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Le petit prince, c'est l'histoire d'une quête à la découverte d'une vérité - le 4 août 07

http://www.pointscommuns.com/le-petit-prince-commentaire-lecture-61286.html


par Rebirth of the Woman


Merci à toi boris
rebirth of the woman
publié le 4 août 07


Le petit prince, c'est l'histoire d'une errance, d'une quête à la découverte d'une vérité. Ce sont les larmes et le rire d'un enfant pur qui porte un lourd et douloureux secret. C'est l'histoire de notre vie, de notre recherche.


Je suivrai chronologiquement le récit en m'arrêtant sur des phrases, des mots qui pour moi sont forts de sens. Nous ne ferons la connaissance avec le petit prince que progressivement. Il ne nous dévoilera pas le secret de sa vie tout de suite. Il faudra savoir
l'écouter, le regarder, accepter qu'il n'y ait pas toujours de réponses aux questions. Pour connaître le petit prince, il faudra du temps, de la patience, de l'amour. Quel étrange mystère que de rencontrer un enfant au milieu du désert ! Un enfant qui vous demande
de dessiner un mouton.


Les mystères ne s'expliquent pas, ils s'acceptent.


Et le petit prince nous donne sa première leçon : Tous les moutons dessinés ne correspondaient pas à ce qu'attendait le petit prince. C'est dans le dessin de la caisse que le petit prince aperçut son mouton. Ce que nous croyons être vrai, ce que nous croyons être la réalité, ce que nous essayons de reproduire ne correspond pas à la vérité de l'amour. Ce n'est pas dans la représentation stéréotypée du mouton que le mouton existe. Mais c'est bel et bien dans sa caisse griffonnée qu'il dort. La pureté originelle, la force de l'amour voient au travers des choses, touchent la profondeur de ce qui est réellement. Avec l'innocence et l'amour, nous verrons le petit mouton qui dort.


Ce n'est que plus tard que nous apprendrons que le petit prince vient
d'une autre planète. Sur cette planète, il y a un danger. Ce sont les
baobabs.


Les baobabs sont trompeurs. Lorsqu'ils sont jeunes, ils ressemblent à une pousse de rose. Mais si l'on ne fait pas attention, si l'on ne fait pas la différence entre un rosier et un baobab, si l'on ne détruit pas les baobabs, alors la planète en est envahie et meurt. Notre colère, nos pensées négatives, notre orgueil sont au départ de tous petits baobabs. Si nous ne sommes pas vigilants, si nous n'arrachons pas nos émotions destructrices, alors elles enflent, elles étouffent notre rose, elles tuent notre amour. C'est toujours en conscience, que chaque jour il faut arracher nos baobabs pour laisser croître notre rose. Les moutons mangent les baobabs. Mais comme les baobabs, les moutons sont trompeurs, le petit Prince s'en rendra bientôt compte.


La planète du petit Prince était si petite, qu'il lui suffisait de tirer sa chaise de quelques pas pour pouvoir regarder un coucher de soleil.


« Tu sais quand on est tellement triste on aime les couchers de soleil. Un jour j'ai vu le soleil se coucher 43 fois. »


C'est à force de larmes, de questions, d'incertitudes qu'un jour nous débuterons notre quête. Ce jour-là nous serons prêts à nous abandonner, à lâcher prise pour tenter de trouver une solution à nos questions, un sens à notre vie. Combien de couchers de soleil aura-t-il fallu au petit Prince pour qu'il quitte sa planète et commence son voyage initiatique ? Toutes nos difficultés, toutes nos peines, tous nos désespoirs sont des préparatifs à notre voyage spirituel.


Chaque épreuve est un soleil qui se couche avec l'espoir du jour à venir. Chaque soleil qui se couche nous fait grandir et nous libère. Le soleil couchant annonce le soleil levant. C'est en cela que réside toute la beauté.


Le cinquième jour, le petit Prince commence à dévoiler son secret.


Il y a quelque part, sur sa planète, une petite fleur pleine d'épines, une fleur unique au monde. Une fleur qu'un petit mouton peut détruire. Alors à quoi servent les épines ? Pourquoi les moutons mangent-ils des fleurs ?


Cette fleur est unique, elle est si importante qu'il faut la protéger. Qu'adviendra-t-il si le mouton la mangeait ? Le sens de la quête est posé par le petit Prince. Quel sens faut-il donner à notre vie ? L'amour est-il le sens de la vie ?


Notre univers, notre vie résultent d'un équilibre parfait et fragile. Une faute d'inattention peut tout détruire. Nous sommes dans cet équilibre, nous appartenons au cosmos. A nous de rester vigilants pour protéger l'équilibre. Mais encore le sens intime de la vie nous échappe. Pourquoi les roses fabriquent-elles des épines, alors que les moutons mangent les roses ?


Nous n'en savons rien, le mystère reste entier. Ce combat entre les fleurs et les moutons ne nous intéresse pas vraiment. Les fleurs font des épines, les moutons mangent les fleurs, c'est ainsi. Mais un jour, nous aimons une fleur et cette fleur devient alors importante et unique. Cette fleur que nous ignorions, que nous ne remarquions pas, prend avec l'amour une place importante dans notre vie. Nous avons tendance à passer à côté des choses, des êtres, sans les voir, sans les comprendre. Si nous savons nous arrêter, si nous savons poser le regard de l'amour sur ce qui nous entoure, alors chaque chose, chaque être prend une valeur toute particulière et unique.


Le mouton semblait être l'ami du petit Prince, celui qui mangeait les baobabs. Mais le mouton ne fait pas la différence entre une rose et un baobab. Il manque de clairvoyance, de discrimination et ne s'en rend pas compte. Il faudra donc museler le mouton et recommencer à arracher à la main les baobabs. Le mouton est le mauvais gourou ; Sous sa laine soyeuse, derrière ses yeux doux et innocents se cache un esprit qui n'a pas atteint l'éveil, qui ne voit pas les choses telles qu'elles sont et qui, par ses mauvais conseils, détruit les baobabs et les roses.


C'est comme cela que naissent les déserts.


Ne nous laissons pas abuser par de belles paroles, par de belles idées, par des promesses d'un bonheur immédiat. Ce n'est que par le travail sans cesse recommencé, ce n'est que par l'expérience que nous aurons des choses, que nous pourrons différencier les baobabs des roses.


Le mouton est aussi en nous, nous voulons parler, avoir une idée, une certitude sur tout. Nous sommes fiers de nos connaissances et pourtant nous détruisons des roses et laissons pousser des baobabs.


Nos colères, nos rancœurs piétinent les roses et font naître des larmes.


Il nous faut museler notre mouton pour pouvoir dans le silence de la contemplation abattre nos baobabs et respirer les roses qui nous sont offertes. C'est maintenant sur terre, dans le désert que le petit Prince pleure sa fleur unique, sa rose qu'il n'a pas su comprendre. Le petit Prince s'est arrêté aux mots de la rose, à ses discours. Il n'a pas su la regarder, la sentir. Il n'a pas vu l'essentiel. Il a perdu sa rose. Nos regards sont superficiels. Nous pensons connaître l'autre, nous n'en connaissons que les apparences.


Nous passons à côté de l'essentiel et ne retenons que le mirage de l'autre. Ce sont les déserts qui créent les mirages. Ne plus regarder en profondeur, ne plus voir avec Amour, c'est s'assécher, se désertifier. Il n'y a pas de roses dans les déserts. Avec les yeux de l'amour et de la compassion, avec les yeux qui voient l'âme, on pénètre au plus profond de l'être. On en découvre toute la beauté et la richesse. On y trouve l'oasis cachée.


Il y a des roses près des oasis.


On se trompe, on se perd, on meurt de ne plus savoir sentir, regarder,
écouter. On ne voit que les épines, on ne sent plus le parfum.


« Il ne faut jamais écouter les fleurs. Il faut les regarder et les
respirer. La mienne embaumait ma planète, mais je ne savais pas m'en
réjouir…Elle m'embaumait et m'éclairait. Je n'aurais jamais dû
m'enfuir. »


Ce n'est que plus tard, dans le monde des regrets que l'on prend
conscience de la perle que l'on possédait. L'instant présent nous a
échappé, nous n'avons pas su le vivre. Nous devenons des nomades du
bonheur. Sans jamais pouvoir s'arrêter nous cherchons la joie et la
beauté toujours plus loin, inlassablement, sans fin. Nous passons sans
jamais trouver les oasis cachées. Les yeux sont aveugles dans les
déserts. La vérité est là où l'on ne regarde jamais. Le petit Prince
dans son désert intérieur quitte sa planète à la recherche d'une
vérité, d'un secret. Il passe de planètes en planètes sans jamais
trouver ce qu'il cherche.


La première planète était habitée par un roi qui pensait régner sur
l'univers. Ce roi cependant possédait assez de sagesse pour comprendre
la limite de son pouvoir : « Il faut exiger de chacun ce que chacun
peut donner ». L'exercice du pouvoir est un art difficile. Les
attentes et les demandes doivent être adaptées à chaque individu.
L'uniformité ne crée pas la cohésion. Chacun, en fonction de ce qu'il
est, de ce qu'il sait apporte la pierre qui lui correspond. Chaque
être est différent, chaque pierre sera différente, mais toutes seront
fondamentales et indispensables à la construction de l'édifice.


Le pouvoir doit servir à unir les différences.


Mais le petit Prince se rend compte que ce pouvoir est illusoire. Le
roi est incapable d'avancer le coucher de soleil. Le coucher de soleil
aura lieu quand le soleil se couchera tout simplement. Le roi ne peut
rien en cela. Nos désirs, nos volontés, nos exigences ne sont
qu'illusions. Ce qui nous gouverne tous, c'est l'ordre de l'univers.
Nous sommes tous partie intégrante du monde, rien ne pourra nous y
extraire. Le seul vrai pouvoir est le rythme de l'univers. C'est dans
la pleine conscience, dans l'attention profonde que nous serons à
l'unisson, en harmonie avec l'univers. En intimité avec les étoiles,
nous aurons les plus beaux couchers de soleil.


Et le petit Prince continua son voyage.


La planète suivante était habitée par un vaniteux plein de solitude.
Le vaniteux perd son humilité, perd son humus. Il n'a plus de terre
nourricière. Le vaniteux est sur une terre désertique. Il devient un
arbre sec.


Une des planètes suivantes que visite le petit Prince fut celle de
l'allumeur de réverbère. Travailleur inutile, dépassé par une consigne
hors du temps, et pourtant, nous dit le petit Prince :


« Allumer un réverbère, c'est comme allumer une étoile. Eteindre le
réverbère c'est endormir l'étoile. C'est une occupation très jolie.
C'est véritablement utile puisque c'est joli. »


Cette activité aussi absurde semble-t-elle est belle par sa gratuité.
Allumer un réverbère sur une planète, allumer un cierge dans une
église, laisser se consumer un bâton d'encens sont des dons sans
aucune attente de retour ou de bénéfice. Cet acte de don total, acte
presque chevaleresque, rayonne de beauté dans son absolue pureté.
L'amour est un allumeur d'étoile, il rayonne et flambe. L'amour
n'attend rien, il s'offre. Dans le désert, c'est en suivant une étoile
que l'on retrouve sa route.


La planète suivante était habitée par un géographe. Celui-ci appris au
petit Prince que sa fleur était éphémère. Le petit Prince compris
alors l'impermanence des choses. Seul l'instant présent est précieux.


Enfin la septième planète que visita le petit Prince fut la terre. Le
désert de la terre. Dans ce désert, il y a un serpent qui parle par
énigmes. Ce serpent d'ailleurs résout toutes les énigmes. Il est là
pour l'arrivée du petit Prince. Il sera là au bon endroit, au bon
moment pour le départ du petit Prince. Les choses arrivent quand elles
doivent arriver, rien ne sert de vouloir les précipiter. La mort
viendra quand le serpent aura décidé d'apparaître.


C'est peut-être cela notre destin ?


C'est dans un jardin d'Eden sec et désertique que se posa le petit
Prince. Dans ce désert intérieur, seul le serpent est présent. Le
désert n'est pas autour de nous, il est en nous. Rien ne sert de
voyager de planète en planète, rien ne sert de faire le tour du monde.
Nous emmenons avec nous notre désert. Notre désert est lieu de
douleur, de souffrance, de silence, de crépuscule, de mirage. Mais ce
désert nous appartient. Nous sommes responsables de ce désert. C'est
le temps que nous avons perdu à être aveugle qui rend notre désert si
grand.


« On est seul dans le désert. On est seul aussi chez les hommes
répondit le serpent »


Mais si nous sommes animés d'une quête, si nous avons soif de revivre
alors nous trouverons la source qui a été de tout temps cachée en
nous. Alors ce sera la traversée du désert, mais notre désert ne sera
qu'un lieu de passage et non une fin en soi. Il faudra du temps et de
la patience. Les déserts sont de grands sabliers.


Le petit Prince continue sa fuite à travers le désert. Mais fuir,
c'est aussi aller vers autre chose.


Et le petit Prince rencontra le renard qui lui transmit un grand secret.


Il faut savoir apprivoiser les autres, il faut savoir perdre du temps
avec eux. Ce temps qui semblait perdu, inutile est en fait un trésor
de bonheur. Ce temps rend unique les choses, il les transforme en
diamant, il les rend précieuses. Apprivoiser, connaître, c'est
regarder en profondeur, c'est allumer son réverbère, c'est allumer une
étoile, c'est s'arrêter et habiter le désert de l'autre. C'est perdre
le temps du sablier, mais c'est gagner le temps de l'Amour. Mais cela
c'est l'avis du Renard, pas le mien. Tu me demande ma définition du
mot apprivoiser alors je dirais que apprivoiser, c'est reconnaître
l'unique en chaque être, c'est faire briller l'autre par la vive
flamme d'amour. Apprivoiser, c'est s'asseoir et aimer. Apprivoiser,
c'est faire fleurir un désert, c'est être responsable de ses fleurs.


« L'essentiel est invisible pour les yeux. On ne voit bien qu'avec le
cœur. C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui rend ta rose si
importante. Tu es responsable de ta rose. »




Il est temps maintenant pour le petit Prince de quitter son désert. Il
a trouvé son secret, sa source, son puits. « Ce qui embellit le désert
dit le petit Prince, c'est qu'il cache un puits quelque part….. ».
L'eau que contient ce puits est bonne. Elle est bonne à cause des
efforts, à cause des larmes, à cause des doutes, à cause du désert et
de la marche avec les étoiles. Cette eau prise dans le creux des mains
est bonne à partager en fraternité avec celui qui vous a accompagné
pour retrouver la rose. Pour boire cette eau, il faut se courber, se
pencher vers la terre, creuser la terre.


Cette eau se gagne, elle est profonde.


Cette eau n'est pas un dû, elle est une récompense. C'est en
s'ouvrant, en devenant coupe que l'on peut recevoir cette eau. C'est
avec force et persévérance que les racines perforent le sol pour
puiser cette eau indispensable aux feuilles et aux fleurs. Il faut
d'abord descendre pour que l'eau monte ensuite. Cela fait juste un an
que le petit Prince est sur terre. Sa planète est juste au-dessus de
lui, à la verticale, c'est le solstice. Les ténèbres sont terminées,
c'est la fin du désert, la lumière brille.


Le cycle est terminé.


Le petit Prince connaît aujourd'hui l'importance, l'unicité de sa rose
qu'il avait fuie. Le bonheur était si proche, si quotidien qu'il en
devenait invisible. C'est dans ce voyage, dans ce désert que le
petit Prince a su découvrir et écouter son maître spirituel le
renard. Les yeux du cœur se sont ouverts, et c'est dans cet état
d'éveil que le petit Prince comprit que le Graal qu'il était venu
chercher à mille milles de toutes terre habitée était depuis longtemps
à ses pieds et embaumait sa planète. Les serpents sont les amis des
cœurs purs. D'une seule morsure, le petit Prince, corps de lumière,
rejoint sa rose pour des temps sans fin. Le corps, ce qui cache l'âme,
n'a plus d'importance pour celui qui connaît l'Amour et le Nom de la
Rose. Le désert se chargera d'ensevelir cette écorce qui pèse trop
lourd.


Rebirth, si un jour tu es à mes côtés, tu seras ce petit Prince qui possède un trésor et qui traverse mon désert. Tu seras mon renard si je sais t'écouter et te comprendre, tu seras ma rose si je sais te voir avec le cœur. Tu seras mon allumeur de réverbère au milieu de mes doutes. Mais moi je n'oublierai pas la muselière pour mon mouton, car je sais ta rose si importante.

Laissez-lui le temps ... Le Temps ... Oui tout le temps ... - 03/02/2008

"Je suis un petit renard des sables ...
Un fennec aux grandes oreilles pointues et au flair aiguisé par le vent ...


j'ai découvert un petit prince ! ... il possède un fabuleux trésor ... mais il ne le sait pas ! ... Il ne sait rien ...
..... savant , érudit, esthète , artiste,visionnaire , philosophe, guerrier ,révolutionnaire, altruiste, généreux ...
Il est , telle une géode d' améthyste non ouverte , bourré de richesses cachées ... Mais il ne le sait pas ! ...
Avec lui , il n'est pas question de réverbère , mais de Phare ! ... Le plus beau du monde ... mais il ne le sait pas ! ...


C'est faux , archi- faux ! ... Le corps ne cache pas l'âme ... il est lourd parfois , mais au service de l'âme ... Il ne faut pas le négliger ...
il est , comme cette fameuse géode si précieuse que l'on peut prendre pour un vulgaire amas de terre , notre trésor personnel ...
François d'Assise le considérait comme son frère Âne ... un serviteur en quelque sorte ... même si celui-ci regimbe comme un âne ...
c'est une meilleure comparaison ... N'est-ce pas ? ... Un âne ... c'est tendre parfois ... malgré sa gueule de bourrique ... Et il peut nous porter ...


Au nom de la poésie , il ne faut pas se laisser aller à penser n'importe quoi ! ... C'est dangereux ! ... très très dangereux ! ... cela laisserait sous-entendre qu'il y a une belle issue ... Le suicide ... Cf les actes des sectes du temple solaire et consort ... Pas bon du tout cette issue ! ...


Je ne voudrais pas que ce petit prince se trompe d'issue ! ... Vous comprenez ? .. . Ce serait une grande catastrophe ! ... Il ne doit pas mourir ! ...
Jamais ! ... Pas comme cela ... De plus , il n'a pas encore compris où était sa rose ... Donc , laissez-lui le temps ... Le Temps ... Oui tout le temps ...


- - - - - - - - -L'ÉTERNITÉ ? ... HEU ... ? ... OUI ... C'EST PAS MAL ... JE PENSE QUE CE SERA BON ... PARFAIT ET À SA MESURE ... MERCI POUR LUI ! ... MERCI BORIS ! ...
PS : Je trouve enfin que tout le reste du commentaire est sublime ... c'est pourquoi il me paraissait important de rectifier le tir quant à l' hypothétique aspect de cette vision finale ..."


Monique

Qu’est-ce que signifie “ apprivoiser ” ? - 25 mai 07

http://www.pointscommuns.com/le-petit-prince-commentaire-lecture-59118.html


apprivoiser
Nérée
publié le 25 mai 07


[…] Qu’est-ce que signifie “ apprivoiser ” ?
— C’est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie “ créer des liens… ” » (chapitre XXI)




Le petit prince, fâché avec sa rose, fait ses bagages et quitte son chez lui, sa planète de la taille d’une maison. Son voyage le jette successivement dans plusieurs univers jusque-là inconnus de lui (l’univers du monarque, du vaniteux, de l’ivrogne, du financier, du fonctionnaire et du géographe). Ces univers, habités chacun par un seul homme, renvoient à autant de perceptions différentes de l’extérieur, à autant de rapports possibles à ce qui est étranger, autre que soi. Pour chaque personnage, son rapport à l’extérieur est déterminé par ce qu’il est, lui. L’extérieur est perçu par le monarque du point de vue de son pouvoir sur les choses et les êtres, tout le renvoie à sa puissance. Par le vaniteux, l’extérieur est interprété du point de vue de sa vanité, tout est pour lui au service de son désir d’éloges. L’extérieur est fui et dissout par l’ivrogne (qui ne remarque même pas la présence du petit prince). Le fonctionnaire, lui, perçoit le monde comme ce qui est en décalage par rapport à la consigne et la rend absurde. Le géographe voit en autrui une source potentielle de témoignages, le financier un gêneur susceptible de le distraire.
Ainsi chacun d’eux voit-il d’abord dans les choses ce qu’il attend d’y trouver ; et chacun attend d’y trouver ce que le détermine à attendre sa nature ou sa fonction.


La septième planète sur laquelle tombe le petit prince est la nôtre. La Terre. Un champ immense à l’intérieur duquel se croisent tous ces univers individuels, souvent sans se rencontrer. C’est là que le petit prince tombe sur un renard, qui lui apprendra ce que signifie apprivoiser.


C’est ce thème de l’apprivoisement dans « Le petit prince » qui sera l’objet de ce comm’.


Apprivoiser, c’est se rendre familier. Se rendre familier à l’autre ou bien se rendre l’autre familier, et souvent les deux en même temps. C’est là le sens classique de l’apprivoisement. — Mais l’enseignement du renard ne se réduit pas à cela. Apprivoiser, ce n’est pas seulement créer un lien entre soi et l’autre, c’est encore en créer un entre soi et le monde, et ce dans un même mouvement.


