ; il médite. Pense-t-il à son œuvre ? Non ! Il se rend disponible, au monde et à lui-même, et à l’énergie qui le saisira.
Se préparer à l’action, c’est se préparer à la spontanéité. C’est une discipline intérieure, mais elle nous ouvre, au plus profond de nous-mêmes, aux sources de l’acte juste : affirmation, création, dialogue avec la vie.

Par : Denis Marquet

040812 Stenoperos0087
2004
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Le nu artistique empêche la possibilité de l'obscénité, car il établit une relation
entre la représentation et le regard sans briser la résistance du corps et de son intimité.
Il appelle un écho chez le spectateur et rétablit,
peut-être de façon paradoxale, l'ordre du secret.
Il n'est pas une atteinte violente au « noyau dur » du sujet et, pour cela, il n'est ni obscène ni pornographique.
Il met en scène la figure même de la résistance pudique,
en affirmant la distinction entre un intérieur et un extérieur, un dedans et un dehors.
Il instaure une façon d'être « nu » du corps,
mais il ne le plie pas à un mode d'offrande sans condition :
il ne fait pas de l'individu une « scène » à voir,
en mettant ainsi tout son être à la portée d'un regard impudique.
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Michela Marzano, "La pornographie ou l'épuisement du désir"
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