
- 050916-7027
- 16 septembre 2005
- "Lorsque le srâb [le mirage] miroite sur la plaine torride,
l'horizon faux et l'horizon vrai y paraissent indissolublement liés.
Ainsi les chimères et les réalités vivent-elles ensemble dans les sociétés humaines,
pour la déception des hommes, mais aussi pour leur espérance.
Comme alternent dans la nature marocaine "mah'ârem" et espaces cultivés,
l'illusion et la vérité se mêlent à l'horizon de nos désirs, de nos projets, distincts et pourtant inséparables.
Mais le marcheur affronté au "srâb"?
C'est la contemplation de la beauté qui le sauve, la contemplation de cela même qui pourrait le tuer.
De longues traînées de brume de chaleur faufilent, dirait-on,
le bord de la steppe avec celui du ciel, les lointains proches avec les lointains inaccessibles, le présent avec l'ailleurs.
Des lacs illusoires, le reflet des palmiers dans l'eau se proposent à son implacable soif.
Le marcheur risque ainsi de perdre sa route.
Mais il n'irait pas loin s'il n'était guidé par cette fraîcheur des yeux."
Dans Les Arabes, l'Islam et nous, petit livre décidément merveilleux de Jacques Berque et Jean Sur aux éditions Mille et une nuits, Jean Sur prend la métaphore du mirage pour symboliser le rôle que joue le rêve dans notre vie. Cité par Mona Chollet