Apprivoiser l’autre c’est par là même apprivoiser le monde. S’attacher à quelqu’un a pour effet de se rendre le monde familier, de réduire son absurdité originelle. L’être apprivoisé détermine notre perception du monde, il la bouleverse, la réorganise, l’enrichit de ce qu’il est. Les choses deviennent autant de témoins potentiels de l’apprivoisé, nous reconnaissons en elles l’empreinte de son existence ; et c’est en tant qu’elles nous renvoie à lui que le monde perd de son insignifiance. Voilà ce que nous apprend le renard. Et c’est l’idée (esquissée ici trop rapidement, mais qui s’avèrera au fond très simple) que j’essaierai de développer.


En l’absence de ce lien que l’apprivoisement crée entre deux êtres, le rapport de l’homme au monde ne peut être qu’un rapport d’ustensilité. Au regard de l’homme sans attache, les choses se réduisent à leur fonction, à leur dimension instrumentale ; elles n’existent que dans la mesure où elles servent ses fins, qu’en tant qu’elles sont susceptibles d’être utilisées. Et toutes les choses dont il n’a pas usage ne sont rien encore pour lui, elles restent inaperçues, absentes, muettes. Avant le moment de l’apprivoisement, l’homme est dans une relation purement pratique au monde. Ce qui ne sert pas, alors, n’est pas. — Il en est ainsi du renard : pour lui qui ne se nourrit pas de pain, les blés ne sont rien, ils sont chose inutile, absurde.


Mais l’attachement fait surgir un univers nouveau. Ce monde jusque-là égal, vide, indifférent à la sensibilité se remplit de l’être apprivoisé. Il devient l’horizon implicite de mes perceptions, s’insinuant entre mon regard et les choses, et le contaminant, à la manière d’un filtre. C’est à la lumière de mon attachement que m’apparaît désormais ce qui m’entoure. Les objets quittent pour moi leur mutisme, ils prennent la teinte de l’apprivoisé, ils l’évoquent, le rappellent, m’entretiennent de lui.


L’apprivoisement inaugure un nouveau mode de rapport au monde. Un rapport affectif. Il supplante le rapport pragmatique, où les choses étaient appréhendées seulement en termes d’utilité. À présent, ce n’est plus leur fonction qui compte mais le pouvoir de suggestion qu’elles enveloppent, ce qui en elles est susceptible de me rappeler à l’apprivoisé. La couleur des blés conduit le renard au petit prince, comme les étoiles le rappellent à la mémoire de l’aviateur. Les blés ni les étoiles n’existent à proprement parler à titre de choses ; elles sont des signes vers le petit prince, elles ont valeur de métaphores.


Un rapport poétique au monde ainsi se tisse. Les choses se muent en symboles — symboles de l’existence de l’apprivoisé —, elles prennent une dimension spirituelle. De ce monde originellement composé d’instruments, de ce monde s’adressant à l’intelligence, au calcul pragmatique (calcul du moyen adapté à une fin donnée), de ce monde-ci naît un univers sensible au cœur, à l’imagination, à la mémoire. Comme le petit prince imagine le mouton dans la caisse dessinée par l’aviateur, je devine l’être apprivoisé dans les choses. L’apprivoisement est l’enchantement du monde.


C’est d’un attachement dont manquaient les personnages rencontrés par le petit prince de planète en planète. Tous étaient seuls, clos sur eux-mêmes, autarciques. Ne connaissant personne, n’ayant rien partagé, n’ayant rien apprivoisé, les choses et les êtres ne pouvaient les renvoyer qu’à eux-mêmes, à leur propre désir (l’un de puissance, l’autre d’éloges, etc.). En m’attachant je me décentre du monde. Mon univers n’est pas le résultat de mes besoins, le miroir de mes intérêts. Mon univers, c’est l’apprivoisé en tant qu’il m’apparaît derrière les choses. Le monde n’est pas ce que je m’attends d’y voir, ce que ma nature me fait attendre (contrairement au monarque, au vaniteux, etc., pour qui les choses se réduisaient à ce qu’ils s’attendaient à y trouver) ; en lui je vois l’apprivoisé, à qui je ne m’attendais pas.


Tandis que j’apprivoise un être, j’apprivoise en même temps les choses. Tous deux sont solidaires puisque les choses représentent autant d’occasions de se rappeler les êtres (comme la couleur des blés rappelle au renard le petit prince). Aussi l’apprivoisement ne crée-t-il pas seulement un lien entre moi et l’apprivoisé, il en crée aussi un entre moi et le monde, par l’intermédiaire de celui que j’apprivoise. En retour, le monde est ce grâce à quoi l’être apprivoisé n’est jamais tout à fait absent, ce qui le maintient dans une permanente proximité.




« […] Qu’est-ce que signifie “ apprivoiser ” ?
— C’est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie “ créer des liens… ” »

Petit prince, prends-moi par la main ! - 29 mai 07

http://www.pointscommuns.com/le-petit-prince-commentaire-lecture-59260.html
Petit prince, prends-moi par la main !


aurore boréale
publié le 29 mai 07


L’art et la poésie, de la nature pulsions simultanées, subliment nos pulsions et déstabilisent la Réalité en libèrent notre créativité.. Eternelle renaissance de soi par la peinture et l’écriture, du pinceau à la plume, de la plume au pinceau.




« Quand le mystère est trop impressionnant, on n'ose pas désobéir. Aussi absurde que cela me semblât à mille milles de tous les endroits habités et en danger de mort, je sortis de ma poche une feuille de papier et un stylographe. Mais je me rappelai alors que j'avais surtout étudié la géographie, l'histoire, le calcul et la grammaire et je dis au petit bonhomme (avec un peu de mauvaise humeur) que je ne savais pas dessiner. Il me répondit :
-Ça ne fait rien. Dessine-moi un mouton. »




L’art permet de réintégrer la sphère de son intimité psychologique en atténuant les effets pervers du monde moderne qui nous impose l’univers de la technique et de la matérialité. Il donne le courage de laisser parler son inconscient en permettant d’accéder à ses pulsions refoulées, en clarifiant ses désordres, en élargissant le champ de ses pensées et en obligeant à sortir de soi-même.


Alors j’ai pris mon pinceau et transposé sur la toile ce monde à l’envers




Monde à l’envers


De bric et de broc,
De chic et de choc,
Monde à l’envers,
Que fais-tu sur cette terre ?


Khéops, Khéphren et Mykérinos,
A vos pieds un tas d’os !
Stigmates suprêmes de l’humanité
Ô pardon, petit homme, j’ai failli t’oublier !


Merveilles du monde,
De l’histoire effilochées
En pyramides fécondes
De grandeurs vous enfantez,
Mais le monde s’évapore
Triste réalité
En fric gerbe d’or
Fleuron de notre société !


Illusions moribondes,
Fragile puissance de nos envies,
Ainsi passe la gloire du monde,
Sic transit gloria mundi !


De bric et de broc,
De chic et de choc,
Monde à l’envers,
Que fais-tu sur cette terre ?


Petit homme éveillé,
Incarnation du ciel et de la terre,
De symphonie habité,
Loin du matérialisme pervers,
Ab imo pectore,
Du fond de ton cœur,
Sur les pyramides de Gizeh
Endosse tes ailes de rêveur
Et plus près des étoiles,
Pour une humanité idéale,
Porte haut les couleurs
De ton charme intérieur !




Vérité intangible et indiscutable, le vrai secret du bonheur est celui qui est intérieur, celui qui retrouve toute la spontanéité de l’enfant qui est en nous, celui qui ouvre à l’amour avec un grand A, celui qui apprend à relativiser, celui qui rend tolérant et empathique, bref celui qui engendre l’humanité dans son sens le plus global.


En retrouvant la spontanéité édenique de l’enfant qui est en nous, on s’ouvre à une vraie conscience de son être intérieur. Un cœur d’enfant donne toujours la joie d’aimer




« On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible aux yeux »




Aux ailes du temps, l’enthousiasme pur des premières années s’envole. Retrouvons nos comportements naturels enfantins de curiosité et de jeu. L’enfant divin toujours en nous, nous resterons artiste de notre vie tout au long de notre existence et dépasserons les préjugés qui altèrent notre vision d’adultes. L’enfant est source de toutes les possibilités


Devenons enfants de l’audace pour retrouver notre vraie place.




« Les enfants seuls savent ce qu’ils cherchent »




« Si vous dites aux grandes personnes : « la preuve que le petit prince a existé c'est qu'il était ravissant, qu'il riait, et qu'il voulait un mouton. Quand on veut un mouton, c'est la preuve qu'on existe » elles hausseront les épaules et vous traiteront d'enfant! Mais si vous leur dites : « La planète d'où il venait est l'astéroïde B 612 » alors elles seront convaincues, et elles vous laisseront tranquille avec leurs questions. Elles sont comme ça. Il ne faut pas leur en vouloir. Les enfants doivent être très indulgents envers les grandes personnes »

Le oui caché - 21.01.2007

Chers amis,

J’ai reçu cette semaine quatre ou cinq fois le même message concernant la coupure volontaire d’électricité du 1er février prochain. Je ne sais que penser de ce genre d’initiatives qui circulent régulièrement sur Internet (le tout mêlé à de fausses bonnes idées parfois : renvoyer la lettre T du F.N. qui sera payée par nos impôts, se connecter au site de l’U.M.P. qui devient ainsi une star de google France etc.). J’éteindrai quoiqu’il en soit la lumière (en fumant ma dernière cigarette de néo-paria dans le noir). Mais je voudrais ajouter ceci : Alice Becker-Ho vient de faire paraître chez Gallimard trois textes de Guy Debord sous le titre de La Planète malade. Le dernier de ces textes (éponyme) évoque en 1971 les dangers de la pollution et revient surtout sur ses causes, la toute puissance de la société industrielle et marchande, la course éperdue au profit. Je ne sais pourquoi ce court essai n’a pas paru plus tôt, mais je sais qu’il était de bon ton il y a encore quelques années de traiter Debord de paranoïaque (ce qu’il était sans aucun doute à titre privé) plutôt que d’accepter de voir ce qu’était devenu notre monde : malade et pourri par l’argent à en vomir son âme. Un autre texte récemment publié (assez ancien lui aussi) me revient encore à l’esprit : Deux régimes de fou (chez Minuit) de Gilles Deleuze. Deleuze, oui, le soixante-huitard illuminé de « capitalisme et schizophrénie ». Il parle des deux fascismes, celui des films en chemise brune, qui s’exprime dans une langue heureusement étrangère que beaucoup d’entre nous ont eu du mal à apprendre et dont nos grands-parents gardent un bien mauvais souvenir. Et puis l’autre, rampant, présent, impalpable, celui de la peur au quotidien, celui de la morale ambiante et de la vie sans idée. Celui de la loi du marché et du « Ne pense pas trop ça fait élitiste ». Voilà, je ne sais pas, mais je me disais que ces deux courts textes, ce serait bien peut-être de les lire tranquillement ce 1er février entre 19h55 et 20h, à la lumière d’une bougie, l’histoire de commencer à comprendre que nous pensons timidement à protester quand il est déjà trop tard : depuis ce début des années 1970, il y a eu Tchernobyl et la destruction d’une bonne partie de la forêt amazonienne, le réchauffement est désormais irrémédiable, et tout ce que feront nos dirigeants pour freiner cette évolution sera guidé non par des impératifs humanistes ou écologistes, mais selon des critères de rentabilité, de profit. Cela ne vous aura pas échappé, sans doute : on parle sans arrêt du réchauffement de la planète depuis trois mois, suite à un certain rapport britannique évoquant une « facture » supérieure à celle des deux guerres mondiales réunies. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas tout faire pour limiter l’irréparable. Mais cela signifie sans doute qu’il serait grand temps de penser à nous, la génération molle du "tout se vaut" et du dernier portable, comme à des acteurs politiques du quotidien, et d’accepter enfin que ce vers quoi nous tendons est une « logique de guerre » malheureusement, laquelle d’ailleurs n’a jamais quitté notre histoire. Elle a été, dans ce monde ultra-libéral, « la guerre de tous contre tous », du premier au concours au plus performant dans l’entreprise. On cherche à nous faire croire aujourd’hui qu’elle est un « choc des civilisations » quand elle se livre entre la vie et la mort, entre deux mots qui ne sont plus des principes mais des réalités. Elle ne peut se résoudre (et si peu) une fois tous les cinq ans dans les urnes, entre deux candidats soumis à l’ISF, mais dans nos métiers, nos voisinages, nos choix de vie, nos engagements, ce que nous sommes chacun en tant qu’individu. Elle est une guérilla apparemment sans espoir contre les armées tentaculaires et apparemment inébranlables des grands intérêts politico-financiers. Elle est notre dignité dans un monde qui a remplacé les citoyens par des consommateurs. Elle est une guerre d’information véritable et de gestes, de conscience et de responsabilité, d’actes de résistance et de sabotage. Elle rappelle à chacun que la désobéissance est aussi un devoir, quand être juste possède encore un sens à nos yeux.

Je pense aux expressions de Marx et de Rimbaud dont les surréalistes avaient fait leurs mots d’ordre, « transformer le monde » et « changer la vie ». D’autres s’en sont chargés à leur place, dans un tout autre sens. Notre ambition aujourd’hui est moins ambitieuse et plus grande : ce serait, je crois, d'essayer de sauver l’un et l’autre pour les faire nôtres, enfin. Ces mots d’Annie le Brun en 1972, dont j’ai fait mon faire-part de naissance : « Nous qui avons tellement d’espace et si peu de temps, nous nous ferons nomades. » Voilà encore, plus que jamais, à côté de tout ce négatif, cette dialectique négative à laquelle nous accule ce monde insensé (se poser en s’opposant, être en refusant, en luttant, en tournant le dos), ce grand "oui" qui fut celui de Spinoza et de Nietzsche, ce "oui" à un monde et à une vie que nous ne devons permettre à personne de nous faire oublier : si notre monde et nos vies ne sont pas des marchandises morcelables en autant de parts de marché, c’est qu’ils sont tout ce dont nous disposons pour aimer, connaître et rêver, ils sont toute notre chance, notre seul trésor et notre unique réalité. À chaque fois que nous dirons « non » dans la nécessité d’être juste, ce sera sans amertume et sans ressentiment. Désobéir ne veut pas dire être triste. Un « oui » se cache dans chacun de nos « non ».

Olivier


PREMIER FEVRIER 2007 DE 19H55 A 20H00 : ON ETEINT TOUT


5 minutes de répit pour la planète, Participez à la plus grande mobilisation citoyenne contre le changement climatique !


L'Alliance pour la Planète (groupement national d'associations environnementales) lance 5 minutes de répit pour la planète, un appel simple à l'attention de tous les citoyens :
Le 1er février 2007 entre 19h55 et 20h00, éteignez veilles et lumières.
Il ne s'agit pas d'économiser 5 minutes d'électricité uniquement ce jour-là, mais d'attirer l'attention des citoyens, des médias et des décideurs sur le gaspillage d'énergie et l'urgence de passer à l'action ! 5 minutes de
répit pour la planète : ça ne prend pas longtemps, ça ne coûte rien, et ça montrera aux candidats à la Présidentielle que le changement climatique est un sujet qui doit peser dans le débat politique.


Pourquoi le 1er février ? Ce jour-là sortira, à Paris, le nouveau rapport du groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) des Nations unies. Cet événement aura lieu en France : il ne faut pas laisser passer cette occasion de braquer les projecteurs sur l'urgence de la situation climatique mondiale.


Si nous y participons tous, cette action aura un réel poids médiatique et politique, moins de trois mois avant l'élection présidentielle !
Faites circuler au maximum cet appel autour de vous et dans tous vos réseaux
Les Amis de la Terre

http://www.amisdelaterre.org


Bonsoir à vous,

Je voudrais simplement apporter quelques précisions, et quelques interprétations, qui ne prétendent pas au consensus (au contraire ?). Mais débattre dans le respect de ses interlocuteurs est déjà important. Olivier n’a nul besoin de mon secours, mais je partage bon nombre de ses réflexions.

Le terme ultra-libéral est assez simple à définir : il désigne cette tendance (réalisée) à l’expansion au monde entier de l’économie de marché. Non pas l’économie des marchés locaux mais l’économie du Marché mondial. Celui-ci ne ruine pas toutes les différences culturelles mais il contribue à marginaliser et à détruire toutes les sociétés vernaculaires. La destruction des peuples autochtones en est le parfait exemple. Outre cette expansion horizontale, ce marché pénètre les sociétés en profondeur en prenant en charge (presque) tous les domaines sociaux : santé, culture, transmission du savoir, en plus des biens et services nécessaires à la vie… Il injecte de la concurrence généralisée là où des normes, locales, régulaient les échanges et prévenaient la domination du marché sur la culture, au sens anthropologique du terme. Ceci est en train d’être renversé : désormais la culture est soumise au marché. D’où le « ultra ». Ce processus a une histoire, il est le fruit d’une certaine idéologie et de certaines pratiques.

La précision sur nos élus qui paient l’ISF signifie, de mon point de vue, qu’en notre pays démocratique, l’accès au pouvoir politique et médiatique suppose la détention du pouvoir économique et symbolique. Ils se cumulent, ces pouvoirs, comme sous l’ancien régime, de manière non démocratique et se lèguent de génération en génération, de réseaux en réseaux, en fondant la légitimité de leurs détenteurs sur un mérite personnel la plupart du temps illusoire. Les « self made men » (et women) sont des exceptions statistiques.

Quant à la guerre de tous contre tous, elle va avec celle du chacun pour soi, me semble-t-il. Le débat n’est pas de savoir si c’était mieux, ou pire, avant, mais de savoir comment ça pourrait être mieux, ou au moins autrement, demain.

Bien à vous,

Rodolphe


J’appelle ultra-libéralisme économique, ou « société spectaculaire marchande », ou « régime de fous » ou grand marché de noël permanent une idéologie qui tout en refusant de s’affirmer comme telle, a changé ces vingt dernières années, pour le secteur que je connais –à savoir la culture- le cinéma en industrie cinématographique, la librairie et l’édition en marché du livre, les musées et espaces d’exposition en entreprises culturelles- et pour le reste, a changé 55 millions de citoyens en 60 millions de consommateurs, a vu doubler le nombre des personnes soumis à l’ISF et se développer d’autant les précaires en tout genre, a démantelé le service public et permet aujourd’hui à la droite parlementaire de parler comme l’extrême-droite d’il y a quinze ans.

Je ne crois pas que la démocratie se confonde un seul instant avec le populisme actuel et qu’il suffise de laisser les gens voter ce que les médias ont choisi pour eux une fois tous les cinq ans pour continuer à mener une vie tranquille. La démocratie, c’est un long et permanent travail d’éducation, de culture et de discussion, de responsabilité individuelle dans la cité, son environnement professionnel et privé. La démocratie, c’est un minimum d’aisance pour tous afin que tous aient un minimum de temps et d’espace pour penser. La démocratie, c’est le contraire de ce climat d’insécurité permanent qu’on véhicule à dessein aujourd’hui et qui a toujours fait le lit du fascisme.

Il y a pour moi une insurmontable contradiction entre être très riche (on ne le devient jamais par hasard) et se présenter comme la candidate d’un parti prétendument de gauche. Quand tous les candidats feront partie des 400 000 personnes soumises à l’ISF, nous serons revenus de facto à une réalité d’Ancien Régime.

Quand je parle de résistance, de guérilla, de sabotage, je ne parle pas d’attentats, de groupe armé, de terrorisme. Je parle de mon admiration pour quiconque aujourd’hui, dans un parti, une association, un syndicat, un métier, n'importe où, s’efforce d’empêcher autant qu’il le peut la transformation de ce monde en un immense drugstore. Ceci dit, je n'ai pas de recette miracle et je n'en cherche pas.

Pour le reste, je crois avoir été à peu près clair et n'ai pas trop de temps.

Bien à vous.

Olivier Favier

Loose Change - Le film - Vendredi 14 Avril 2006

Vendredi 14 Avril 2006


Pour retrouver les liens originels, aller sur le lieu de publication :
http://snapshots.over-blog.com/0-categorie-585487.html
car je n'ai hélas pas le temps de recréer ici les liens hypertextes.


Loose Change - Le film "explosif" qui revient sur le 11 septembre
Préambule


Loose Change, (ici ou là pour les versions françaises) documentaire du jeune réalisateur américain Dylan Avery, a été distribué une première fois en avril 2005. 1000 DVD en avaient alors été fournis gratuitement, via le web. La seconde version est sortie en février 2006. C’est cette dernière que j’ai pu visionner.
Le sujet est brûlant : il s’agit de démontrer que la version officielle des évènements du 11 septembre 2001 – soit « 19 terroristes d’Al Qaida armés de cutter détournent quatre avions de ligne américains pour les précipiter contre des cibles stratégiques, avec un taux de succès de 75% » - ne tient pas la route. Et tabou : tout le monde se rappelle la campagne de dénigrement du livre de Thierry Meyssan, « l’effroyable imposture », sorti en mars 2002. Il soutenait la thèse selon laquelle aucun avion de ligne n’avait heurté le Pentagone.

Sauf que le documentaire est très convaincant. Pas parfait certes, mais très documenté, à partir de sources qui sont largement vérifiables. Alors j’ai passé quelques jours à fouiller le web pour y trouver des informations.

On peut polémiquer à l’infini sur le talent du très controversé réalisateur, sur sa technique, et sur ses méthodes. Certes, Loose change ne donne pas une version alternative claire et finie des évènements du 11 septembre. Certes, il y a des imprécisions, des légèretés, des flous artistiques, des affirmations hasardeuses. Mais Dylan Avery met le doigt sur de graves incohérences, démonte quelques-unes des thèses officielles, et a le mérite de poser des questions qui appellent indubitablement des réponses précises.

