(…) L’eau et le feu. On s’asperge et tout dégouline et tout gicle, tout retourne à l’amphibie. Inondation mais incendie des couleurs. Union charnelle des contraires.
La photographie est ici en sa plus grande force de témoignage. Le genre du reportage nous est devenu familier, il nous dépayse, parfois nous choque ou nous réveille. Mais ici il nous transporte dans un autre espace et un autre temps, il passe de l’autre côté du miroir qui renvoie l’exotisme vers notre univers occidental sous forme de tourisme. Si ces images ont la force de nous faire participer à cette cérémonie sauvage c’est par leur puissance plastique. Ces visions vécues par Xavier Zimbardo sont des bas-reliefs. Les torses mouillés et les drapés plaqués sur la peau ondulent, sculptés par la lumière dans l’unité d’une argile profonde. Mais tout en même temps l’air est saturé de vives couleurs qui font vibrer les surfaces et s’élèvent en nuages poudreux et mouvants. Rodin et Turner.
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Jean-Claude LEMAGNY