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“Je jugeai chose indigne de la bonté et de la puissance divine [...] qu’elle pût se contenter de produire un seul monde fini.” Giordano Bruno devant l’Inquisition de Venise, le 2 juin 1592.
Disciple de Copernic, Giordano Bruno eut l’audace d’émettre l’hypothèse que les étoiles étaient des astres semblables au Soleil. Emprisonné et torturé pendant huit ans, on lui arracha la langue parce qu' il refusait de se dédire et il fut brûlé vif en 1600. Il n'a jamais été réhabilité. Ce petit livre lui adresse un salut fraternel par-delà les mondes et les âges.

Par : Xavier Zimbardo

Araignée 017
J'aime l'araignée et j'aime l'ortie,
Parce qu'on les hait ;
Et que rien n'exauce et que tout châtie
Leur morne souhait ;
Parce qu'elles sont maudites, chétives,
Noirs êtres rampants ;
Parce qu'elles sont les tristes captives
De leur guet-apens ;
Parce qu'elles sont prises dans leur œuvre ;
O sort ! Fatals nœuds !
Parce que l'ortie est une couleuvre,
L'araignée un gueux ;
Parce qu'elles sont l'ombre des abîmes,
Parce qu'on les fuit ?
Parce qu'elles sont toutes deux victimes
De la sombre nuit.
Passants, faites grâce à la plante obscure,
Au pauvre animal.
Plaignez la laideur, plaignez la piqûre,
Oh ! Plaignez le mal !
Il n'est rien qui n'ait sa mélancolie ;
Tout veut un baiser.
Dans leur fauve horreur, pour peu qu'on oublie
De les écraser,
Pour peu qu'on leur jette un œil moins superbe,
Tout bas loin du jour,
La mauvaise bête et la mauvaise herbe
Murmurent : Amour !
Victor Hugo (juillet 1842 )
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