J’ai moi-même été choquée en regardant le film. Il semble qu’au mieux, le gouvernement américain ait été au courant des attentats prévus. Qu’il ait peut-être tout fait pour les faciliter. Qu’au pire il les ait lui–même organisés. Quoiqu’il en soit, c’est immonde. Et la vérité fait peur.
Il est très difficile d’admettre – même si l’on soupçonne déjà l’insondable cynisme de nos dirigeants – qu’un gouvernement ait accepté de sacrifier des milliers de vie, qui plus est celles de compatriotes, à des intérêts individuels, soi-disant supérieurs. C’est tout bonnement inconcevable. C’est une réalité que nous ne voulons pas connaître, aux implications immenses.

Quand le livre de Thierry Meyssan est sorti, j’ai, comme vous, ri de concert. Je ne l’ai pas lu, et je n’ai d’ailleurs même pas envisagé de l’acheter.
Or, les arguments qui démolissent Loose change ne sont pas valables. Taxer quelqu'un de conspirationniste, d’illuminé, ou de propagandiste sans démontrer qu’il a tort n’est pas faire preuve de lucidité. Il est grand temps pour nous d’enlever nos œillères, et de retrouver un semblant d’esprit critique.
Aussi, je vous invite à regarder ce documentaire, sans a priori, le cerveau en éveil, et à y apporter votre propre jugement.

Parce qu’il est complexe, dense, long, et pas tout à fait complet, j’ai essayé de vous faire une synthèse (non-exhaustive) des faits et arguments que j’ai collectés sur la toile, et qu’il reprend en grande partie.


Chapitre I


I. Un bref rappel des faits officiels :

Le 11 septembre 2001 au petit matin, quatre avions de ligne américains sont détournés simultanément par des commandos composés de dix-neuf terroristes islamistes.
· ð Deux Boeing 767 (les vols American Airlines 11 et United Airlines 175) heurtent successivement les tours 1 et 2 (nord et sud) du World Trade Center, à New York. Elles s’écroulent peu de temps après. 2 749 morts.
· ð A 9h38, un Boeing 757 (vol AA77) s'écrase sur une aile du Pentagone.
· ð Un autre Boeing 757 (vol UA93) s'écrase en pleine campagne, non loin de la ville de Pittsburgh en Pennsylvanie, après l'intervention des passagers – dont quelques-uns ont pu appeler leur famille - contre le commando; on présume qu’il se dirigeait vers la Maison Blanche ou vers le Capitole à Washington.
· ð A 17h21, une troisième tour du World Trade Center, la tour 7 (WTC 7) s’effondre à son tour « suite aux dégâts causés par l'effondrement des deux tours du WTC, et de l'incendie qui s'était déclaré ensuite à l'intérieur du bâtiment ».
Les attentats font officiellement 2 986 victimes, dont 236 ne sont pas des ressortissants américains. 80 personnes sont portées disparues. Les victimes se répartissent comme suit :
Au World Trade Center à New York :
· ð 2 595, dont 343 pompiers, dans les tours
· ð 92 passagers du vol 11 d'American Airlines et 65 du vol 175 d'United Airlines
Au Pentagone à Washington :
· ð 125 dans le bâtiment
· ð 64 passagers du vol 77 d'American Airlines
Les 45 passagers du vol 93 d'United Airlines à Shanksville en Pennsylvanie

Le 23 septembre, Condoleezza Rice, au cours d’une conférence de presse, annonce : « Nous avons la preuve irréfutable qu’Oussama Ben Laden et les Talibans sont liés aux attentats du 11 septembre, et nous la diffuserons en temps voulu. »


Le 7 octobre 2001, après des opérations d’infiltration, début de l’opération « Liberté immuable » en Afghanistan pour dénicher Ben Laden et destituer les Talibans.

Le 26 octobre, le USA Patriot Act (Uniting and Strengthening America by Providing Appropriate Tools Required to Intercept and Obstruct Terrorism Act ) est voté.

Le 20 mars 2003, début des bombardements et des opérations militaires en l’Irak, parce que Saddam Hussein détient des armes de destruction massive, et que, lié à Al Qaïda, il est susceptible de s’en servir contre les Etats-Unis.

Le 22 juilllet 2004, le rapport de la commission 9/11, chargée d’enquêter sur les évènements du 11 septembre, confirme la version officielle sur les attentats du 11 septembre.
Chapitre II
II. Une version qui ne tient pas la route

La première série de questions que l’on doit se poser concerne les attaques elles-mêmes et repose sur les images qui ont été filmées et les témoignages et interviews entendus directement après le drame. Elle démolit la cohérence de la thèse officielle soutenue par le gouvernement. C’est la série des « comment ? ».

1. Concernant le vol 77 du Pentagone :
· ð Comment un Boeing 757 s’encastrant dans un bâtiment peut-il n’y faire qu’un trou d’environ 20 mètres de diamètre, ridiculement petit au regard de ses dimensions (38 m d’envergure, 47,3 m de long, 14 m de hauteur ?
· ð Comment le toit du Pentagone a-t-il pu rester intact pendant quelques instants – avant que l’ensemble de la structure extérieure s’effondre - malgré l’impact du choc et la hauteur de l’avion ?
· ð Comment un Boeing 757 peut-il se volatiliser dans une explosion, ne laissant aucune trace derrière lui (ni fuselage, ni moteurs, ni boîtes noires, ni rien d’autre), quand les corps qu’il contenait, ont, selon les autorités « pu être identifiés grâce à leur ADN et à leurs empreintes digitales ».
· ð Comment cette explosion, forcément monstrueuse, a-t-elle pu ne pas endommager l’écran d’ordinateur, le bureau ou le tabouret en bois, ou encore les livres laissés à proximité de l’endroit de l’impact ?
·
· ð Comment un pilote débutant a-t-il pu réaliser une prouesse technique, au regard de la trajectoire et de l’angle de percussion de l’avion ? Au mois d’août 2001, Hani Hanjour n’était pas jugé par son centre de formation capable de piloter correctement un petit appareil monomoteur de type Cessna 172.
· ð Comment se fait-il qu’aucun pilote n’ait pu réitérer cette même prouesse sur simulateurs, malgré des dizaines de tentative ?
· [ Pour plus d'information, voir une video, ici ]

2. Concernant le vol 93, écrasé à Pittsburgh :
· ð Même question sur l’explosion qui aurait « dissous » le Boeing, dont il ne restait qu’un tas de morceaux de ferraille non-identifiables, au fond d’un trou encore une fois ridiculement petit.
· ð Comment se fait-il que des passagers aient pu téléphoner à bord d’un Boeing, en altitude et en vitesse de croisière, à une époque où les avions d’United Airlines n’étaient équipés d’aucun relais adéquat ? Chance de succès d’un seul coup de fil à haute altitude : 0,6 %.

3. Concernant les tours 1 et 2 (Nord et Sud) du World Trade Center :

[Basé en partie sur les propos de 911Physics (IP:xxx.x10.72.223) postés le 27 mars 2006 à 05H11 sur Agora Vox , d’après « Why Indeed Did the WTC Buildings Collapse ? » que son auteur le professeur Steven E. Jones du département de physique et d’astronomie de l’université Brigham Young University Provo, UT 84602 (Université de l’Utah) a présenté sous le titre "Molten metal, flowing and in pools, on 9/11/2001" au Snow College de la Utah Academy of Sciences, Ephraim, Utah, le 7 avril 2006. On trouvera le texte intégral de cette communication ici. ]


A propos de l’effondrement :
· ð Les tours sont tombées à la vitesse d’une chute libre, ce que la théorie de l’empilement des étages (pancake theory) ne peut expliquer: la quantité de mouvement apparente est restée constante y compris dans la chute des étages inférieurs, alors même que le poids des étages supérieurs était grandement diminué du fait de leur pulvérisation;
· ð Le bloc de la tour surmontée d’une antenne, composé des étages situés au-dessus de l’impact (et donc au-dessus de la colonne centrale qui se serait affaissée avant les structures horizontales selon la thèse officielle ) part lui aussi en poussière et plus étrange encore, le mouvement de bascule qu’il amorce dans un premier moment se corrige et le bloc revient dans l’axe de la chute avant de rejoindre l’onde de pulvérisation, ce qui est contraire aux lois de la chute des corps. Ajoutons qu’il y a une loi d’entropie qui prévoit que dans une chute non pré-ordonnée, a structure ne tombera pas dans son empreinte au sol mais basculera (comme on le voit dans les séismes naturels)
· ð L’onde de pulvérisation qui "mange" la tour dans sa chute est plus rapide que la vitesse d’une chute libre, c’est à dire que des destructions en aval la précèdent. D’où l’hypothèse logique d’une vague d’explosions qui progresse à une vitesse supérieure à la chute libre des masses. (Sans explosions, les masses inférieures finiraient par bloquer la progression du front de destruction).
· ð C’est l’explosion du kérosène présent dans les réservoirs de l’avion qui est supposé avoir provoqué l’incendie. Or, le kérosène brûle relativement vite. Pour que le feu s’entretienne, il devait se nourrir d’oxygène et des matières inflammables présentes dans la tour : bureaux, ordinateurs, photocopieuses, papier, moquettes. Le noyau du bâtiment, qui soutenait l’ensemble de la structure, ne contenait aucune matière inflammable, à part un peu de moquette. Et l’architecte Aaron Swirsky avait conçu le bâtiment en compartimentant les étages du noyau de façon hermétique. de telle manière qu’un incendie ne puisse pas se répandre le long de sa « colonne vertébrale ».
· ð Pas plus que le kérosène ne peut fondre du métal, le béton ne peut être réduit en poussière impalpable par la seule force des chocs produits dans sa chute. Selon Jeff King, physicien diplômé du MIT et ancien ingénieur en électronique, un nuage de poussière du type de celui qui a envahi les rues de New York ne peut apparaître que dans deux cas en milieu naturel : dans les éruptions volcaniques, et dans les courants de turbidité, le long des failles continentales. Leur point commun est la large quantité de matière dense suspendue dans un fluide. Une chute ne peut en aucun cas pulvériser la matière dense qu’est le béton de cette manière.

A propos des hypothétiques explosions :
[Basé en partie sur les propos de charmord (IP:xxx.x0.87.13) postés le 24 mars 2006 à 14H53 sur Agora Vox ]
· ð D’innombrables témoignages Live font état d’"explosions", d’"explosions secondaires", "secondary devices", "bombs planted in the buildings"
· ð Dans le reportage "eyewitness" tourné en live depuis Hoboken, on entend distinctement plusieurs explosions majeures avant et pendant la chute des tours, sans compter que le résultat de celles-ci (fumées importantes) est visible tant à la base qu’aux étages supérieurs des tours. (A voir ici )
· ð Des personnes ont non seulement entendues les explosions alors qu’ils se trouvaient aux sous-sols des bâtiments ( niveau -1), mais ont été brûlées, quelques secondes avant l’impact de l’avion. (voir le témoignage, ici, d’un dénommé William Rodrigues, dont un collègue était en lambeaux suite à ladite explosion et dont le témoignage fut refusé par la commission d’enquête 9/11)
· ð Ce témoignage semble corroboré par les images du film des frêres Naudet, où l’on voit que le lobby du rez-de-chaussée a été soufflé par une explosion qui ne peut être due au crash d’un avion, 250 à 300 mètres plus haut.
· ð On a enregistré une onde sismique très importante quelques secondes avant la chute de la première tour. Retenons qu’une onde sismique de ce type n’a jamais été enregistrée lors de destructions au-dessus du sol (immeuble de Oklahoma city notamment)
· ð Les explosions entendues et ressenties par les témoins semblent correspondre effectivement à ces pics sismographiques ressentis dans une station d’observations située à 30 km des TT.
· ð Trois mois après l’effondrement des tours, on retrouvait des flaques d’acier fondu, toujours fumantes, dans les sous-sols de Ground Zéro.

4. Concernant la tour 7 du World Trade Center :
· ð Comment une tour dont les structures sont en acier, bâtie selon les techniques les plus modernes, peut-elle s’effondrer subitement suite à un incendie mineure ? C’est une première historique dans l’histoire des Etats-Unis, malgré de nombreux précédents d’incendie dans des gratte-ciels.
· ð Mêmes questions que pour les autres tours concernant la manière et la vitesse d’effondrement.
· ð La théorie de la propagation d’une onde de choc n’est pas valable. Aucune explication n’a jamais été donnée.

Jimmy Walter, un multimillionnaire américain, s’est engagé à verser un millions de dollars à l’expert qui serait capable de démontrer devant un jury de scientifiques, d’ingénieurs et de physiciens, que les deux tours et le bâtiment n°7 du World Trade Center ont pu s’effondrer sans le recours à des explosifs, en se basant sur les images vidéo des effondrements (Voir ici ).Cette offre a été faite en 2005. A ce jour aucun ne s’est proposé.
Chapitre III. 1
III. Un faisceau d’indices qui mettent en cause la haute administration américaine


La seconde série de questions est liée à des faits qui se sont déroulés avant, pendant et après le 11 septembre, et qui vont à l’encontre de la thèse Al Qaida. Ils ouvrent des pistes de réflexion, et tendent à démontrer l’implication en amont de Bush et de sa clique. C’est la série des «pourquoi ?».

1. Bien avant le 11 septembre – une petite histoire américaine des coups tordus
· ð Pearl Harbor – déc. 1941. Le gouvernement américain souhaite intervenir en Europe. Roosevelt pond un plan en 8 points pour pousser le Japon à attaquer les Etats-Unis. Entre autres, les japonais devaient tirer les premiers ; Ils devaient croire que leurs codes n’avaient pas été déchiffrés ; La flotte devait être vulnérable ; Les officiers de service devaient avoir les mains liées. Selon un sondage Gallup, la veille de Pearl Harbor, seuls 16 % des américains soutenaient l’entrée dans la guerre des US. Le lendemain, un million d’hommes se portaient volontaires pour combattre.
· [Ils en parlent ici et là ]
· ð Vietnam – août 1964. L’attaque dans le Golfe du Tonkin de deux torpilleurs américains précipite les US dans la guerre du Vietnam, en fournissant à Lyndon Johnson les arguments nécessaires à convaincre le Congrès et le Gouvernement. La Résolution du Golfe du Tonkin est signée. Or les attaques n’ont jamais eu lieu. Ross Perot, membre d’équipage de l’un des torpilleurs, a avoué plus tard qu’ils n’ont pas été agressés, et ont fait semblant de riposter contre des cibles fantômes. 3 millions de vietnamiens et 58 000 américains tués.
· [L'article de Wikipedia]
· ð Cuba - mars 1962. Les Etats-Unis cherchent un prétexte pour envahir Cuba. Selon James Bamford, auteur de « A pretext for War », plusieurs scenarii sont alors envisagés. Ils sont réunis dans un rapport intitulé « Opération Northwoods ». Certains d’entre eux prônent une simulation d’attaques terroristes sur le territoire américain et l’incrimination de Fidel Castro. Un rapport des services secrets américains présente un plan plus complexe. Il s’agit d’emplir un avion de ligne d’agents secrets déguisés en « étudiants » , de médiatiser ce vol et de le faire décoller depuis Miami. Peu après l’avion se pose sur une base secrète. Un autre avion, même modèle mais vide et piloté depuis le sol, décolle de la même base. Quand l’avion survole Cuba, on entend l’enregistrement d’un appel de détresse du genre « au secours, on nous tire dessus ». L’avion explose dans la Mer des Caraïbes quelques minutes plus tard. On peut alors accuser Cuba de la mort de ces étudiants. A la même époque, l’astronaute John Glenn devait partir pour sa première mission dans l’espace. Il avait été décidé qu’en cas d’explosion de la fusée au décollage, on accuserait Cuba de sabotage, à l’aide de preuves fabriquées de toute pièce. Ces projets, après avoir été validés par tout l’état-major américain, échouent sur le bureau du Ministre de la Défense de l’époque, McNamara, qui refuse de les avaliser.
· [ Ils en parlent ici où vous trouvez le texte du memorandum, et là ]
· ð La première guerre d’Irak – 1990. George H. W. Buh veut attaquer l’Irak, dont les Koweitiens ont tendance à lorgner sur les puits de pétrole. L’opinion publique est partagée. La Commission parlementaire entend alors le témoignage d’une jeune Koweitienne de 15 ans qui refuse de donner son nom « par peur des représailles ». Elle raconte qu’elle a vu des soldats irakiens entrer dans des hôpitaux, se saisir des bébés en couveuse, et les laisser agoniser sur le sol. L’opinion publique est révoltée. L’opération « Tempête du désert » peut commencer. 135 000 irakiens sont tués. 1 million d’entre eux, surtout des enfants et des vieillards, meurent en 10 ans suite aux sanctions.
· La chaîne canadienne CBC, dans un reportage d’investigation, révèle que la jeune femme en question était la fille de l’ambassadeur du Koweit à Washington. Elle a appris son texte et répété avec l’agence de communication « Hill & Knowlton ». Il s’agissait de la première phase d’une opération de désinformation à 10 millions de dollars, élaborée conjointement par le Koweit et les Etats-Unis. Il n’y a jamais eu de bébé tué.
· Colin Powell a montré à cette époque des photos satellites montrant 2500 tanks irakiens massés à la frontière saoudienne. Un journaliste du St Petersburg Times a obtenu du gouvernement russe les images satellite en question : on n’y voit aucun tank. Colin Powell lui-même a admis des années plus tard avoir menti, devant un parterre de journalistes.
· ð Premier attentat sur le World Trade Center – 1993. Il a été établi que le FBI avait organisé l’attaque du World Trade Center en 1993. Pour un montant d’un million de dollars, ils avaient engagé un officier de l’armée égyptienne de 43 ans à la retraite, du nom d’Ahmad Salem, et l’avaient fourni, lui et son équipe, en explosifs et en détonateur. Mais Ahmad Salem pensait qu’il s’agissait de faire exploser quelques bombes sans conséquence. Paniqué, il a téléphoné au directeur du FBI à New York et a enregistré sur bande sonore l’ordre lui enjoignant de continuer. Cette bande se trouve aux Archives Nationales. Le FBI a admis les faits. Les medias américains en ont un peu parlé.
· ð « The Project for the New American Century » - sept. 2000. Quand George W Bush a été élu en 2000, il a nommé Dick Cheney Vice-président, Donald Rumsfeld Secrétaire d’Etat, et Paul Wolfowitz Secrétaire adjoint de la défense. Tous avaient déjà servi les administrations Reagan et Bush père. Paul Wolfowitz est tout particulièrement connu comme le cerveau de la branche néo-conservatrice du mouvement républicain. Cela fait des années qu’il ressasse l’idée selon laquelle les Etats-Unis doivent revoir leur engagement dans les lois et traités internationaux et dans les organisations multilatérales comme les Nations Unies. Ses projets de domination militaire américaine apparaissent d’abord durant le mandat de Bush père. En 1992, alors qu’il travaille au Ministère de la Défense, on lui demande d’écrire les grandes lignes d’une nouvelle stratégie de sécurité nationale. Il les rassemble dans un document nommé « defense planning guidance ». Parmi, les éléments controversés de ce qui devait devenir la « Doctrine Wolfovitz », une exhortation à augmenter considérablement le budget militaire américain, à prendre des mesures préventives pour empêcher toute nation hostile de dominer dans n’importe quelle région du monde, et à faire usage de la force, avec ou sans alliés. Cela afin d’éviter l’émergence de tout nouveau rival à la domination américaine, et de sécuriser l’accès aux ressources pétrolières, notamment dans le Golfe Persique.
· En 2000, les néo-conservateurs rédigent un nouveau document. Son titre : « Projet pour un nouveau siècle américain ». Ce document reprend peu ou prou la Doctrine Wolfovitz. Il estime qu’il faut augmenter le budget de la défense à 100 milliards de dollars, refuser aux autres nations le droit d’explorer l’espace, et adopter une politique étrangère plus agressive afin de promouvoir les principes américains dans le monde, et de permettre aux Etats-Unis d’agir de façon préventive où bon lui semble. L’élimination de pays comme l’Irak y figure en bonne position.
· Les plus durs parmi les conservateurs savent cependant que la doctrine est trop radicale pour gagner l’adhésion des Affaires Etrangères, de l’ensemble du parti républicain et du peuple américain.
· Dans la dernière version, datée de septembre 2000, il est dit qu’il est « probable que ce processus de transformation, même s’il amène des changements révolutionnaires, prenne beaucoup de temps, à moins d’un évènement catastrophique et catalyseur, comme un nouveau Pearl Harbor. ». Un an plus tard, le vœu est exaucé.

2. Juste avant le 11 septembre – des « coïncidences » troublantes
Du côté des services secrets et du FBI, la théorie de l’incompétence
· ð En juillet 2001, Ken Williams du FBI de Phoenix, écrit un mémo au quartier général suggérant de mettre en place un programme de surveillance des écoles de pilotage. Cette suggestion est supprimée des documents par une branche radicale du FBI.
· ð En août 2001, le bureau du FBI de Minneapolis interroge Zacarias Moussaoui qui a été arrêté, et dont on dit aujourd’hui qu’il aurait dû être le 20ème pirate de l’air. Un des agents écrit qu’il le suspecte de vouloir détourner un avion pour le lancer sur le World Trade Center. Son enquête est brutalement bloquée. Au QG du FBI, on a déjà eu accès au mémo de Phoenix, mais l’équipe de Minneapolis n’en est pas informée avant le 11 septembre.
· ð En janvier 2001, un agent de Chicago, Robert Wright, a dû clore brutalement une enquête de trois ans qu’il menait sur une cellule terroriste. Trois mois plus tard, il a accusé par écrit le FBI de ne pas chercher à prévenir une attaque terroriste, mais de « se contenter d’organiser des réunions pour savoir qui arrêter quand cela arriverait. » Le FBI l’a empêché de publier le livre de 500 pages qu’il a écrit après le 11 septembre.
· ð Les responsables de ces blocages ont tous été promus et/ou décorés en 2002.
· ð Selon le Figaro du 31 octobre 2001, Ben Laden hospitalisé à Dubai du 4 au 14 juillet 2001, reçoit une visite du représentant local de la CIA. « Selon différentes sources diplomatiques arabes et les services de renseignements français eux-mêmes, des informations très précises ont été communiquées à la CIA concernant des attaques terroristes visant les intérêts américains dans le monde, y compris sur le territoire de l'Union. » Le texte intégral est ici.

