Copenhague s’est réveillé avec un goût de cendre dans la bouche. Regrettant sans doute d’avoir donné son nom à ce qui va sûrement marquer l’une des illusions perdues de la décennie. Tandis qu’au petit matin les négociateurs internationaux continuaient à s’écharper dans le Bella Center, on commençait déjà dans le centre de la capitale danoise à effacer le souvenir de cette conférence chaotique, presque cauchemardesque.(Le JDD)
Les pays pétroliers ont également cherché à bloquer tout accord. Ils ont été à la manoeuvre jusqu’à la dernière minute de l’assemblée plénière, samedi.
Quant au paragraphe stipulant la nécessité d’aboutir à un traité "légalement contraignant" d’ici à la conférence de Mexico fin 2010, un temps envisagé, il a été retiré.
Selon la Pan African Climate Justice Alliance (Organisation anglophone basée auprès de la Conférence des Eglises de toute l’Afrique à Nairobi), “55 millions de personnes de plus pourraient risquer de souffrir de famine, et 350 à 600 millions de personnes de plus pourraient être victimes du stress hydrique”.
A propos de l'échec de la conférence climat de Copenhague, le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) déclare samedi dans un communiqué: "N'attendons pas des capitalistes qu'ils résolvent un problème qu'ils ont eux-mêmes créé." Selon le NPA, "les grands vainqueurs de ce sommet sont finalement les multinationales et les lobbys industriels, qui vont pouvoir continuer à polluer et à émettre des gaz à effet de serre, tout en profitant de l'aubaine créée par la finance carbone et les marchés de droits à polluer".
"Cette déclaration ne vaut pas la feuille de papier sur laquelle elle est écrite. Et les coupables le savent bien, qui se sont vite enfuis en avion, chez eux, la honte au front", a tranché Greenpeace.
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L’Archevêque Desmond Tutu l’exprime ainsi : « Nous allons vers un désastre imminent d’une ampleur monstrueuse… Un objectif global d’environ 2°C condamnerait l’Afrique à l’incinération et à renoncer à tout développement moderne ».
Et pourtant, c’est précisément ce que le Premier ministre d’Ethiopie Meles Zenawi, en route pour Copenhague, proposait lors de son passage à Paris : aux côtés du Président Sarkozy, et affirmant parler au nom de toute l’Afrique (il est chef des négociateurs africains sur le changement climatique), il a dévoilé un projet comprenant l’augmentation redoutée de 2°C, qui n’offre aux pays en développement que 10 milliards de dollars par an pour les aider à faire face à ce qui est lié au climat, qu’il s’agisse de digues, de la lutte contre la malaria ou du combat contre la déforestation.
On peut à peine croire que c’était le même homme qui disait il y a à peine trois mois : « Nous nous appuierons sur notre nombre pour délégitimer tout accord qui ne serait pas au niveau de notre position minimale… Si cela s’avère nécessaire, nous sommes prêts à nous retirer de toute négociation qui menace d’être à nouveau un viol de notre continent… Ce que nous ne sommes pas prêts à accepter, c’est un réchauffement global plus élevé que le niveau minimum évitable ». Ou encore ceci : « Nous n’allons pas participer aux négociations en mendiant qui plaident leur cause, mais en tant que des négociateurs qui défendent leurs points de vue et leurs intérêts ».
Nous ne savons pas encore ce que Zenawi a reçu pour changer aussi radicalement de discours ou comment, plus exactement, on peut passer d’une position qui demande 400 milliards de dollars de financement par année (la position du groupe Afrique) à 10 milliards de dollars à peine. Dans le même ordre d’idées, nous ne savons pas ce qui s’est passé lorsque la secrétaire d’état Hilary Clinton a rencontré la présidente des Philippines Gloria Arroyo, à peine quelques semaines avant la conférence, et que d’un seul coup, les plus coriaces des négociateurs philippins ont été virés de leur délégation et que leur pays, qui avait exigé des coupes profondes dans les émissions des pays riches, est tout aussi soudainement rentré dans le rang.
