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Malinka en route vers le village d'Andreï Tarkovsky
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Pourquoi écrit-on? Je me le suis si souvent demandé que je peux répondre facilement.
Je crois qu'on écrit pour créer un monde dans lequel on puisse vivre(...). J'ai dû créer
un monde à moi, comme un climat, un pays, une atmosphère, dans lesquels je
pourrais respirer, régner et me recréer chaque fois que la vie me détruirait. Voilà, je
pense, la raison de toute œuvre d'art. (...) L’œuvre est la concrétisation, l'incarnation
de son (l'artiste) intérieur. Il espère imposer sa vision personnelle, la faire partager
(...)
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Nous écrivons aussi pour accroître notre propre connaissance de la vie. Nous écrivons
pour charmer, enchanter, consoler les autres. Nous écrivons pour bercer nos
amoureux. Nous écrivons pour goûter la vie deux fois, sur le moment et
rétrospectivement. Nous écrivons, comme Proust, pour rendre les choses éternelles, et
nous persuader qu'elles le sont. Nous écrivons pour pouvoir transcender notre vie,
atteindre ce qu'il y a au-delà d'elle. Nous écrivons pour apprendre à parler aux autres,
pour raconter notre voyage dans le labyrinthe. Nous écrivons pour agrandir le monde
que nous trouvons étouffé, rétréci ou désolé. Nous écrivons comme les oiseaux
chantent, comme les primitifs dansent leurs rituels. Si vous ne respirez pas en
écrivant, si vous ne criez pas en écrivant, si vous ne chantez pas en écrivant, alors
n'écrivez pas, car notre culture n'en a nul besoin. Lorsque je n'écris pas, je sens mon
univers se rétrécir. Je me sens en prison. Ecrire doit être une nécessité, tout comme la
mer a besoin des tempêtes, et j'appelle cela respirer.
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Anaïs NIN
"Etre une femme"