Dans le monde des affaires, délits d’initiés ?
· ð Le 24 juillet 2001, soit six semaines avant le 11 septembre, un business man américain, du nom de Larry Silverstein, qui possédait déjà la tour 7 du WTC, signe un bail de 99 ans pour 3,2 milliards de dollars sur l’ensemble du complexe. Il prend une assurance pour un montant de 3,55 milliards de dollars couvrant spécifiquement des actes de terrorisme. Après le 11 septembre, il affirme que l’effondrement des deux tours est le fruit de deux attaques différenciées. Il demande donc 7,1 milliards de dollars. En juin 2004, selon le journal Forbes (ici) , le tribunal de la ville de New York lui donne raison et lui accorde la somme de 4,6 milliards. Plus-value espéré: 1,4 milliards de dollars. Malheureusement pour lui, lLe 6 décembre 2004>, la cour d’appel ne tranche finalement « que » pour 2,4 milliards de dollars.
· Or, selon Nicolas Schirrer (ici), « en faisant quelques recherches sur les finances du World Trade Center on se rend vite compte que tous les analystes et journalistes financiers de New York s'accordaient à dire, depuis 1993 au moins (et l'attentat à la bombe dans le parking du WTC), que le complexe était un échec en terme de rentabilité. Sur le marché ultra compétitif de l'immobilier à Manhattan, le World Trade Center ne dégageait que 200 millions de dollars de revenus à l'année, en 2000. Or au moment de son rachat par Silverstein, le WTC nécessitait quantité de travaux pour remplacer les matériaux qui se révélaient être dangereux pour la santé, des travaux évalués à au moins 200 millions de dollars, eux aussi. » C’est ce qu’explique très bien Business Week dans un article (ici) daté du 5 octobre 2001.
· ð La semaine précédent les évènements, les mouvements boursiers d’options de vente des entreprises American Airlines, United Airlines, et Boeing connaissent des pics sans précédent, quatre fois supérieurs à la moyenne. Le 6 septembre, 3150 options de vente sont placées sur la compagnie United Airlines. Le 10 septembre, 27294 options de vente sont placées sur Boeing, et 4516 sur American Airlines, soit respectivement plus de 5 et 11 fois leur moyenne quotidienne. Le rapport d’enquête de la commission 9/11 stipule que « les détenteurs de ces actions n’ayant aucun lien avec Al Qaïda, il ne peut s’agir de délits d’initiés ».

Au World Trade Center, on vide les lieux à plusieurs reprises
· ð Le week-end d’avant le 11 septembre, il y a eu des pannes de courant inhabituelles.
· ð La semaine précédent le 11 septembre, plusieurs exercices d’évacuation se sont déroulés.
· ð Les chiens renifleurs d’explosifs ont été retirés du WTC le 9 septembre.

Sur la scène politique, des prémonitions ?
· ð 10 septembre. Le journal Newsweek rapporte qu’un certain nombre de hauts gradés du Pentagone annulent leur plan de vol pour le jour suivant.
· ð Le maire de San Francisco, Willie Brown, reçoit un appel de Condoleezza Rice l’avertissant de ne pas prendre l’avion le lendemain matin.

Ailleurs dans le monde, ça tombe bien
· ð Selon CBS news (ici), le 10 septembre, au Pakistan, dans un hôpital militaire, tous les urologues sont remplacés par une équipe spéciale dont le rôle est de s’occuper d’un invité d’honneur, Oussama Ben Laden.
· ð Le même jour, le commandant Massoud, chef de guerre indépendant et leader de l’opposition afghane, est assassiné. C’est Hamid Karzai, ancien vice-président d’Halliburton, la compagnie pétrolière de Dick Cheney, qui le remplacera à la tête du gouvernement afghan, après la fuite des talibans.
Chapitre III. 2
3. Le 11 septembre 2001 - un enchaînement suspect d’évènements et de comportements
Pourquoi l’armée de l’air américaine n’est-elle pas intervenue ?
· ð Il existe des procédures d’urgence, perfectionnées au fil du temps et efficaces, et auxquelles tous les personnels au sol et en vol sont formés.
· Exemple : le 26 octobre 1999 : un charter Learjet transportant le golfeur Payne Stewart s’écrase sans faire de survivant. Le rapport du National Transportation Safety Board expose les faits : un aiguilleur du ciel tente de prendre contact avec le pilote. Au bout de 4mn30, en l’absence de réponse, il fait appel à l’armée de l’air. 16mn plus tard, un F-16 trouve l’appareil, à 4900m d’altitude, l’inspecte de visu. 5mn plus tard, il tire.
· Il n’est pas nécessaire de se référer à la très haute administration militaire pour faire intervenir un chasseur dans le cadre d’une inspection. Pourquoi, dès lors, les deux premiers avions n’ont-ils pas été interceptés, puis escortés le temps de prendre une décision ? Alors que deux avions s’étaient déjà écrasés sur le World Trade Center, comment se fait-il qu’un troisième ait pu survoler la Maison Blanche et se diriger vers le Pentagone sans être inquiété ?
· ð Il existe à Washington une base aérienne militaire, celle d’Andrews, et qui est située à 19 km de la Maison-Blanche. L’avion du Président, Air Force One, y est basé, de même que deux escadrons d’intercepteurs prêts au combat pour assurer la sécurité de la capitale. Selon Barry Zwinkler, un journaliste canadien qui a enquêté sur la question de l’incompétence présumée de l’armée de l’air américaine, le 121ème escadron de chasse de la 113ème division équipé de F-16, et le 321ème escadron de chasse du 49ème groupe de la marine, détachement A, équipé de F-18 se trouvaient sur le base d’Andrews le matin du 11 septembre. Cette information était disponible sur le site de la base ce même jour. Le 12 septembre, Andrews a mis son site à jour : plus aucune mention n’est faite des avions de chasse. Pourtant, la NBC précise dans son édition de 18h30, de même que de nombreux autres medias, que « ce n’est qu’après l’attaque du Pentagone que l’armée a décidé de déployer les F-16 et les F-18 depuis la base d’Andrews, pour former un bouclier au-dessus de Washington. » Le Nord-Est des Etats-Unis compte beaucoup d’autres bases aériennes. Mais aucun avion ne répond à temps le matin du 11 septembre. Malgré la gravité de cet état de fait, personne au sein de l’armée n’a jamais été tenu pour responsable, ni blâmé. La théorie de l’incompétence ne tient pas la route.
· ð Michael Ruppert, autre enquêteur, a une autre théorie : les chasseurs se seraient « perdus ». Il explique que de multiples exercices militaires aériens avaient lieu ce jour là. Des chasseurs américains avaient été envoyés au Canada, en Alaska occidental, et en Alaska du Nord. Ils travaillaient à un exercice… de détournement d’avion. Un autre exercice, toujours selon Ruppert, destiné lui aux postes de contrôle, se déroulait sous le nom de Vigilan Guardian. Il consistait à diffuser de faux signaux radars dans le secteur de défense Nord-Est. Cela a été confirmé par le Général Richard Meyers, président à l’époque des chefs d’état-major. Un troisième exercice enfin, nommé Vigilant Warrior, consistait selon une source du NORAD en une prise d’otages en vol. Ces trois exercices auraient eu lieu simultanément. Il ne restait que huit chasseurs à disposition, confrontés à 22 détournements d’avion, et incapables de différencier les exercices des attaques.

Cafouillages au Pentagone :
· ð Donald Rumsfeld en personne, présent dans les locaux du Pentagone (mais à l’autre bout du bâtiment) à l’heure fatidique, interviewé le 12 Octobre 2001 par un journaliste de la revue "Parade Magazine" : "It is a truth that a terrorist can attack any time, any place, using any technique and it’s physically impossible to defend at every time and every place against every conceivable technique. Here we’re talking about plastic knives and using an American Airlines flight filed with our citizens, and the missile to damage this building and similar (inaudible) that damaged the World Trade Center." L’interview est disponible sur le site du Ministère de la Défense américain, ici.
· ð La confiscation des cassettes de vidéosurveillance d’une station essence située à deux pas du Pentagone, deux minutes après l’impact, est troublante. De même pour celles filmées par les caméras de surveillance situées sur le toit de l’Hôtel Sheraton. Le Département des Transports de Virginie était équipé de caméras qui auraient filmé l’appareil alors qu’il passait au-dessus de l’autoroute 27. Les bandes n’ont jamais été rendues publiques.
· ð La confiscation de toutes les cassettes de vidéosurveillance du Pentagone lui-même pose un problème. Le seul extrait qui a été donné aux médias ne montre aucun avion. On y voit juste une explosion. Etonnant, n’est-il pas, que le QG de la première armée du monde soit protégé par des caméras défectueuses ?

4. L’après 11 septembre – dissimulations et solidarités partisanes

La mise en accusation de Ben Laden et d’Al-Qaïda
· ð Les terroristes sont identifiés en 24h. Selon la BBC (ici), le 23 septembre 2001, au moins 4 sont pourtant encore en vie.
· ð Le 13 septembre, le Secrétaire d’Etat américain Colin Powell met officiellement Oussama Ben Laden en cause. Le 23 septembre, Condoleezza Rice, au cours d’une conférence de presse, annonce : « Nous avons la preuve irréfutable qu’Oussama Ben Laden et les Talibans sont liés aux attentats du 11 septembre, et nous la diffuserons en temps voulu. »
· ð Le 13 décembre, le Pentagone diffuse un enregistrement vidéo d'Oussama Ben Laden revendiquant les attentats. La cassette est présentée comme une preuve irréfutable. Il ne peut s’agir de celle promise par Condoleezza Rice, puisque le time code de la vidéo indique le 9 novembre comme date de tournage. Où est-elle donc, cette preuve promise ?
· ð Cette vidéo est de plus très controversée. Ben Laden a, en effet, adressé dès le 12 septembre un communiqué à Al Jazeera niant toute implication dans les évènements de la veille. Il réitère peu après cette affirmation auprès de journalistes pakistanais, en ces termes : "J'insiste pour dire que je n'ai pas perpétré cet acte, qui apparaît avoir été perpétré par des individus avec leur motivation propre. ... J'ai déjà dit que je n'étais pas impliqué dans les attaques de 11 septembre contre les Etats Unis... Je n'avais aucune connaissance de ces attaques." Ce retournement de situation est pour le moins suspect.
· A ce sujet, lire par exemple l’article du Guardian (en anglais) , ou celui de Kevin Barret (ici) dont voici un extrait : « La qualité du son et de l'image vidéo était horrible. La vidéo montrait un grand type avec une barbe noire, faisant une pâle imitation de la voix de Ben Laden, revendiquant une connaissance préalable, si ce n'est une responsabilité, des attaques du 11 septembre, et se réjouissant de leur succès. Le problème était que le grand type n'était clairement pas Ben Laden. Il pesait au moins 20 ou 25 kilos de plus, et les lignes de son visage étaient manifestement différentes. C'est peut-être en raison de l'hilarité générale provoquée par le " gros Ben Laden " que le message d'outre-tombe suivant n'avait pas d'images ; c'était une cassette audio remise à Al Jaezira à l'automne 2002. La CIA l'a authentifiée et a alors reçu une grande claque quand, en Suisse, les plus grands experts au monde en matière d'identification de la voix ont annoncé que "le message avait été enregistré par un imposteur." Depuis lors, chaque message de Ben Laden a été également faux. Ils sont publiés à des moments où le régime Bush a besoin d'un coup de pouce et les médias américains s'accommodent bien de la supercherie. » (14 février 2006 - L'auteur est docteur en arabe avec une spécialité en études islamiques de l'université de Wisconsin à Madison. Converti à l’islam en 1992, il est un des co-fondateurs en novembre 2004 de l'alliance des Musulmans-Juifs-Chrétiens (ici) pour la vérité sur le 11 septembre . )


Destruction de preuves et obstruction aux enquêtes
· ð Les travaux de déblaiement de Ground Zero ont commencé immédiatement. Les décombres du Pentagone ont été enlevés ... 48 heures après l'évênement. « On » s'est empressé de vendre la ferraille des tours jumelles à des entreprises asiatiques. Des experts mandatés ont été empêchés d’enquêter sur les lieux.
· ð Le NIST (National Institure of Standards and Technology), chargé d’enquêter sur les causes de l’effondrement du WTC, n’a pu en sauver que 200 à 240 morceaux. Tout le reste a été envoyé dans des décharges et très vite recyclé.
· ð Le premier rapport sur l’effondrement des tours, a été rédigé par la FEMA (Federal Emergency Management Authority), « en association avec l’Association américaine de génie civil » (American Society of Civil Engineers). Mais l’équipe de volontaires de l’Association avait un accès restreint à Ground Zero. Ils ont dû récupérer la plupart des morceaux dans des décharges publiques, juste avant leur recyclage.
· ð Les bandes sonores des conversations entre l’aéroport de Cleveland et les pilotes des avions ont été détruites.
· ð Les boîtes noires des vols du WTC posent un problème. Certains des enquêteurs ont affirmé que l’on en a retrouvées 3 sur 4. La version officielle dit qu’aucune n’a été trouvée, et qu’elles ont été détruites dans l’explosion des avions.

Une enquête officielle biaisée

· ð L'enquête sur le World Trade Center a coûté 600 000 dollars. Celle sur Clinton dans l'affaire Lewinsky : 40 millions de dollars.
· Alors qu'après le crash de l'avion TW 800, on avait repêché l'appareil en mer et effectué une reconstitution coûteuse, aucune n'a été envisagée dans le cas du WTC.
· ð Pourquoi George Bush a-t-il refusé, jusqu'en décembre 2002 et jusqu'à ce que les familles des victimes le menacent de porter l'affaire en justice, qu'une véritable commission d'enquête soit désignée, préférant laisser les comités de surveillance du Sénat et de la Chambre des Représentants mener l'enquête ? (Voir CNN, 20 janvier 2002, 'Bush asks Daschle to limit Sept. 11 probes' ; Newsweek, 4 février 2002, 'The Battle Back Home'). Pourquoi George Bush s'est-il opposé à la publication intégrale du rapport conjoint des comités de surveillance du Sénat et de la Chambre des Représentants ?
· ð Le 21 septembre 2002, sous la pression du Congrès américain et des familles des victimes, George W. Bush accepte finalement la création d'une Commission d'enquête indépendante sur les attentats du 11 septembre 2001. Elle sera appelée Commission 9/11.
· La commission ne dispose que d'un budget minimaliste de trois millions de dollars et est contrôlée par de roués politiciens représentant toutes sortes d'intérêts particuliers. Ainsi, Henry Kissinger, nommé pour la présider, refuse de révéler le nom des sociétés auxquelles il délivrait des conseils, et doit démissionner au bout de deux semaines (voir à ces sujet la revue de presse de l'ambassade de France du 5 décembre 2002 - ici ).
· Il est remplacé par Thomas Kean, dont il est de notoriété publique qu'il entretient des liens d'affaire étroits avec la famille Ben Laden et la famille Ben Mahfouz. Ce dernier est considéré comme l'un des principaux bailleurs de fonds du terrorisme islamique dans le monde (Voir "Who's Who on the 9/11 "Independent" Commission" de Michel Chossudovsky, dans Global Research on Globalization - 18 juillet 2003 dans L'Idiot). En effet, Thomas Kean est directeur (et actionnaire) d'Amerada Hess Corporation qui participe à la coentreprise Delta-Hess avec Delta Oil d'Arabie saoudite, laquelle appartient aux clans ben Mahfouz et Al-Amoudi. Delta-Hess a été créée en 1998 pour la mise en valeur et la prospection de champs pétrolifères dans la région de la mer Caspienne. En Azerbaïdjan, Delta-Hess a une participation de 2,72 % dans la société Azeri-Chirag-Gunashli et une autre de 20 % dans la société Garabaghki-Hursangi. Elle détient aussi des actions dans le pipeline Bakou-Tbilisi-Ceyhan (BTC).
· Placer M. Kean à la tête de la commission permet de jeter un voile sur la question du financement possible des terroristes par l’Arabie Saoudite et d’éviter de compromettre des affaires qui tournent.
· Des familles de victimes demandent la démission du directeur exécutif de la commission, Philip Zelikow, trop proche de Condoleezza Rice, avec qui il a co-écrit un livre. Le choix des témoins, des documents et des preuves à examiner lui appartient. En octobre 2001, Philip Zelikow était nommé par Bush membre du Foreign Intelligence Advisory Board, un organisme chargé de conseiller le Président sur les affaires sensibles. C'est donc un proche de Bush qui a été choisi pour diriger l'enquête sur les attentats du 11 septembre.
· Mais c’est un autre membre qui est remercié : Max Cleland, vétéran et invalide de guerre s'est dit écœuré par l'attitude d'obstruction de l'administration Bush et par son manque de volonté à ouvrir certains dossiers dans un article publié sur Salon.com : "The President Ought to be Ashamed : Interview with Max Cleland", Salon.com, Nov. 13, 2003. Après cette déclaration l'administration Bush a acheté son silence en le nommant membre de direction de la Banque d'Import/Export (Export-Import Bank) et en lui demandant, par la même occasion, de quitter ses fonctions au sein de la Commission.
· Des familles ont également réclamé la présence du sénateur Warren Rudman, en vain. Enfin, le représentant George Mitchell démissionne assez tôt de la vice présidence, vraisemblablement convaincu du caractère factice de cette commission. A posteriori, les autres commissionnaires paraissent en effet avoir été nommés pour jouer le rôle de factionnaires juchés sur le mur impénétrable du secret.
· ð Les décisions de valider les preuves et les témoignages et de les faire apparaître dans le Rapport sont prises à l’unanimité. Une seule voix contre, et le témoignage ou la preuve sont écartés.
· ð Selon la Commission deux millions et demi de documents, pour la plupart classés « secret défense », ont été consultés. Dans dix pays, mille deux cents personnes, dont les présidents Clinton, Bush et tous les responsables de l’administration américaine, ont été interrogées.
· Le rapport, publié en juillet 2004, revient sur la chronologie précise des évènements, les opérations de secours, le façon dont la journée du 11 septembre a été vécue à la Maison Blanche, et aussi par l’armée, l’administration et les services secrets.
· Il étudie la genèse des mouvements islamistes intégristes, présente la biographie des terroristes, analyse leurs sources de financement et leurs méthodes de combat. Il souligne également la vulnérabilité des États-Unis, la faiblesse de la protection des frontières et les failles du Renseignement. Enfin, il propose une réforme du système de sécurité américain et des relations des États-Unis avec le monde arabe.
· Pourquoi George Bush a-t-il demandé au leader de la majorité sénatoriale, Tom Daschle, de limiter l'enquête sur les événements du 11 septembre à une enquête sur les failles des services de renseignements ?
· [ Pour plus d'informations, lire le début de l'article « Le grand bluff », de Sacha Sher, en format pdf, dont j'ai tiré quelques extraits, et ceci.]
Conclusion
Conclusion : quelques pistes de réflexion pour une recherche de la vérité

Il semble aujourd’hui évident que la théorie officielle ne tient pas la route. Le peu d’inclination du gouvernement Bush à faire toute la lumière sur les évènements en mettant à disposition du public les pièces à conviction et les dossiers d’enquête concernant le 11 septembre paraît plus que suspecte.
En l’absence de ce matériel, aucune explication plausible ne pourra être élaborée.
C’est la raison pour laquelle les détracteurs de la thèse officielle prônent la réouverture du dossier. Dans leur combat pour mobiliser l’opinion publique américaine, ils sont soutenus financièrement par le multimillionaire américain Jimmy Walter.

Comme dans toute enquête criminelle, il serait bon de commencer par se poser quelques questions de base :
· ð A qui profite le crime ?
· ð Qui avait les moyens de le perpétrer ?
· ð Qui cherche à dissimuler des informations ?
· ð Qui a lancé l’opinion publique sur de fausses pistes ?

Reopen 9/11…

Jean-Clet Martin et la critique de la marchandisation - Mercredi 21 février 2007

Si comme moi vous ne connaissiez pas avant aujourd'hui, allez voir ce que nous raconte Jean-Clet Martin. Cela vaut le voyage !
Source
Son ouvrage est résolument critique de la marchandisation, des biens de consommation qui seraient sensés nous émerveiller. Ce qu'il veut dire, c'est que les poètes de la fin du 19ème ou du début du 20ème ont été émerveillés par les machines, etc. (voir les futuristes) et qu'aujourd'hui le monde industriel lié au capitalisme (pieds et poings liés !) nous fait tout simplement gerber.
Et il recherche la beauté et l'émerveillement ailleurs, nous invitant à le suivre dans un éloge de l'inconsommable, dont sont les oeuvres d'art quand elles en sont.

"Nous étonnera finalement ce qui refuse de passer, de se laisser détrôner par les prétentieuses nouveautés, jetées sur le marché de la consommation: l’inconsommable en quelque sorte, l’irrecevable, à l’instar de ces chaussures inutilisables dont Van Gogh a tracé sur une toile la présence inquiétante, toutes deux servant curieusement à chausser le même pied.
(...)
Consommer n’est pas créer mais s’abandonner plutôt aux besoins produits par un marché qui s’enrichit de cette dépendance. Il nous paraît impératif à cet égard de tracer la ligne suivant laquelle le désir et la consommation se tournent le dos, laissant poindre ainsi une force véritablement créatrice, une aptitude à percevoir dans la réalité ce que nous sommes capables de vouloir en attendre, augmentant alors, suivant la langue de Spinoza, notre puissance de persévérer dans l’être.
"

La mort des abeilles met la planète en danger - 20.08.07

GRAVISSIME si cette information est validée par d'autres sources.
Source : LES ECHOS, article de Paul Molga http://www.lesechos.fr/info/energie/4611614.htm?xtor=EPR-1000


Voir aussi la vidéo : http://www.blip.tv/file/347281/


Les abeilles s'éteignent par milliards depuis quelques mois. Leur disparition pourrait sonner le glas de l'espèce humaine.