Nous savons par contre, pour avoir été témoin de toute une série des voltefaces des voix discordantes, que les puissances du G8 sont prêtes à tout, ou presque, pour arriver à un accord à Copenhague. Leur insistance ne jaillit pas d’un désir brûlant d’éviter un changement climatique cataclysmique, puisque les négociateurs savent parfaitement que les maigres diminutions d’émissions qu’ils proposent sont la garantie d’une augmentation “dantesque” de 3.9°C (comme le dit Bill McKibben).
Selon Matthew Stilwell de l’Institute for Governance and Sustainable Development – l’un des conseillers les plus écoutés dans ces négociations – l’objet principal des négociations n’est pas vraiment de remédier au changement climatique, mais mettre la main une ressource inestimable, le droit au ciel (right to the sky). La quantité de dioxyde de carbone qui peut être lâchée dans l’atmosphère est limitée. Si les pays riches échouent à diminuer radicalement leurs émissions, ils vont avaler activement la part allouée au Sud, alors même qu’elle est insuffisante. L’enjeu, affirme Stilwell, n’est ni plus ni moins que “l’importance de se partager le ciel”.
Stilwell conclut que les pays riches sont en train d’essayer d’échanger “des colliers et des couvertures contre Manhattan ». « C’est une affaire de colonialisme, et c’est ce qui explique pourquoi aucun effort n’a été épargné pour amener les chefs d’états à signer une transaction de ce genre… Il n’y aura pas de retour en arrière. Vous avez démembré la dernière ressource qui n’appartenait à personne, et vous l’avez jeté en pâture aux riches.”
La COP15 devrait finalement déboucher sur un accord. Non contraignant, et sans réelle ambition. Un moindre mal ? Pas nécessairement, explique Naomi Klein : un mauvais accord pourrait s’avérer pire que l’absence d’accord. Il est très significatif que Monseigneur Desmond Tutu, ait déclaré, après avoir décrit ce que 2°C représenteraient pour l’Afrique, qu’il serait “préférable de ne pas avoir d’accord plutôt que d’avoir un mauvais accord”. Ce pourrait bien être ce qu’on peut attendre de mieux de Copenhague- Ce serait un désastre politique pour certains chefs d’états – mais ce pourrait bien être notre dernière chance d’éviter le désastre pour le reste du monde.
http://mouvements.info/Mieux-vaut-pas-d-accord-qu-un.html
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Alors qu'en Europe, et en France en particulier, une politique volontariste a permis de réduire la température de plus de 10°C en une semaine, avec chute de neige et verglas, les pays du Sud se complaisent dans des climats tropicaux. Comment cautionner que des populations se pavanent sous des températures de 30°C à Abidjan ou 25°C à Rio, tandis que les citoyens des pays développés luttent contre le froid (-9°C à New-York!!) pour sauver la planète? Une attitude déplacée qui agace passablement le président français : "C'est proprement indécent. On sacrifie nos SDF pour refroidir l'atmosphère mondiale, et les pays émergents ne font aucun effort. En refusant de sacrifier un peu de leur confort, les pays africains ont peut être hypothéqué l'avenir de la Terre. On ne signera pas d'accord sans garantie des pays pauvres sur des objectifs chiffrés de réduction de température".
Face à tant de mauvaise volonté, l'Union Européenne, Danemark en tête, a donc sorti de ses cartons le plan B, un dispositif sécuritaire renforcé pour lutter contre les réfugiés climatiques. Les forces de l'ordre danoises se sont ainsi exercées toute la semaine en fracassant du manifestant. De son côté, Nicolas Sarkozy a tenu à réaffirmer le leadership français dans l'élaboration du plan B : "La France est bien sûr à la pointe dans le combat contre les réfugiés, qu'il soient climatiques ou non. Voilà des années que notre police s'exerce à traquer, torturer, enfermer et expulser des étrangers. Nous partagerons notre savoir-faire avec nos voisins européens afin de protéger l'Europe du tsunami qui l'attend".
http://onsefechier-anatic6.blogspot.com/2009/12/copenhague-les-pays-pauvres-ne-jouent.html
Et puis, à Copenhague, avez-vous vu les brutalités policières ? Non? Alors regardez:
http://www.youtube.com/watch?v=n6gCyklaYZ4&feature=player_embedded