C'est une incroyable épidémie, d'une violence et d'une ampleur faramineuse, qui est en train de se propager de ruche en ruche sur la planète. Partie d'un élevage de Floride l'automne dernier, elle a d'abord gagné la plupart des Etats américains, puis le Canada et l'Europe jusqu'à contaminer Taiwan en avril dernier. Partout, le même scénario se répète : par milliards, les abeilles quittent les ruches pour ne plus y revenir. Aucun cadavre à proximité. Aucun prédateur visible, pas plus que de squatter pourtant prompt à occuper les habitats abandonnés.


En quelques mois, entre 60 % et 90 % des abeilles se sont ainsi volatilisées aux Etats-Unis où les dernières estimations chiffrent à 1,5 million (sur 2,4 millions de ruches au total) le nombre de colonies qui ont disparu dans 27 Etats. Au Québec, 40 % des ruches sont portées manquantes.


En Allemagne, selon l'association nationale des apiculteurs, le quart des colonies a été décimé avec des pertes jusqu'à 80 % dans certains élevages. Même chose en Suisse, en Italie, au Portugal, en Grèce, en Autriche, en Pologne, en Angleterre où le syndrome a été baptisé « phénomène «Marie-Céleste» », du nom du navire dont l'équipage s'est volatilisé en 1872. En France, où les apiculteurs ont connu de lourdes pertes depuis 1995 (entre 300.000 et 400.000 abeilles chaque année) jusqu'à l'interdiction du pesticide incriminé, le Gaucho, sur les champs de maïs et de tournesol, l'épidémie a également repris de plus belle, avec des pertes allant de 15 % à 95 % selon les cheptels.
« Syndrome d'effondrement »


Légitimement inquiets, les scientifiques ont trouvé un nom à la mesure de ces désertions massives : le « syndrome d'effondrement » - ou « colony collapse disorder ». Ils ont de quoi être préoccupés : 80 % des espèces végétales ont besoin des abeilles pour être fécondées. Sans elles, ni pollinisation, et pratiquement ni fruits, ni légumes. « Trois quart des cultures qui nourrissent l'humanité en dépendent », résume Bernard Vaissière, spécialiste des pollinisateurs à l'Inra (Institut national de recherche agronomique). Arrivée sur Terre 60 millions d'année avant l'homme, Apis mellifera (l'abeille à miel) est aussi indispensable à son économie qu'à sa survie. Aux Etats-Unis, où 90 plantes alimentaires sont pollinisées par les butineuses, les récoltes qui en dépendent sont évaluées à 14 milliards de dollars.


Faut-il incriminer les pesticides ? Un nouveau microbe ? La multiplication des émissions électromagnétiques perturbant les nanoparticules de magnétite présentes dans l'abdomen des abeilles ? « Plutôt une combinaison de tous ces agents », assure le professeur Joe Cummins de l'université d'Ontario. Dans un communiqué publié cet été par l'institut Isis (Institute of Science in Society), une ONG basée à Londres, connue pour ses positions critiques sur la course au progrès scientifique, il affirme que « des indices suggèrent que des champignons parasites utilisés pour la lutte biologique, et certains pesticides du groupe des néonicotinoïdes, interagissent entre eux et en synergie pour provoquer la destruction des abeilles ». Pour éviter les épandages incontrôlables, les nouvelles générations d'insecticides enrobent les semences pour pénétrer de façon systémique dans toute la plante, jusqu'au pollen que les abeilles rapportent à la ruche, qu'elles empoisonnent. Même à faible concentration, affirme le professeur, l'emploi de ce type de pesticides détruit les défenses immunitaires des abeilles. Par effet de cascade, intoxiquées par le principal principe actif utilisé - l'imidaclopride (dédouané par l'Europe, mais largement contesté outre-Atlantique et en France, il est distribué par Bayer sous différentes marques : Gaucho, Merit, Admire, Confidore, Hachikusan, Premise, Advantage...) -, les butineuses deviendraient vulnérables à l'activité insecticide d'agents pathogènes fongiques pulvérisés en complément sur les cultures.
Butineuses apathiques


Pour preuve, estime le chercheur, des champignons parasites de la famille des Nosema sont présents dans quantités d'essaims en cours d'effondrement où les butineuses, apathiques, ont été retrouvées infectées par une demi-douzaine de virus et de microbes.


La plupart du temps, ces champignons sont incorporés à des pesticides chimiques, pour combattre les criquets (Nosema locustae), certaines teignes (Nosema bombycis) ou la pyrale du maïs (Nosema pyrausta). Mais ils voyagent aussi le long des voies ouvertes par les échanges marchands, à l'image de Nosema ceranae, un parasite porté par les abeilles d'Asie qui a contaminé ses congénères occidentales tuées en quelques jours.


C'est ce que vient de démontrer dans une étude conduite sur l'ADN de plusieurs abeilles l'équipe de recherche de Mariano Higes installée à Guadalajara, une province à l'est de Madrid réputée pour être le berceau de l'industrie du miel espagnol. « Ce parasite est le plus dangereux de la famille, explique-t-il. Il peut résister aussi bien à la chaleur qu'au froid et infecte un essaim en deux mois. Nous pensons que 50 % de nos ruches sont contaminées. » Or l'Espagne, qui compte 2,3 millions de ruches, est le foyer du quart des abeilles domestiques de l'Union européenne.


L'effet de cascade ne s'arrête pas là : il jouerait également entre ces champignons parasites et les biopesticides produits par les plantes génétiquement modifiées, assure le professeur Joe Cummins. Il vient ainsi de démontrer que des larves de pyrale infectées par Nosema pyrausta présentent une sensibilité quarante-cinq fois plus élevée à certaines toxines que les larves saines. « Les autorités chargées de la réglementation ont traité le déclin des abeilles avec une approche étroite et bornée, en ignorant l'évidence selon laquelle les pesticides agissent en synergie avec d'autres éléments dévastateurs », accuse-t-il pour conclure. Il n'est pas seul à sonner le tocsin. Sans interdiction massive des pesticides systémiques, la planète risque d'assister à un autre syndrome d'effondrement, craignent les scientifiques : celui de l'espèce humaine. Il y a cinquante ans, Einstein avait déjà insisté sur la relation de dépendance qui lie les butineuses à l'homme : « Si l'abeille disparaissait du globe, avait-il prédit, l'homme n'aurait plus que quatre années à vivre. »


PAUL MOLGA


Commentaires :
Jacky76 : Je pense qu'il est temps de prendre conscience du désastre commencé.
Etant apiculteur dans une région de monoculture HAUTE NORMANDIE ROUEN. Il y a quelques années un redement à la ruche de 20 à 80 kgs de miel depuis trois ans 10 kilos.
Cette année RIEN, je possède entre 40 et 50 ruches.
Miel de printemps RIEN.. zéro kilo
Les essaims 2007 ont été tout petits, souvent sans reine ou avec reine rénotoc. Ils sont aujourd'hui sur 5 à 7 cadres maxi avec un nourrissement.
Les reines greffages très moyen avec fécondation médiocre vue le temps. Depuis le 14 juin aucune reine les greffages n'ont pas pris.
Des abeilles ont disparu des ruches ??Et là toutes les hausses sont vides. Les corps de ruches n'ont plus de miel....
Il faut nourrir sirop puis candi si nous voulont sauver nos colonies. Tout ceci à un coût, je pratique pour ma part l'apiculture de loisirs donc aucune aide ou subvention. Etant passionné je vais continuer mais combien de temps. Aidons la nature par des gestes.
nounours9292 : Oui, la disparition des abeilles va avoir des répercussions bien plus grave que des répercussions économiques pour les apiculteurs. Einstein serait dans le vrai, notre destinée paraît liée au principale pollonisateur de la planète : l'Abeille ! Bien sûr, il y a encore quelques autres insectes et on peut féconder à la main chaque fleur... il y a combien de fleurs sur un cerisier ?
Dans mon jardin qui n'a jamais été traité, au sud du département 92, il y a quelques années, je ne pouvais pas compter les abeilles... cette année aucune abeille.
Je pense que des analyses ne suffisent pas, il faudrait, puisque le problème semble planètaire, faire une véritable enquête planètaire pour voir quels nouveaux produits, chimiques, biologiques, bactériologiques, OGM, électroniques ont été mis sur le marché suivant les lieux et les dates qui coïncident avec les disparitions. Remuons nous !
manu83 : La plus belle invention de l'homme pour s'autodetruire le sourire aux levres avec des profits "tres court terme" s'appelle bien peut-etre OGM. Dans le grand public ces 3 lettres sont souvent mal interpretees ou mal percues MAIS SI L'ON EXPLIQUE que de grandes firmes mondiales sont ravies de vendre des semences avec l'insecticide systemique dans la plante a la naissance et donc dans le pollen (merci pour les abeilles) on pourrait faire comprendre que les APPRENTIS SORCIERS meritent d'etre severemment controles et reprimes avant qu'il ne soit trop tard, car les consequences de leur delires vaniteux sont PLANETAIRES et sans doute IRREVERSIBLES. Vous pouvez egalement penser que si la pollinisation naturelle disparait de la planete et qu'il faut ACHETER les semences aux grandes firmes mondiales qui se comptent sur 2 doigts d'une main, ces memes firmes US sont bien capables d'accelerer la disparition des abeilles pour de rapides profits exponentiels. Pouvoir, HAARP Petrole, Irak etc.

POUR L'AMOUR DE GAÏA - 2007

Quand on salit son nid


http://www.geocities.com/newsociety_2000/auteur.html

Gea - ­ Gaïa, pour les intimes - c'est notre seule planète. Il y en a sans doute un trillion d'autres dans le cosmos, mais ce ne sont pas la nôtre. Gaïa est à nous et on l'aime bien. On l'aime bien, mais on la maltraite. Du moins, c'est ce que disent les mauvaises langues.
En réalité, il est bien difficile de croire que l'on puisse faire du mal à Gaïa. Surtout quand on la connaît un peu. Nous sommes bien petits, elle est bien grande. Vues de 12 000 mètres d'altitude, les grandes métropoles humaines ont l'air de petites moisissures. Les constructions humaines qu'on peut discerner de là-haut, Pyramide ou Grande muraille de Chine, ont l'air de minuscules jouets d'enfants. Un seul orage tropical dégage l'énergie de 1 000 bombes atomiques.
Il faut être bien prétentieux pour penser qu'on puisse faire du mal à Gaïa. D'abord, parce que l'échelle n'est vraiment pas la même, mais aussi parce que, quoi qu'on fasse, on n'ajoute ni n'enlève rien de Gaia, sauf peut-être, lorsqu'on envoie une fusée dans l'espace, ce qui pour Gaïa ne représente pas vraiment une masse significative.
Est-il vraiment crédible que nous soyons en train de modifier significativement et systématiquement les paramètres d'un corps céleste ? La vérité, c'est que nous ne pouvons pas faire grand-chose à Gaïa comme corps céleste. Que la couche d'ozone s'amincisse, que le niveau des océans baisse ou monte de 100 mètres, que la température ambiante varie de 5 ou 10° C. Gaïa en a vu bien d'autres dans sa longue vie et ne s'en portera pas plus mal. Tout ce que l'on pourrait changer de Gaïa sera simplement et tranquillement remis en place par Gaïa, qui refera son maquillage à sa convenance et qui a tout son temps pour le faire.
Ce que nous POUVONS faire, toutefois, c'est de modifier, imperceptiblement pour Gaïa, mais bien significativement pour nous, les quelques variables qui permettent que nous puissions y vivre. Il n'est pas inutile de préciser cette distinction, car il faut comprendre que, lorsque nous faisons quelques efforts pour protéger notre terre nourricière, ce n'est pas vraiment par amour de Gaïa, comme le laissent souvent entendre les poètes sentimentaux de l'écologie, c'est pour nous rendre la vie plus confortable à nous.
« Confortable » étant ici un euphémisme. Si nous mêlons un peu les cartes, toute vie sera disparue de cette planète bien avant que Gaïa comme planète en subisse un préjudice. La vie des humains avant celle des autres, parce qu'elle est plus fragile, plus dépendante de l'environnement artificiel que nous avons posé sur l'environnement naturel. Quelques variations du climat, et l'on meurt de faim.
Toute culture et toute civilisation auront disparu, d'ailleurs, bien avant que la vie elle-même n'ait été affectée par nos gestes. Quelques glaciers qui fondent, et ce qui sert d'habitat à la moitié du genre humain disparaît sous les eaux. La meilleure moitié, celle en bordure des fleuves et des océans où s'est développée la civilisation.
Je suis un humaniste et que je ne souhaite pas que s'immole l'espèce humaine pour céder la place à des espèces plus respectueuses de l'environnement et mieux adaptées aux caprices de Gaïa, comme peut-être les fourmis ou les bactéries. Je ne crois pas que nous soyons au service de la planète, mais que celle-ci doit être mise à notre service; mais, si la moitié de ce qu'on nous dit est vrai, il faudrait prêter un peu attention à ce que nous faisons à Gaïa. Pour notre propre bien.


Ouf, on crève !


On parle d'un réchauffement accéléré de la planète, de tempêtes, d'ouragans. C'est ce qu'on nous prédit depuis des décennies, mais on le fait avec plus de véhémence, depuis quelques jours, depuis la sortie du Rapport Stern et son parrainage par Al Gore, ex - et peut-être futur - candidat démocrate à la présidence des États-Unis. On ajoute maintenant ­ - ça fait une manchette plus racoleuse que la simple fin du monde ­ - la disparition avant 50 ans de toute vie animale dans les océans
La température monte imperceptiblement. Un degré par 50 ans, ce n'est pas ce qui fait courir vers le thermostat, mais Gaïa, elle, le ressent et nous le fait sentir. Est-ce bien vrai ? On n'est jamais sûr de rien, mais ce ne sont pas des cartomanciens qui nous le disent. C'est l'élite des scientifiques de la planète qui nous préviennent qu'après la date butoir de 2050, il ne faudra plus penser sashimi, seulement tofu et que, si rien ne change, encore quelques décennies et notre survie même sera menacée. On ne peut être sûr de rien, mais la plupart de ceux qui le disent semblent s'y connaître mieux que la plupart de ceux qui refusent d'en parler.
Si le risque est bien là, il faudrait faire quelque chose tout de suite, car on ne parle pas de siècles, on parle de l'avenir de VOS enfants. L'enfant né aujourd'hui, avec une espérance raisonnable vie de plus de 80 ans, connaîtra un monde où les pays tempérés seront tropicaux et où les pays tropicaux seront devenus de nouveaux Saharas. Les famines seront omniprésentes. Les rayons UV du soleil, sans la protection d'une couche d'ozone, multiplieront par 10 le nombre des cancers. On subira chaque année deux ou trois ouragans de type « Katrina », non seulement sur le Golfe du Mexique et la Mer de Chine, mais aussi là où l'on n'en a jamais connu. L'an dernier, la côte du Brésil a vécu son PREMIER ouragan de ce type. Toutes les villes en bord de mer devront être protégées par des digues, transformées en autant de New Orleans n'attendant que d'être englouties.
Faire quoi, en plus de songer à l'élevage du thon ? Il semble que le réchauffement de la planète soit de loin le problème le plus grave. Ce changement climatique résulte surtout de l' « effet de serre » que produisent les émissions de CO2 et autres gaz de combustion. L'atmosphère en est polluée et la chaleur qui nous arrive du soleil ne s'irradie plus aussi bien vers l'espace. La clim a des ratées.
Tous les combustibles que nous utilisons, y compris le bois et autres matières organiques, produisent à des degrés divers du CO2 et diverses saletés, avec pour conséquence de polluer l'atmosphère dans laquelle nous évoluons. Tous, mais charbon, pétrole et gaz produisent 92% de ces émissions. Le problème est donc là. Tout baigne dans l'huile, mais on va en crever. Il faut réduire la consommation des combustibles fossiles.


La grande illusion


C'est ce que demande la Protocole de Kyoto... qui n'a aucune chance d'être respecté. Notre consommation de combustibles fossiles sert à nous procurer de l'ÉNERGIE. À nous chauffer, à nous rafraîchir, à la production industrielle et au transport. C'est donc ça que le protocole de Kyoto voudrait nous faire réduire. Évidemment, il n'en est pas question.
Il est tout à fait illusoire de penser que les pays en voie de développement, Chine en tête, vont gentiment s'abstenir de faire, maintenant qu'ils le peuvent, ce que nous avons déjà fait lorsque nous nous sommes industrialisés et rester donc éternellement tributaires de notre production. Si illusoire, qu'on ne le leur demande même pas ! Kyoto s'abstient d'exiger des sacrifices des pays en développement.
On peut le comprendre, mais il est tout aussi irréaliste de penser que les pays développés vont spontanément freiner leur production industrielle, en attendant que les pays en voie de développement les aient rejoints. À eux on le demande, mais ils refusent, bien sûr, comme les USA, ou disent oui, mais n'en font rien, comme la plupart des autres pays. Il est inimaginable qu'ils le fassent.
Comme il est impensable, d'ailleurs, que le citoyen moyen d'un pays en développement, dont la voiture est la satisfaction de son rêve et de celui de son père avant lui, accepte volontairement de s'abstenir d'utiliser cette voiture. On peut le lui interdire ou lui en rendre le coût d'usage prohibitif, mais il sera TRES mécontent. Pour l'en dissuader, il faudrait une génération de conditionnement et aussi que les nantis lui en donnent l'exemple, ce qu'eux non plus ne veulent pas.
On peut donc se donner bonne conscience, en jasant de réduire la production d'énergie. On peut tenter de manipuler les autres pour qu'ils le fassent, eux, pendant que l'on s'abstient naturellement soi-même de le faire, mais il est absurde de croire que l'on réduira volontairement la demande d'énergie dans le monde, puisque c'est cette énergie qui est la source de la production et donc de toute richesse matérielle
On peut rationaliser la production; c'est ailleurs l'une des objectifs d'une Nouvelle Société et nous en parlerons plus loin, mais il ne faut pas se leurrer et penser à une diminution absolue de la production d'énergie. La réduire serait faire volte-face et décider que l'on va remonter le temps vers la pauvreté et le sous-développement. Ce n'est pas ce qu'on veut.
En fait, la production mondiale d'énergie, dans 15 ans, devrait avoir plus ou moins triplé, la consommation annuelle augmentant d'environ 8 800 MTEP, le MTEP étant l'énergie équivalente à celle d'un million de tonnes de pétrole de qualité moyenne, pour atteindre 22 000, peut être 33 000 MTEP, selon qu'on aura plus ou moins convaincu les gens d'adopter la « bonne solution » de réduire la production d'énergie.
La bonne solution qui serait la mauvaise, puisqu'elle freinerait à bloc le développement des pays émergents, où la consommation énergétique par tête n'est encore que le dixième de celle des USA, et prolongerait donc indéfiniment la pauvreté et les injustices. Il est inacceptable de freiner le développement.
Une baisse programmée de la consommation d'énergie est illusoire. Il est non seulement inacceptable d'arrêter le développement, mais même la suggestion sérieuse qu'on pourrait le freiner entraînerait une crise économique sans précédent.
Entre freiner le développement et une catastrophe écologique peut-être fatale, d'ailleurs, ne voit-on pas tous les jours le monde choisir, par son inaction, le risque de catastrophe à venir plutôt que la certitude de la crise immédiate ? On ne renoncera pas à l'énergie. Alors allez, l'écolo, cause toujours !


Vive l'énergie propre

Causons toujours, mais causons utile. il faut comprendre que la solution réaliste à la diminution de l'utilisation des combustibles fossiles et donc au réchauffement de la planète n'est pas de tenter de réduire la demande globale d'énergie, mais de remplacer l'utilisation des combustibles fossiles par l'utilisation d'autres formes d'énergie. Vive l'énergie, mais une énergie propre. Une énergie qui respecte Gaïa.
Quelles sont ces énergies « propres » qui ne donnent pas des bouffées de chaleur à Gaïa ? On les connaît bien. Ce sont l'énergie nucléaire, certaines sources d'opportunité, dont l'hydroélectricité est la plus évidente, mais auxquelles il faut joindre la géothermie, les marémotrices, etc et, enfin, les énergies éolienne et solaire, celle-ci sous sa forme thermique ou photovoltaïque. Qu'est-ce qu'on peut attendre de ces sources d'énergie, lesquelles, toutes ensemble, ne représentent aujourd'hui qu'environ 10% de la production globale d'énergie ?
L'hydroélectricité est d'une pureté virginale au palier de son exploitation, mais la mise en place initiale des équipements n'est pas sans effets regrettables sur l'environnement immédiat. Construction de barrages, remodelage pas toujours heureux du paysage et quelques effets bien néfastes sur la faune. Puisqu'il s'agit de survie planétaire, on pourrait peut-être fermer les yeux, mais hélas, il n'y a pas un nombre infini de sites hydroélectriques à aménager. Même chose pour la géothermie, les marémotrices et autres sources d'opportunité. On dépend ici d'un relief du sol, d'une activité volcanique, d'une singularité. Ce sont des cadeaux que nous fait Gaïa, mais sa générosité à ses limites
On couvre aujourd'hui par l'hydroélectricité 2,6 %de nos besoins mondiaux d'énergie. Même en utilisant tous les sites d'opportunité rentables -- au prix de bouleversements inouïs, comme dans le cas d'Aswan, ou plus récemment des Trois Gorges du Yangtze -- on ne fera pas mieux que ce 2,6 %. Cette proportion ira même en diminuant, puisqu'il est prévu que nos besoins en énergie tripleront d'ici 20 ans et qu'il est clair que, même en lui accordant la priorité qu'elle mérite, on ne pourra pas tripler l'apport au bouquet énergétique de la production hydroélectrique et des autres sources d'opportunité.
L'énergie nucléaire, pour sa part, fournit à peu près 7,6 % des besoins mondiaux. Son développement est limité par la disponibilité d'uranium et certains problèmes bien réels reliés à l'élimination des déchets radioactifs, mais surtout par les réticences de la population. On peut dire, bien sûr que les réticences à l'utilisation de l'énergie atomique sont largement fomentées par le lobby des hydrocarbures, ce qui est vrai, mais, jusqu'à présent, seule la France a réussi à résister au lavage de cerveau anti-nucléaire et à faire de l'atome sa première source d'énergie. Les USA font aussi du nucléaire, mais accessoirement, discrètement, presque en cachette. Ça ne règle pas le problème de la planète
Après tout le mal qu'on en a dit et avec les problèmes réels que comporte l'utilisation du nucléaire, ce serait déjà un défi de multiplier la production d'énergie nucléaire par 3, en 15 ans, pour que cette source maintienne seulement sa part du marché. La multiplier par 30 pour en faire le produit de substitution aux sources actuelles d'énergie ne serait pas accueilli par la population.
A moins que l'on ne découvre enfin la fusion à froid -- mais rien ne semble indiquer qu'on s'en rapproche et le temps presse -- il est douteux qu'on aille beaucoup plus loin dans la voie du nucléaire avant d'avoir vraiment TOUT essayé. « Tout », c'est l'énergie solaire et éolienne.


Au vent et au soleil


Pourquoi pas l'énergie éolienne ? Il est techniquement réalisable de passer à l'éolien. Les éoliennes fonctionnent, leur capacité et leur efficacité augmentent tous les jours. Le Danemark satisfait en hiver à 30 % de ses besoins de chauffage par son réseau d'éoliennes.
L'Allemagne, leader en éoliennes, en a maintenant d'une capacité de 6 MW, assez puissantes pour tous les besoins d'un petit bourg. Les éoliennes de 10 MW sont déjà en construction. Mieux, on peut créer des « fermes» d'éoliennes, et la capacité de ces fermes n'est évidemment limitée que par le nombre de machines en réseau qu'on y met et la qualité du vent.
Encore mieux, pour ceux qui préfèrent ne voir un moulin-à-vent dans le paysage qu'en Hollande ou dans la Mancha, Norsk Hydro a déjà le plan, prêt à réaliser clef-en-main, d'un développement offshore de 200 éoliennes de 5 MW chacune, pour une capacité totale de 1 GW équivalente à celle d'une grosse centrale nucléaire. On les voit plus, on ne les entend plus, elles ne polluent pas. Le bonheur.
L'Observatoire de l'Energie, en France, estime à 547 TWh le potentiel d'énergie éolienne dans l'Hexagone et considère qu'il est réaliste de penser couvrir à partir du vent 30% de nos besoins en 2040. Pourquoi 2040, plutôt que 2010 ?
La capacité d'énergie éolienne installée aujourd'hui dans le monde atteint 60 GW, c'est-à-dire l'équivalent des besoins de la Grèce et du Portugal. On n'est plus en phase expérimentale. Il n'y a aucune raison technique pour ne pas passer à l'utilisation massive de cette énergie propre. Une simple décision politique à prendre.
Pourquoi pas l'énergie solaire ? Il est tout aussi techniquement réalisable de passer à l'énergie solaire. L'utilisation thermique de l'énergie solaire est devenue une discipline mature. Son utilisation ne présente plus vraiment de surprises. L'utilisation de l'énergie solaire captée et transformée en courant électrique par des cellules photovoltaïques fait elle aussi chaque jour des progrès. L'Australie a annoncé la mise en place prochaine d'un ensemble photovoltaïque d'une capacité de 154 MW.
Comme l'éolien, le solaire a dépassé le stade expérimental. En Californie, dans le désert de Mojave et aux alentours, on a 354 MW installés de capteurs solaires, 64MW de plus sont en construction. On prévoit que la Californie, en 2020, couvrira à partir du solaire 20%de ses besoins en énergie, lesquels sont du même ordre de grandeur que ceux de la France. Bravo, mais pourquoi seulement 20% et pourquoi seulement en 2020 ?
Évidemment il y a des contraintes physiques. Il n'y a finalement qu'un certain nombre d'endroits sur la planète où l'on peut mettre des éoliennes et où l'on peut poser des cellules photovoltaïques ou des miroirs solaires. La substitution de ces énergies propres aux combustibles fossiles est-elle physiquement réalisable ?
La question n'est pas sans pertinence, car il n'y a aujourd'hui que 0,02 % des besoins mondiaux en énergie qui sont satisfaits par le vent et moins de 0,4 % qui le sont par l'énergie solaire. Si on veut que le solaire et l'éolien prennent la relève des combustibles fossiles, on parle de multiplier par 500 la production d'énergie des éoliennes en service et à multiplier au moins par 200 les superficies couvertes de capteurs solaires.
Ces chiffres sont énormes, il faut les voir comme ils sont, sous peine de les exagérer encore par l'imagination. Le solaire, surtout le photovoltaïque, exige beaucoup d'espace, qu'on nous dit, mais beaucoup d'espace est bien relatif. Où peut-on placer commodément ces équipements ?
Pour les éoliennes, les forts vents qui prévalent sur les cimes montagneuses et en bordure de mer rendraient possible d'en tirer l'énergie dont nous avons besoin. On ne s'amusera pas, cependant à mettre inutilement un moulin-à-vent dans chaque paysage; c'est le vent du large qui est la solution.
Avec le modèle Norsk que nous avons vu plus haut, ce sont de véritables "barrages de vent" qu'on peut créer sur l'océan et qui peuvent avoir la capacité de barrages hydrauliques. Rien n'empêche de trouver le fjord bien orienté où les vents s'engouffrent, d'y aménager des éoliennes sur cent ou deux cents kilomètres et d'en tirer 5 ou 10 GW.
Pour le solaire, c'est encore beaucoup plus simple. Il ne s'agit pas de poser des capteurs solaires sur les Champs-Élysées ­- même si on finira bien par en avoir sur tous les toits ! - mais n'importe où, où le terrain est raisonnablement plat et où le soleil brille. Gaïa nous a donné tout ce qu'il faut. Madame est bien bonne
Un kilomètre carré de cellules photovoltaïques en Californie, avec 4 000 heures d'ensoleillement par année, peut produire environ 105 Gwh par an d'énergie. Demain on fera mieux, mais ce rendement est déjà bien satisfaisant.
Si on fait l'équivalence entre Mwh et MTEP (1 MWh = 0,083 tep , 1 tep = 11 630 KWh) , 1 Kw = 875 000 KWh par an), on constate que les 8800 MTEP d'énergie dont le monde a aujourd'hui besoin exigent une capacité installée d'environ 12 000 000 MW (12 TW) et peuvent être obtenus en couvrant de photovoltaïques un territoire de 96 000 Km2 , c'est a dire un carré approximatif de 310 Km de côté.
Ce qui n'est rien du tout. Une petite mouche, sur la joue de Gaïa. Le monde est plein de déserts bien plats où le soleil brille plus de 4 000 heures par an et où un carré de 310 Km de côté n'est pas une aubaine immobilière
Vous voulez produire de l'énergie ? Partez au Tanezrouft. Retournez à Bidon 5, depuis longtemps abandonné, mais dont les plus vieux se souviendront. Au lieu de planter des tours de forage, cette fois, avancez comme l' « Homme qui plantait des arbres », mais en plaçant des cellules photovoltaïques plutôt que des glands de chêne.
60 kilomètres tout droit, 60 à droite Délimitez un espace de 3600 Km2. Allez sans crainte, les obstacles sont rares. Vous ne dérangerez personne. La population locale sera ravie de vous aider, si vous la motivez un peu. Vos 3600 Km2 de reg ou de sable vont vous offrir une capacité de 450 000 MW d'électricité et une production annuelle d'énergie 30 fois supérieure à celle de Chooz, la plus grosse centrale nucléaire de France. En fait, votre petit enclos va produire plus d'énergie que n'en consomme aujourd'hui toute la France, laquelle s'en tient modestement à 279 MTEP d'énergie primaire et à peine 160 MTEP d'énergie utile par année.
Évidemment, il faut des infrastructures de stockage et de distribution, toute une logistique qui demande qu'on y pense. Le message que je passe ici, c'est que vous ne manquerez pas d'espace et que vous ne manquerez pas d'énergie solaire. N'en abusez pas. Restez sagement dans votre carré de sable et n'allez pas plus loin. Laissez-en pour les autres
Les autres ont aussi ce qu'il faut. Il est amusant de penser que, si l'on réalisait la même opération au Rub al-Khali et qu'on ne s'arrêtait pas à la satisfaction des besoins locaux, l'Arabie Saoudite, le plus gros producteur de pétrole du monde, pourrait tirer chaque année, en exploitant ce seul désert, 10 fois plus d'énergie de son soleil que l'on n'en tire aujourd'hui de la combustion de tout le pétrole qu'elle exporte ! Une énergie propre, infiniment renouvelable.
Il suffit de penser « lignes de transmission » plutôt que « pipelines ». Le Rub al-Khali pourrait, si c'était nécessaire, satisfaire àlui seul, en énergie solaire, tous les besoins en énergie de la planète pendant tout l'avenir prévisible.
Si c'était nécessaire.., mais ça ne l'est pas. Il y a de l'énergie partout et pour tout le monde. Si vous êtes encore anxieux, souvenez- vous que le soleil nous envoie, en permanence, 15 000 fois plus d'énergie que nous n'en consommons aujourd'hui.
On dit souvent qu'on ne peut dépendre que d'une seule source d'énergie Vrai, mais le vent et le soleil sont admirablement complémentaires. Pourquoi ne pas se mettre à l'éolien et au solaire et arrêter la consommation de gaz, de pétrole et de charbon dès que l'infrastructure de ces énergies propres sera en place ? Parce qu'on parle d'argent


La logique économique


Aujourd'hui, on ne discute pas vraiment de la faisabilité de l'énergie éolienne ou de l'énergie solaire, on discute uniquement de leurs coûts. On se borne à comparer le coût de production des énergies éolienne et solaire au coût de production des énergies procédant des combustibles fossiles. Toutes ces comparaisons sont biaisées, exactement dans le sens et la mesure qu'on veut, puisque, pour les comparer, on doit nécessairement poser au départ quelques hypothèses concernant les coûts fixes et les coûts variables, entre les coûts de première installation et les coûts récurrents des diverses solutions énergétiques et que leur rentabilité relative dépend entièrement de ces hypothèses.
Tout dépend de la période d'amortissement choisie et de la projection du coût des intrants. Le soleil et le vent ne coûtent rien. On peut dire que le pétrole, le gaz et le charbon eux aussi sont gratuits : il suffit d'aller les chercher... Mais chaque million de tonnes de charbon exige, pour son extraction, le même temps de travail que l'extraction de chaque million de tonnes qui l'a précédé et que chaque million de tonnes qui suivra. Pour le vent et le soleil, quand les systèmes sont en place, leurs coûts d'opération n'est pas nul - il y a toujours des déficiences techniques - mais il ne représente que 2 % du coût de mise en place initiale dans le cas des éoliennes et encore moins dans le cas des cellules photovoltaïques.
Le rapport des coûts entre l'utilisation des combustibles fossiles et celle des sources vent et soleil dépend donc d'abord de l'horizon que l'on se fixe. Ensuite, il se modifie chaque jour en faveur de ces dernières. Pourquoi ? Pour trois raisons complémentaires.
La première, c'est le facteur rareté. Les combustibles fossiles s'épuisent; leur coût ne peut donc que s'élever, d'autant plus vite qu'on les exploite davantage. Le vent et le soleil, eux, resteront gratuits
La deuxième, c'est que, dans n'importe quel processus industrialisé, aussi longtemps que le cadre technologique reste stable, ce sont les coûts de main-d'oeuvre qui contribuent à l'augmentation des coûts de production. La production d'énergie par les combustibles fossiles étant à plus forte intensité travail, ses coûts de production s'élèveront plus rapidement que ceux pour la production solaire et éolienne.
Enfin, c'est cette croissance des coûts de main-d'oeuvre qui sert d'incitation pour que le cadre technologique soit amélioré. Toutes choses étant égales, c'est donc la production des énergies fossiles qui devrait réagir par des innovations. Mais, étant une industrie mature, elle va au contraire modifier ses technologies plus lentement que le solaire ou l'éolien, ce dont on a la preuve tous les jours. Ce sont ces deux dernières sources, qui non seulement vont améliorer chaque jour leur positionnement concurrentiel parce qu'elles sont à plus faible intensité de travail, mais vont aussi, de temps en temps, bondir en avant par introduction de procédés radicalement nouveaux et plus performants
Avec un horizon ouvert -- le seul réaliste, puisqu'on ne prévoit pas y mettre un terme à l'activité humaine et fermer la planète ! -- il est clair que le temps travaille pour l'éolien et le solaire, lesquels ne peuvent tôt ou tard qu'être plus rentables que des ressources en voie d'épuisement.
Cela dit, c'est un raffinement bien inutile que de vouloir prouver la rentabilité relative des énergies propres en les comparant aux énergies basées sur les combustibles fossiles, puisque nous sommes partis de l'hypothèse d'une détérioration fatale de l'environnement liés à l'utilisation de ces dernières et qui met celles-ci hors-jeu.
On peut faire le calcul exact des coûts requis pour mettre en place une structure énergétique basée sur l'utilisation d'éoliennes et de capteurs solaires et de ceux requis pour fournir l'énergie par le biais des combustibles fossiles. Ce calcul montrerait que, l'infrastructure pour les énergies solaire et éolienne étant à bâtir, le coût en est nécessairement plus élevé au départ, mais que, cette structure mise en place, elle fournit ensuite l'énergie à un bien moindre coût que le charbon, le gaz ou le pétrole.
On peut faire ce calcul, ce qui nous donnerait des mois ou des années de plaisir, mais, quel qu'en soit le résultat, il faudra ensuite jeter le glaive dans la balance et effectuer le passage à l'éolien et au solaire, puisque, si la vie sur la terre en dépend, il est clair que rien n'est vraiment trop cher pour la préserver.
Rien de trop cher, non plus, pour préserver une société riche en énergie, le résultat de nos derniers 5 000 ans d'efforts. Une réduction annoncée et programmées de la production d'énergie signifierait le retour vers une société de rareté d'énergie et de pauvreté et serait absolument inacceptable. On veut que les roues tournent et, puisqu'il semble bien qu'elles ne peuvent plus tourner que par l'action du soleil et du vent, on fera ce qu'il faut faire pour s'y adapter, quel que soit le prix qu'il en coûtera. Cela dit, combien nous en coûtera-t-il ?


La grosse facture

On parle d'un projet à échelle planétaire et dont les coûts ne peuvent être qu'à dimension planétaire. Combien en coûterait-t-il pour substituer entièrement les énergies éolienne et solaire aux combustibles fossiles, aux prix d'aujourd'hui et avec l'efficacité d'aujourd'hui ?
Présentement, les coûts moyens d'installation des équipements pour le captage et le stockage des énergies éolienne et solaire oscillent entre USD $ 1 000 et 1 500 ¤ par mégawatt. Disons en moyenne USD $ 1 500/MW, avec un large marge d'erreur. il y a des études techniques et comptables à faire, mais ceci n'est pas une offre de services : j'ai donné au bureau. Il n'est pas nécessaire de faire un devis détaillépour comprendre l'ordre de grandeur du projet et c'est ce qui nous intéresse.
Les énergies fossiles représentent aujourd'hui 90% de la consommation mondiale d'énergie qui est d'environ 8 800 MTEP. Pour s'y substituer, nous avons besoin d'environ 11 millions de mégawatts Installés (11 TW). Prenant l'hypothèse de USD $ 1 500/MW pour l'installation des équipements requis, nous devrons faire face, pour passer au solaire et à l'éolien, à une facture d'environ USD $ 16,5 trillions. Pouvons-nous l'acquitter ?
Bien sûr. D'abord, un trillion est encore beaucoup d'argent, mais ce n'est plus une somme qui dépasse la réalité quotidienne. Le PNB des USA atteint 11 trillions de dollars. Les transactions financières à échelle globale se mesurent déjà en trillions. La valeur globale des actions en bourses est aussi une affaire de trillions. Huit (8) trillions de dollars se sont perdus, à Wall Street, dans les seules deux séances qui ont suivi l'attaque du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center de New York.
16,5 trillions, ce n'est même pas une année de revenu pour l'humanité. Il n'y a rien de choquant à ce qu'un propriétaire investisse quelque mois de revenus, pour changer le système de chauffage et réparer la maison qui menace ruine. Disons que c'est une fleur pour Gaïa; il n'est pas du tout certain qu, en bout de piste, cette petite attention nous coûte plus cher que les misères que nous lui faisons et qu'elle nous rendra bien.
16,5 trillions, une aubaine. Mais ça, comme disent les opticiens, ça, c'est pour la monture. ll faut aussi prévoir l'avenir. Il faut se demander à quel rythme augmentera la consommation d'énergie. Les chiffres actuels prévoient une augmentation en 15 ans de 250 % à 415%, passant des 8 800 MTEP actuels à une fourchette allant de 22 000 à 33 000 MTEP. Le MTEP basé sur le pétrole étant alors devenu archaïque, disons plutôt, ce qui est la même chose, qu'en 2020 la demande globale d'énergie exigera que la puissance installée passe de 12 aujourd'hui à 30, voire à 50 térawatts (TW).
Si on ne pense plus uniquement au 11 TW de capacité pour la substitution aux énergies fossiles, mais à une demande globale d'énergie qui exigera de 30 à 50 TW de puissance installée dans 15 ans, ce n'est plus une dépense de USD $ 16,5 trillions qu'il faut prévoir, mais une dépense de 45 à 75 trillions de dollars américains durant cette période pour installer la capacité requise ! C'est beaucoup.
On parle de USD $ 3 à 5 trillions par année durant ces 15 ans, ce qui, dans une large fourchette, nous donne pour chaque habitant de la planète de 500 à 800 dollars par année, en dollars constants 2006, et de deux à trois fois plus pour chaque travailleur ou autre bénéficiaire d'un revenu, selon les hypothèses de démographie et de participation à l'effort productif que l'on retient. Est-ce que nos ressources économiques nous permettentce d'absorber ce coût, ou la tâche est-elle au-dessus des moyens de l'humanité?
Apparemment, c'est trop cher: c'est près de la moitié du PNB des USA et, selon les diverses hypothèses que l'on peut poser, deux à trois fois celui de la Chine ! C'est trop. Mais on va faire des économies... et les apparences sont bien trompeuses.

La prime au progrès

D'abord, on va faire de sérieuses économies et sans aucun effort. Nous nous sommes élevés contre la thèse d'une réduction programmée de la production et de la consommation d'énergie, laquelle nous semble le négation de tous les espoirs humains et un risque grave de remplacer une dynamique de progrès par une attitude défaitiste qui pourrait marquer un tournant pour le pire dans l'histoire de l'humanité. On ne doit pas remplacer par moins, on doit remplacer par mieux.
Or, remplacer par mieux entraîne des économies d'énergie. Il y a déjà 30 ans que l'on constate que le rapport de la consommation d'énergie à la production globale est en constante régression et que cette régression est en corrélation avec l'augmentation du niveau de vie. Ce phénomène n'a rien de mystérieux et est même trivial pour quiconque a lu un peu sur le site Nouvelle Société : c'est l'effet évident du passage à une société de services. La fourniture de services consomme moins d'énergie que la production de biens. Elle carbure à la pensée et à la bonne volonté.
Cette tendance vers la production d'intangibles va s'accélérer encore dans les pays développés. À mesure que les pays en voie de développement vont satisfaire leurs exigences matérielles de base et demander plus de services, ils atteindront eux aussi les seuils de tertiarisation que nous avons déjà atteints dans les pays développés et la consommation RELATIVE d'énergie diminuera à l'échelle globale.
Il y a des économies à prévoir et il faut les accueillir avec enthousiasme, parce qu'elles ne sont pas le résultat d'une volonté d'amoindrir, mais un simple effet de la satiété et d'une volonté souvent inconsciente d'échapper à la dépendance envers la matière dont le contrôle peut en être désormais tenu pour acquis.
Il ne faut pas oublier, cependant, que les deux tiers de l'humanité n'en sont pas encore là, et que ce n'est pas parce que les usines qui fonctionnent aux énergies fossiles produisent avec moins de travailleurs qu'elles font moins de fumée La consommation d'énergie relative au PNB global diminuera, mais pas la consommation d'énergie en termes absolus.
Je répète donc qu'il ne faut pas freiner le développement par une pression à la baisse sur la production d'énergie. Il faut changer le type d'énergies. Il faut cependant être réceptif au freinage spontané qui résultera d'une allocation prioritaire des ressources au secteur tertiaire à mesure que les besoins matériels essentiels son satisfaits. La consommation d'énergie se stabilisera et sa production aussi, laquelle, si elle était indéfiniment augmentée ferait obstacle aux investissements requis dans les services.
USD $ 75 trillions pour l'infrastructure énergétique en quinze ans? Les croissances dont l'extrapolation mène à des absurdités se résorbent d'elles-mêmes. Ce n'est pas un miracle, c'est une lapalissade. C'est pour ça qu'à partir de 1973 la consommation d'énergie a cessé de doubler chaque année, comme elle le faisait depuis assez longtemps pour les naïfs y voient une loi de la nature.
C'est pour ça que nous n'investirons pas indéfiniment chaque année dans la production d'énergie trois (3) fois le PNB de la Chine. Un coût, soulignons-le, qui à terme ne serait pas moindre si on choisissait de garder la solution des énergies fossiles. Nous arrivons à l'ère des services et des produits intangibles. La consommation d'énergie augmentera encore pour un temps, mais elle atteindra un plateau.
Il est donc d'autant plus important, d'abord de consentir le coup de collier initial qui nous permettra de passer aux énergies propres - et d'être encore là pour jouir de l'abondance promise ! - mais ensuite de ne pas rompre prématurément l'essor du développement par une réduction intempestive de la consommation d'énergie, laquelle se stabilisera à son rythme dans bien peu de temps.
Cette tendance à une tertiarisation économe en énergie sera accélérée par l'avènement d'une Nouvelle Société, laquelle posera des questions sur la part de la production industrielle qui est indispensable pour le développement et le bonheur de l'humanité, et les parts qui en sont en simplement utile, discrétionnaire et même, a la limite, totalement ridicule. Nous discutons de cette rationalisation de la production industrielle au texte 712
Une Nouvelle Société rationalise la production industrielle en supprimant tout ce qui est simplement ridicule n'est là que pour favoriser l'accumulation de richesse virtuelle. Elle rationalise aussi le transport, par la large substitution du transport en commun au transport privé dans les zones urbaines et par le quadrillage des zones interurbaines et rurales par un système ferroviaire adéquat.
Même si on laisse de côté la rationalisation que devrait amener une Nouvelle Société, il faut s'attendre à une contraction relative de la production industrielle, simple constat de la priorité des services dans l'évolution de la consommation. Cette contraction aura un impact important sur la consommation d'énergie.
On peut donc espérer, sans freiner en rien le développement réel que souhaitent les populations, que le taux de croissance la consommation d'énergie diminuera progressivement, à mesure que la demande pour des biens sera satisfaite et remplacée par une demande de services de plus en plus intangibles. On peut espérer qu'elle ne dépassera pas 30 TW en 2020 et ne montera pas beaucoup plus haut.
On peut l'espérer ... ou ne pas y accorder trop d'attention. Quand le coût initial de mise en place est amorti, l'énergie solaire ou éolienne devient bien économique. On fera peut-être alors des choix sociaux qui encourageront une consommation supérieure d'énergie au lieu de tenter d'en dissuader. Une question à régler entre humains; tant qu'on s'en tient au soleil et au vent, Gaïa s'en fiche.


Au-delà des apparences.

Atteindre une capacité globale de 30 TW pour 2020 exige encore qu'on y consacre USD $ 3 trillions par année pendant 15 ans. Est-ce qu'on y arrivera ? On peut dire que l'on parle pour rien, puisqu'il le faut et qu'on le fera, mais il faut surtout dire qu'on parle de RIEN.
Parler d'argent n'est pas seulement ici inconvenant, mais aberrant, parce que, non seulement aucune somme ne sera si exorbitante qu'on renoncera à sauver Gaïa ou même à maintenir notre niveau de développement, mais surtout parce que l'on parle de « rien ». Tout cet argent est virtuel, symbolique et n'a d'autre réalité que celle que nous lui prêtons.
Il faut enlever les oeillères monétaristes que nous a posées le capitalisme pour que nous marchions tout droit et revenir ici, encore une fois, à cette évidence que nous avons soulignée si souvent sur ce site: toute matière première est gratuite ; la seule valeur ajoutée, c'est le travail. Il faut donc poser autrement la question de notre aptitude à relever le défi de la mise en place de cette capacité énergétique de 30 TW.
Si l'on veut bâtir des éoliennes ou des capteurs photovoltaïques et les installer, non pas dans le miroir financier, mais dans la réalité, on ne parle pas d'or, de monnaie, ni de signes dans un ordinateur qu'un État peut manipuler. On parle de trois (3) choses : les connaissances techniques requises, la main-d'uvre adéquate et, enfin, des quantités relativement modestes de matières premières qui ne sont pas rares, même si le marché du sélénium pour les capteurs solaires a été et peut encore être manipulé pour en donner l'impression.
Quand on a ces trois éléments, on peut bâtir des éoliennes ou des capteurs photovoltaïques et les installer. L'argent n'entre dans cette équation que pour faciliter l'utilisation des facteurs. Il y aura toujours l'argent nécessaire pour payer ce qui est essentiel, puisque s'il nous faut un peu plus de monnaie, c'est le rapport de l'argent aux bien réels qui va devoir s'ajuster et que c'est la valeur même de l'argent qui va fluctuer.
Il faut donc plutôt demander : « Pouvons-nous disposer des matières premières nécessaires et des ressources humaines adéquates pour faire le travail d'implantation des éoliennes et des capteurs solaires qui pourront fournir à l'humanité, d'ici 15 ans, les milliers de terawatts-heures par année d'énergie dont elle aura besoin? » Quand la question est ainsi posée, la réponse est évidemment : OUI. On formera les ressources et on les aura. C'est un choix.
Le miroir monétaire est une fascinante distraction pour une civilisation en croissance, mais on ne périra pas pour protéger le miroir. Il n'y a aucun obstacle RÉEL à ce que la transformation totale de la production d'énergie à l'éolien et au solaire se fasse. Il n'y a pas de « coût exorbitant »; il n'y a que du travail que l'on ne veut pas encore faire. Du travail que l'on ne veut pas financer, alors que son financement ne changerait pourtant pas d'un l'iota les biens réels dont disposent ceux qui ont aujourd'hui l'argent.
La transformation vers l'éolien et le solaire n'est plus un défi technique. Il n'y a aucune raison pour que le travail nécessaire ne soit pas fait. Sa réalisation dépend de l'issue d'une guerre à gagner contre les lobbies des hydrocarbures et du charbon. Une guerre à gagner contre les mauvaises habitudes. Une guerre pour le bon sens. La première bataille à livrer, c'est celle d'un véritable accord pour que le passage à l'éolien et au solaire puisse se faire


La Bataille de Kyoto II


N'importe quel pays peut décider demain, de son propre chef, de cesser la consommation ou la production d'énergies fossiles. Il y gagnera sur le plan environnemental et, tôt ou tard, sur le plan économique également. Ce n'est pas ça, toutefois, qui réglera le problème du réchauffement de la planète. Pour régler ce problème, il faut une action concertée. Une décision globale. Kyoto.
Mais Kyoto a été une bataille perdue. Elle l'a été parce qu'on y a introduit une composante de décroissance. Il faut livrer une Deuxième bataille de Kyoto, laquelle, cette fois, n'évoquera pas l'hypothèse irrecevable de diminuer la consommation d'énergie sur la planète, mais posera le problème dans sa véritable dimension qui est de se mettre au travail et d'apporter les changements nécessaires à notre approvisionnement en énergie.
Si on veut que « Kyoto II » soit autre chose qu'un autre coup d'épée dans l'eau, il faudra qu'il se traduise par un engagement ferme des pays en développement comme des pays développés de faire rapidement tout ce qu'il faut pour que tout ce qui fonctionne aujourd'hui aux énergies fossiles fonctionne rapidement à l'éolien et au solaire.
L'accord de Kyoto II doit être universel. Il doit prévoir une diminution progressive de la production des énergies fossiles ainsi que des quotas d'achat dégressifs pour les pays importateurs qui soient ajustés à cette baisse de production. Il faudra que cet accord soit assorti de conditions sévères, que les pays signataires s'engageront à faire respecter par un embargo total sur les échanges de toute nature avec les pays délinquants.
Si ce qu'on nous dit est vrai, la transformation aux énergies propres est urgente pour Gaïa et donc pour nous. Il faudra donc établir un échéancier. À discuter, mais disons 20 ans, pour qu'il ne s'utilise plus de combustibles fossiles, avec un oeil sur la suppression des autres sources de gaz à effet de serre dont ils ne faudrait pas que l'élimination du charbon, du pétrole et du gaz, fasse exploser l'utilisation. C'est une décision pour les énergies propres que l'on prend.
Un échéancier suppose un plan. Il faut qu'il soit préparé, fasse consensus et soit appliqué. Il faut que chaque année l'on puisse faire le point, fustiger les contrevenants, aider les retardataires, corriger les bévues.
Sauver le monde, l'Histoire en a fait la preuve, n'est pas une motivation suffisante pour pousser les gens à l'action. Il leur faut un petit bonus. Qu'est-ce qu'on offre pour les motiver à sauver leur peau ?
Pour les pays en voie de développement et les pays sous-développés, la carotte officielle est la possibilité d'une autosuffisance énergétique à laquelle ils n'ont jamais pu rêver, sauf s'ils sont eux-mêmes producteurs d'énergies fossiles. Officieusement, c'est aussi le boom économique qui ira de paire avec leurs efforts pour mettre en place les infrastructures de production et distribution des nouvelles énergies.
Les pays en voie de développement ou sous-développés, cependant, ne pourront, assumer eux-mêmes le financement de cette transformation. S'ils s'y essayaient, ils retarderaient leur développement et, pendant des décennies additionnelles, imposeraient la pauvreté à leurs populations déjà pénalisées de ce que les pays développés se soient industrialisés avant elles.
Ce boom qui les motivera à faire les transformations nécessaires et à suivre la même voie vers l'éolien et le solaire ne sera donc possible que s'ils reçoivent une assistance financière et technique massive mais ciblée qui leur permettra de les faire. Les pays développés doivent être disposés à fournir cette assistance. Ils la fourniront d'autant meilleure grâce qu'ils financeront ainsi, pour une large part, la vente à ces pays de leurs équipements et de leur expertise.
Pour les pays développés, le bonus sera ces 30 trillions de contrats, qui leur échoiront nécessairement presque en totalité, puisque ce sont eux qui ont les brevets, feront les plans, vendront les équipements et, au moins au départ, fourniront le plus clair de la main-d'oeuvre spécialisée. Ils auront aussi la satisfaction supplémentaire de s'affranchir d'une dépendance envers les pays producteurs d'énergies fossiles qui leur pèse de plus en plus lourd.
Les conditions de crédit qui seront accordées aux pays en développement et les plans vers l'autosuffisance énergétique qu'on leur proposera détermineront pour une bonne part le succès de leur passage rapide aux énergies solaire et éolienne. Il faudra que les banquiers fassent quelques ajustements, mais l'opération demeure dans la ligne de ce qu'ils font déjà. Une Nouvelle Société le financera autrement, mais le résultat sur le terrain sera identique : on captera l'énergie éolienne et solaire partout.
Le financement de l'opération de transformation elle-même, cependant, ne sera qu'une partie du problème que posera aux pays en voie de développement et aux pays sous-développés le passage aux énergies propres. Cette transformation va modifier les termes d'échanges et les conditions de concurrence entre tous les pays.
Il faudra donc que soit trouvée une solution qui permettra que ne soit pas irrémédiablement bouleversé l'équilibre de l'économie mondiale. Cette solution sera une combinaison de dons et de prêts qui devra être négociée simultanément aux ententes concernant la transformation elle-même au solaire et à l'éolien.
Seront particulièrement touchées, naturellement, les économies et la position concurrentielle dans le monde des pays producteurs et surtout exportateurs de combustibles fossiles. Il faudra aussi en tenir compte. Il faudra prévoir des mesures d'aide à la transition pour s'assurer que cette perte de marchés n'entraîne pas pour eux des conséquences politiques dramatiques. C'est une question épineuse. Je ne la réglerai pas aujourd'hui... Il faudra bien, cependant, que l'on s'attaque au problème. La bonne nouvelle, c'est que la transition se fera sur 20 ans. On a le temps de voir venir.
Sortir des énergies fossiles impose une logistique impeccable. Entrer dans l'ère de l'éolien et du solaire n'est pas moins exigeant. Il faudra rendre plus efficaces les moyens de stockage et de distribution de l'énergie. Par l'électricité d'abord, puisque le lien entre la captage par cellules photovoltaïques et la distribution de l'électricité peut être direct, mais en pensant aussi à d'autres vecteurs, comme l'hydrogène, puisque la disponibilité en abondance des énergies propres éliminera l'obstacle majeur à sa fabrication et donc à son utilisation généralisée.

Conclusion

Un vaste mouvement s'est désormais engagé pour réduire la pollution et stopper le réchauffement de la planète. Ce mouvement doit relever le double défi, d'une part de passer au solaire et à l'éolien, mais aussi, d'autre part, de sortir sans catastrophe politico-économique d'un monde drogué aux énergies fossiles.
Ce mouvement réussira d'autant mieux qu'il adoptera une attitude positive, conquérante, messianique On ne convaincra pas l'humanité d'accepter un sevrage de l'énergie qui est un modèle de régression vers la pauvreté. On peut la convaincre, cependant, de consentir avec ferveur les efforts pour passer à des énergies propres.
Plutôt que d'exiger de l'humanité des sacrifices qu'elle ne consentira pas, il serait plus astucieux et plus efficace pour le mouvement de défense de l'environnement de se donner pour objectif concret le passage accéléré aux énergies propres complémentaires que sont l'éolien et le solaire.
Dans le respect de l'hydroélectricité en place, un coup d'il sur la géothermie et une ouverture d'esprit au maréthermique, mais, pour l'essentiel, miser sur le vent et le soleil. Un travail énorme à faire, mais tout à fait réalisable et qu'on doit accomplir sans délai. Pour l'amour de Gaïa. Pour l'amour de nous-mêmes.


Pierre JC Allard

"Penser nuit gravement au travail" - 30:07:07

Sur le site de Sophie, ne surtout pas manquer de lire aussi les deux textes passionnants concernant l'art et intitulés "Humain Mozart" http://chez-sophie.hautetfort.com/archive/2007/06/28/humain-mozart-i.html
suivi de "Le doigt du potier". http://chez-sophie.hautetfort.com/archive/2007/06/28/le-doigt-du-potier-ii.html
On ressort de ces lectures grandi. Merci Sophie !!!
Chez Sophie
Pour bien occuper son temps de cerveau disponible...


"Penser nuit gravement au travail"
http://chez-sophie.hautetfort.com/


http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=27384
Dans le style, nous avons aussi: «Travailler plus pour penser moins.» Ces piquants aphorismes peuvent désormais passer pour les nouveaux slogans de la communication du cabinet Sarkozy - pardon, du gouvernement Fillon, quelle étourderie... Après le discours étonnant, pour employer un euphémisme secourable, prononcé le 10 juillet à l’Assemblée nationale par la ministre des Finances à l’occasion de la présentation du projet de loi "Travail, emploi et pouvoir d’achat", l’"International Herald Tribune" (22/07/07) a opportunément relié ses propos à la liturgie du «travailler plus», bourdonnée telle une inlassable antienne par le candidat puis le président Sarkozy.
Dans cette allocution mémorable, qui restera probablement comme un sommet de rhétorique néolibérale, Christine Lagarde a en effet stigmatisé l’utilisation immodérée que nous autres Français ferions de notre néocortex, siège de notre pensée consciente. Le passage en question vaut son pesant de cacahuètes et cervelles grillées : « C’est une vieille habitude nationale : la France est un pays qui pense. Il n’y a guère une idéologie dont nous n’avons fait la théorie. Nous possédons dans nos bibliothèques de quoi discuter pour les siècles à venir. C’est pourquoi j’aimerais vous dire : assez pensé maintenant, retroussons nos manches. »
La première impression est que la ministre a appliqué sa propre exhortation : pour proférer de telles incongruités, elle n’a pas surmené ses connections synaptiques. Selon Bernard-Henri Lévy, « c’est le genre de chose que vous pouvez entendre dans des conversations de café, de la part d’abrutis qui boivent trop »... Mais la perplexité cède ensuite rapidement le pas à l’indignation. Car enfin il ne s’agit justement pas d’une blague de comptoir, ni même d’un badinage off avec des journalistes, mais de l’exposition pesée et préparée, devant les représentants du peuple, de l’idéologie politique présidant à une réforme annoncée comme décisive. Le plus officiellement du monde, le gouvernement professe un renversement total de certaines valeurs fondatrices de « l’identité » française, à laquelle il se prétend pourtant si sensible. Ce qui était en haut se retrouve en bas : être d’un pays qui réfléchit, qui a théorisé sur tous les grands courants de pensée, qui a produit les Lumières et nombre de philosophes parmi les plus importants de l’histoire des idées, dont les bibliothèques publiques sont garnies d’ouvrages qui nous aident à comprendre le monde et notre humaine condition, constitue pour vous comme pour moi un motif de satisfaction et de fierté ?... Eh bien désormais, nous intime la ministre, il nous faut en avoir honte. La quête de sens, la réflexion, le discernement, l’intelligence, doivent être considérés comme les symptômes d’un passé plus poussiéreux que les rayonnages de bibliothèques qu’on est prié de ne plus alimenter en œuvres nouvelles. Pour les philosophes, écrivains, et intellectuels divers, ce sera tantôt le chômage technique ou le recyclage façon Mao...


Pourquoi ? Parce que nous explique ainsi la ministre, en France nous pensons trop pour bien travailler - cette pensée-là étant générée par un cerveau gouvernemental, un des rares encore encouragés à réfléchir avec ceux des ingénieurs R&D, elle n’est pas incluse dans l’anticogito lagardien. Par conséquent, tous ceux qui se retroussant déjà les manches jusqu’à l’omoplate, souhaitent consacrer du temps à d’autres petites choses essentielles au plaisir de vivre - conjoint, enfants, amis, loisirs - sont des fainéants. Tous ceux qui ont cru constater que, pour bien faire son boulot, il fallait se triturer un tant soit peu le chou, sont des rêveurs. Même pour être président de la République, contrairement à ce qu’on pouvait estimer, il n’y a pas besoin de beaucoup penser : « Je ne suis pas un théoricien, je ne suis pas un idéologue, je ne suis pas un intellectuel », se louait notre chef d’État à la télévision le mois dernier, comme le rappelle l’article susnommé du Herald...


Selon quelle étrange logique peut-on proférer qu’il faut arrêter de penser ? Peut-être, au hasard, suivant celle de l’idéologie néolibérale : il serait assurément plus facile de faire croire à une population d’anencéphales que la hausse de la TVA est une mesure sociale, les cadeaux fiscaux aux plus aisés un filon pour relancer la croissance, réduire le chômage et la dette, et tant qu’on y est, que la lune est une peau de veau... L’atrophie de la pensée est au sein même de l’entreprise un redoutable moyen de contrôle. Comme l’expliquait en effet Christophe Dejours, titulaire de la chaire de psychologie du travail au Conservatoire national des arts et métiers, dans la revue Res Publica (août 2004), les nouvelles formes d’organisation du travail et de management se basent sur la concurrence généralisée entre collègues, l’encouragement aux pratiques déloyales, et la rupture des liens de solidarité ; « ce système qui génère la peur chez nombre de travailleurs est aussi à l’origine d’injustice, de harcèlement, de déstabilisation calculée, qui produisent toutes sortes de souffrances ». Mais, pour que le système fonctionne, il lui faut des outils : « Des masses de braves gens sont dans le cadre de la modernité néolibérale invités à apporter leur concours [...] à des actes qui consistent à intimider autrui, à menacer, à faire peur, à mettre au point des « plans sociaux », [...] c’est-à-dire à commettre des actes injustes. » Certains n’y parviennent pas. D’autres, pour parvenir à effectuer « le sale boulot » sans se haïr, mettent au point une stratégie de défense qui a pour effet « d’engourdir la conscience morale, ce qui passe par un rétrécissement - c’est important sinon capital - de la capacité de penser ».


Arrêter de penser, selon Mme Lagarde, permet en outre de travailler davantage. Le problème est qu’un salarié pressuré court plus de risques qu’un adepte de la méditation... Certains en meurent. Dans le contexte préoccupant de l’accroissement des psychopathologies professionnelles sévissant de l’ouvrier au cadre, les rafales de suicides sur le lieu de travail comme chez Renault et PSA - phénomène nouveau de mémoire médicale, suscitent un franc malaise. C’est de fatigue que d’autres salariés décèdent. Ainsi, par exemple, du métallurgiste Rudy Norbert, employé d’une entreprise sous-traitante dans le Nord, dont le sort est révélé par le journaliste Paul Moreira dans son livre Les Nouvelles Censures. Voilà un cas édifiant. Son patron exigeait qu’il puisse être joint en permanence. Il travaillait parfois deux jours d’affilée, la masse illégale des heures supplémentaires étant camouflée en primes. Le 7 mai 2001, il travaille 21 heures de suite. On le rappelle à 2 h 30 la nuit suivante ; à 6 heures du matin, constatant son total épuisement, son chef de chantier lui dit d’aller se reposer quelques minutes dans la voiture de la société. Il s’assoit, pose sa tête contre la vitre et meurt. Il avait 30 ans... Et pendant que certains laissent leur raison et leur peau au boulot, d’autres n’en ont aucun. Mme Lagarde, pour qui il n’existe pas de lien social en dehors du travail (« Le contrat social, aujourd’hui, se décline en contrats de travail »), nie pourtant que le marché du travail soit « un gâteau à partager » entre concitoyens. Il faut dire qu’il est tellement plus rentable, pour une charge de labeur donnée, de payer moins de gens qu’il n’en faudrait...




Il faut lire ce discours en entier. Les envolées lyriques finales sont insurpassables : « Le travail engendre le travail. À l’intérieur de ce cercle vertueux, le pays tournera à plein régime. [...] Travailler plus, et vous multiplierez l’emploi. Dépensez plus, et vous participerez à la croissance. Gagnez plus, et vous augmenterez le pouvoir d’achat ! » Tant pis pour les bécanes humaines qui cassent à force de tourner à plein régime : le salarié jetable se remplace facilement. Travaillez plus, consommez plus, polluez plus. La fuite en avant n’en sera que plus rapide.


De cette facture orwellienne idéale, il n’y aurait donc que la pensée à soustraire... Il convient d’appeler enfin les choses par leur nom : quand un pouvoir politique articule l’affaiblissement de la pensée à l’augmentation du travail, il assume une propension au totalitarisme contre laquelle nous devons rester éveillés - les Nord-Coréens sont-ils par exemple encouragés à réfléchir par leur charismatique leader ?...


La pensée contient des mondes infinis ; elle est le siège de notre humanité, ce qui nous reste quand tout nous a été ôté. Elle ne devrait jamais être soluble dans le travail. Employer ne doit pas devenir synonyme de domestiquer, ni l’argumentation économique marchande dominer toutes les autres dimensions de la délibération politique.


Dans cette allocution mémorable, qui restera probablement comme un sommet de rhétorique néolibérale, Christine Lagarde a en effet stigmatisé l’utilisation immodérée que nous autres Français ferions de notre néocortex, siège de notre pensée consciente. Le passage en question vaut son pesant de cacahuètes et cervelles grillées : « C’est une vieille habitude nationale : la France est un pays qui pense. Il n’y a guère une idéologie dont nous n’avons fait la théorie. Nous possédons dans nos bibliothèques de quoi discuter pour les siècles à venir. C’est pourquoi j’aimerais vous dire : assez pensé maintenant, retroussons nos manches. »
La première impression est que la ministre a appliqué sa propre exhortation : pour proférer de telles incongruités, elle n’a pas surmené ses connections synaptiques. Selon Bernard-Henri Lévy, « c’est le genre de chose que vous pouvez entendre dans des conversations de café, de la part d’abrutis qui boivent trop »... Mais la perplexité cède ensuite rapidement le pas à l’indignation. Car enfin il ne s’agit justement pas d’une blague de comptoir, ni même d’un badinage off avec des journalistes, mais de l’exposition pesée et préparée, devant les représentants du peuple, de l’idéologie politique présidant à une réforme annoncée comme décisive. Le plus officiellement du monde, le gouvernement professe un renversement total de certaines valeurs fondatrices de « l’identité » française, à laquelle il se prétend pourtant si sensible. Ce qui était en haut se retrouve en bas : être d’un pays qui réfléchit, qui a théorisé sur tous les grands courants de pensée, qui a produit les Lumières et nombre de philosophes parmi les plus importants de l’histoire des idées, dont les bibliothèques publiques sont garnies d’ouvrages qui nous aident à comprendre le monde et notre humaine condition, constitue pour vous comme pour moi un motif de satisfaction et de fierté ?... Eh bien désormais, nous intime la ministre, il nous faut en avoir honte. La quête de sens, la réflexion, le discernement, l’intelligence, doivent être considérés comme les symptômes d’un passé plus poussiéreux que les rayonnages de bibliothèques qu’on est prié de ne plus alimenter en œuvres nouvelles. Pour les philosophes, écrivains, et intellectuels divers, ce sera tantôt le chômage technique ou le recyclage façon Mao...


Pourquoi ? Parce que nous explique ainsi la ministre, en France nous pensons trop pour bien travailler - cette pensée-là étant générée par un cerveau gouvernemental, un des rares encore encouragés à réfléchir avec ceux des ingénieurs R&D, elle n’est pas incluse dans l’anticogito lagardien. Par conséquent, tous ceux qui se retroussant déjà les manches jusqu’à l’omoplate, souhaitent consacrer du temps à d’autres petites choses essentielles au plaisir de vivre - conjoint, enfants, amis, loisirs - sont des fainéants. Tous ceux qui ont cru constater que, pour bien faire son boulot, il fallait se triturer un tant soit peu le chou, sont des rêveurs. Même pour être président de la République, contrairement à ce qu’on pouvait estimer, il n’y a pas besoin de beaucoup penser : « Je ne suis pas un théoricien, je ne suis pas un idéologue, je ne suis pas un intellectuel », se louait notre chef d’État à la télévision le mois dernier, comme le rappelle l’article susnommé du Herald...


Selon quelle étrange logique peut-on proférer qu’il faut arrêter de penser ? Peut-être, au hasard, suivant celle de l’idéologie néolibérale : il serait assurément plus facile de faire croire à une population d’anencéphales que la hausse de la TVA est une mesure sociale, les cadeaux fiscaux aux plus aisés un filon pour relancer la croissance, réduire le chômage et la dette, et tant qu’on y est, que la lune est une peau de veau... L’atrophie de la pensée est au sein même de l’entreprise un redoutable moyen de contrôle. Comme l’expliquait en effet Christophe Dejours, titulaire de la chaire de psychologie du travail au Conservatoire national des arts et métiers, dans la revue Res Publica (août 2004), les nouvelles formes d’organisation du travail et de management se basent sur la concurrence généralisée entre collègues, l’encouragement aux pratiques déloyales, et la rupture des liens de solidarité ; « ce système qui génère la peur chez nombre de travailleurs est aussi à l’origine d’injustice, de harcèlement, de déstabilisation calculée, qui produisent toutes sortes de souffrances ». Mais, pour que le système fonctionne, il lui faut des outils : « Des masses de braves gens sont dans le cadre de la modernité néolibérale invités à apporter leur concours [...] à des actes qui consistent à intimider autrui, à menacer, à faire peur, à mettre au point des « plans sociaux », [...] c’est-à-dire à commettre des actes injustes. » Certains n’y parviennent pas. D’autres, pour parvenir à effectuer « le sale boulot » sans se haïr, mettent au point une stratégie de défense qui a pour effet « d’engourdir la conscience morale, ce qui passe par un rétrécissement - c’est important sinon capital - de la capacité de penser ».


Arrêter de penser, selon Mme Lagarde, permet en outre de travailler davantage. Le problème est qu’un salarié pressuré court plus de risques qu’un adepte de la méditation... Certains en meurent. Dans le contexte préoccupant de l’accroissement des psychopathologies professionnelles sévissant de l’ouvrier au cadre, les rafales de suicides sur le lieu de travail comme chez Renault et PSA - phénomène nouveau de mémoire médicale, suscitent un franc malaise. C’est de fatigue que d’autres salariés décèdent. Ainsi, par exemple, du métallurgiste Rudy Norbert, employé d’une entreprise sous-traitante dans le Nord, dont le sort est révélé par le journaliste Paul Moreira dans son livre Les Nouvelles Censures. Voilà un cas édifiant. Son patron exigeait qu’il puisse être joint en permanence. Il travaillait parfois deux jours d’affilée, la masse illégale des heures supplémentaires étant camouflée en primes. Le 7 mai 2001, il travaille 21 heures de suite. On le rappelle à 2 h 30 la nuit suivante ; à 6 heures du matin, constatant son total épuisement, son chef de chantier lui dit d’aller se reposer quelques minutes dans la voiture de la société. Il s’assoit, pose sa tête contre la vitre et meurt. Il avait 30 ans... Et pendant que certains laissent leur raison et leur peau au boulot, d’autres n’en ont aucun. Mme Lagarde, pour qui il n’existe pas de lien social en dehors du travail (« Le contrat social, aujourd’hui, se décline en contrats de travail »), nie pourtant que le marché du travail soit « un gâteau à partager » entre concitoyens. Il faut dire qu’il est tellement plus rentable, pour une charge de labeur donnée, de payer moins de gens qu’il n’en faudrait...


Il faut lire ce discours en entier. Les envolées lyriques finales sont insurpassables : « Le travail engendre le travail. À l’intérieur de ce cercle vertueux, le pays tournera à plein régime. [...] Travailler plus, et vous multiplierez l’emploi. Dépensez plus, et vous participerez à la croissance. Gagnez plus, et vous augmenterez le pouvoir d’achat ! » Tant pis pour les bécanes humaines qui cassent à force de tourner à plein régime : le salarié jetable se remplace facilement. Travaillez plus, consommez plus, polluez plus. La fuite en avant n’en sera que plus rapide.


De cette facture orwellienne idéale, il n’y aurait donc que la pensée à soustraire... Il convient d’appeler enfin les choses par leur nom : quand un pouvoir politique articule l’affaiblissement de la pensée à l’augmentation du travail, il assume une propension au totalitarisme contre laquelle nous devons rester éveillés - les Nord-Coréens sont-ils par exemple encouragés à réfléchir par leur charismatique leader ?...


La pensée contient des mondes infinis ; elle est le siège de notre humanité, ce qui nous reste quand tout nous a été ôté. Elle ne devrait jamais être soluble dans le travail. Employer ne doit pas devenir synonyme de domestiquer, ni l’argumentation économique marchande dominer toutes les autres dimensions de la délibération politique.


http://chez-sophie.hautetfort.com/

Un livre d'Alexander Lowen - Mercredi 4 avril 2007

Je viens de commander La peur de vivre d'Alexander LOWEN.
"La position Freudienne, note Fenichel, crée un véritable dilemme : "superficiellement, aucun attachement sexuel n’attire complètement parce que la partenaire n’est jamais la mère ; à un niveau plus profond, parce que toute partenaire représente la mère".
(...)
Le complexe d’Œdipe forcera la personne à traiter son épouse ou époux comme un parent.
Chaque fils épouse sa mère, chaque fille épouse son père, et même si nous ne tuons pas littéralement notre parent, nous le faisons psychologiquement par la haine qui habite notre cœur.
(...)
En bioénergie, la lourdeur, le manque de vie, et la taille disproportionnée des hanches et des cuisses d’une personne, résultent de la stagnation de l’énergie et de l’excitation sexuelle. Il y a stagnation lorsqu’une zone du corps qui est fortement excitée et chargée de sensation est immobilisée pour maintenir ou contenir la sensation parce que la décharge n’est pas possible.
(...)
Dans son cœur, l’enfant aime sa mère. Elle est celle qui lui a donné la vie ; on aime celle qui vous l’a donnée, et ce malgré toute douleur, blessures que l’enfant a pu recevoir de sa mère. La haine cache l’amour ; il est donc impératif de se décharger de cette haine pour que l’amour véritable d’une personne puisse être perçu pleinement. Peu importe la haine qu’un enfant ait pu accumuler contre sa mère, le feu de l’amour qu’il a dans son cœur pour elle ne pourra jamais être éteint.
Eteindre ce feu c’est mourir, car le battement de cœur n’est autre que l’amour. La joie de l’amour, c’est le paradis retrouvé, par conséquent, le but est toujours le retour à la mère, symboliquement le retour au ventre maternel.
(...)
L’authenticité est une proche parente de la voix. Le mot personnalité a 2 sens différents. Il vient de personna, le masque que portait les acteurs grecs pour dramatiser le rôle qu’ils jouaient et il signifie également « par les sons » per sonna.
La personne authentique peut être reconnue derrière son masque rien qu’au son de sa voix. La voix est l’une des majeures avenues de l’expression de soi. Sa qualité reflète la richesse et la résonance de l’être intérieur. Quand la voix d’une personne est limitée en raison de tensions au niveau du cou et de la gorge, son expression de soi est restreinte, son être est réduit. La voix est aussi apparentée à la sexualité, du moins chez le mâle. Energétiquement le cri est semblable à un orgasme en ce sens qu’il est une décharge intense. Dans le cri, on explose, parce qu’on en a par-dessus la tête. C’est exactement ce qui se passe dans l’orgasme, mais par le bas. Tous deux devraient être pleinement accessibles à la personne. Une diminution de l’un ou de l’autre est une perte de l’être.
(...)
Le ventre semble être le foyer de certaines sensations, les larmes, le rire en proviennent. Nous décrivons les expériences de rires intenses ou de grosses larmes comme des « sensations viscérales ». La plus importante de ces sensations viscérales est la sensation sexuelle, qui est ressentie dans le ventre comme un dégel, une chaleur, un rayonnement. A partir du ventre, le flot d’excitation coule vers les organes génitaux, les organes de décharge. La sensation sexuelle est liée au mouvement du sang dans la région pelvienne et à travers l’appareil génital.
Le SOI est à l’aise dans son unité et dans sa totalité en tant qu’être complet.
Cette vue de la sexualité est fondée sur les idées de Reich concernant la nature et la fonction de l’orgasme. Reich a décrit l’orgasme comme une convulsion corporelle totale, ressentie comme extrêmement agréable et satisfaisante. Cette convulsion a pour fonction de décharger toute excitation ou énergie excessive à travers l’orgasme. Cela entraîne un parfait état de relaxation et de paix. Pour Reich, c’est la « puissance orgasmique » de la personne et la santé émotionnelle.
(...)
Lorsqu’une activité vient d’elle – même et qu’elle est créative, agréable, elle relève de l’être ; lorsqu’elle est forcée, elle relève du faire.
L’être est lié à la sensation, il est également lié à ses mouvements et gestes involontaires, spontanés qui constituent la véritable expression de soi. A travers nos mouvements, nos cris spontanés, nous faisons l’expérience directe de la force vitale qui est en nous. Ces expériences sont chargées d’émotions, elles nous aident à nous sentir plein de vie et de sensation d’être. Cela n’a rien à voir avec l’hystérie car l’hystérie n’est pas une émotion. L’émotion est une réponse totale de l’individu, (esprit – corps), l’harmonie.
La plupart du temps nous nous maintenons dans un contrôle de nos émotions et de notre corps, empêchant le flot d’excitation, jusqu’à en devenir inconscient. Notre structure caractérielle devient alors notre seconde nature. Nous ne sommes plus conscients de faire barrage au flot naturel de nos sentiments. Nous retenons nos tristesses, colères, nos peurs nos larmes, nos cris, notre amour. Nous avons peur de nous abandonner, peur d’être, peur de vivre.
Pour développer l’être ou le soi, la procédure thérapeutique implique le "LACHER PRISE". Il faut défaire le faire qui entrave le courant ; apprendre à ne pas faire.
La respiration illustre le "lâcher prise" encore faut-il que la respiration ne soit pas dans le faire mais laisser la respiration se faire seule. La respiration apporte de plus l’oxygène au corps et accroît son énergie et active les sensations enfouies dans l’inconscient.
"


Quatrième de couverture
"Dans son nouveau livre, le docteur Lowen ajoute à l'équation corps/psychisme la notion de spiritualité, mais pas en son sens conventionnel. Pour définir la spiritualité, Lowen emploie l'idée occidentale d'Etre suprême, des notions orientales de religion et la bioénergie (où la paix de l'esprit est le fruit d'énergies physiques en libre circulation dans le corps). Selon Lowen, la spiritualité est l'état de grâce qui survient après une harmonisation corps/esprit/émotions.
Lowen développe son point de vue à travers divers cas tirés de sa propre expérience de thérapeute. Les enfants, dit-il, sont tous en état de grâce à leur naissance, avec un corps et un psychisme parfaitement accordés à leur environnement. Mais cet équilibre se rompt bien souvent dans les années qui suivent, à cause des restrictions et des contraintes imposées par les parents et la société. Si ces ruptures sont graves, elles provoquent chez l'enfant grandissant des désordres physiques et psychiques plus ou moins importants.
Au fil des chapitres, Lowen met l'accent sur les parties du corps où des blocages risquent le plus de se former. Il expose différents exercices en rapport avec les zones rendues rigides, pour permettre au lecteur de localiser ses propres tensions, puis de les éliminer, afin de rétablir en lui la libre circulation énergétique. Aucun livre ne peut évidemment remplacer une thérapie mais, ici, les tests et les exercices, accompagnés de réflexions pertinentes, sont une aide dans le rétablissement de la souplesse physique et de l'aisance psychique qui, toutes deux, conduisent à la dimension spirituelle à la grâce et à l'harmonie.
"

A voir ou revoir - Dimanche 29 avril 2007

A revoir : "ce sketch de Fernand Raynaud sur le racisme qui ne date pas d'hier et malheureusement toujours d'actualité."
Le douanier


Et à voir : "Big Brother intégral: la vidéosurveillance qui vous épie et vous donne des ordres.
Dans l'Angleterre orwellienne de Tony Blair, des caméras de vidéo surveillance ont été associées à des haut-parleurs placés dans les rues. Ainsi, la police peut non seulement vous surveiller, mais aussi s'adresser directement à vous, par exemple pour vous ordonner de ramasser le mégot que vous venez de jeter négligemment par terre...
Bientôt en France ? "
C'est possible avec Nicolas Sarkozy"."
Le journal de la 2

Une publication suspendue juste avant la présidentielle - Jeudi 19 avril 2007

Voici le lien pour le fichier PDF du livre de Serge Portelli, Ruptures, dont la publication a été arrêtée par la maison d'Edition Michalon dont le directeur est un ami de M. N. Sarkozy.
Serge Portelli est magistrat (président de la XIIème Chambre Correctionnelle de Paris) et membre du Syndicat de la Magistrature. C'est une personne de bon sens, pesant ses mots, tout sauf un "allumé".
Son livre Ruptures, dresse le bilan de Sarkozy au Ministère de l'intérieur. Il devait être publié par la maison d'édition Michalon... qui vient mystérieusement d'y renoncer au dernier moment, empêchant toute publication chez un autre éditeur avant les élections.
Afin que personne ne puisse dire "On ne savait pas"..., merci de le diffuser largement autour de vous.
Serge Portelli – Ruptures


Le pays qui se profile est un pays profondément divisé. Car la vraie, la profonde rupture est là : dans une nouvelle frontière intérieure qui séparerait deux catégories d’individus : les citoyens ordinaires et ceux de seconde zone. Du bon côté de la ligne, les “normaux”. De l’autre, les “déviants”. Ici, ceux qui ont réussi, les riches, les puissants, les chanceux, les “méritants”, les “performants”, pour lesquels l’Etat donnera le meilleur de ce qu’il a. Là-bas, du mauvais côté, les exclus, les ratés du système, tous ceux qui, à un moment donné de leur vie ont failli, ceux qui, un matin plus dur qu’un autre, n’ont pas réussi à se lever assez tôt, pour lesquels l’Etat se montrera “implacable”. Mais aussi tous ceux qui ne correspondent pas au modèle idéal. Cette France-bis risque de regrouper plus de monde qu’on ne le pense. Car la frontière ne sera pas seulement celle de l’argent. Elle sera aussi et surtout celle de la déviance.
(...)
C’est dès la toute petite enfance que se mettrait en place la ligne de partage. Le tracé de la frontière débute aussi précocement. Il y aura les calmes, les placides, les “normaux”, ceux qui arrivent à avancer sur la ligne bien droite qu’on leur a tracée. Et les autres. Qui entreront dans la grande catégorie des personnes présentant des troubles du comportement avec carnet de suivi à la clé.
Toute la philosophie politique de Nicolas Sarkozy est là : dès qu’un individu n’entre pas dans le “moule” ordinaire, dès qu’il franchit les limites de ce qui est considéré comme la norme, le voilà étiqueté et pour longtemps. Vision simplifiée de l’homme et de la société, philosophie de comptoir ou de meeting, mais qu’on retrouve à tous les niveaux d’une société étroitement compartimentée.
(...)
C’est le modèle social qui est en cause. Dans cette société sous très haute surveillance, à chacun son fichier. On a vu qu’ils étaient devenus ingérables. On ne peut s’empêcher de penser aux Etats Unis d’avant le 11 septembre. Voilà un pays qui se croyait protégé par un système d’écoutes et de surveillance couvrant la planète entière. Mais il ne suffit pas de ficher, de surveiller, d’écouter, il faut pouvoir exploiter tous ces renseignements, les mettre à jour, les utiliser rapidement. A vouloir tout surveiller, on ne surveille plus rien. La vraie sécurité n’est pas de cet ordre-là.
(...)
L’un des plus graves dangers que recèle ce projet de société sous pression permanente est l’accroissement inévitable de la violence. Celle-ci ne résulterait pas seulement des tensions sociales engendrées par une politique économique ultra-libérale (fin annoncée du “modèle social français”, atteinte au droit de grève, à la liberté syndicale, précarisation généralisée du contrat de travail...) mais d’une incapacité à analyser, à comprendre, à prévenir et à traiter le phénomène de la violence. Ce mal est au coeur de notre société et pas seulement dans les statistiques policières. Elle gangrène progressivement l’ensemble des rapports sociaux. Répondre à la violence par la violence est une erreur tragique qui ne ferait qu’amplifier le phénomène. On ne peut indéfiniment augmenter le contrôle social. On ne peut en permanence répondre par la répression, par la criminalisation des comportements. On ne peut indéfiniment augmenter le nombre des policiers, des fichiers, des prisons. Car au bout de toutes ces ruptures, il y la rupture avec notre identité propre, celle d’une France tolérante, ouverte, diverse, libre et exigeante qui a fait notre fierté.

Un espoir pour les porteurs de VIH - Dimanche 15 avril 2007

Une bonne nouvelle qui n'a pas à voir avec la photo mais que je vous transmets au cas où vous auriez parmi vos proches des victimes de l'épidémie. Un espoir semble apparaître. Les raisons de se réjouir se faisant rares (socialement, etc.), j'ai voulu vous faire suivre cette info.
Sida : certaines cellules permettent d'arrêter le virus
Source
Des chercheurs français viennent d'expliquer pourquoi certains individus infectés par le virus du sida ne développent pas la maladie.
Chez ces "contrôleurs du VIH" (1 % des personnes contaminées), certaines cellules immunitaires, les lymphocytes T, demeurent fonctionnelles.
Les scientifiques français viennent de faire une découverte de première importance. Dans un article publié dans la revue Proceedings of the National Academy of Science, une équipe composée de chercheurs de l'Institut Pasteur, de l'Inserm, et de l'hôpital Bicêtre explique pourquoi quelques rares individus infectés par le virus du sida contrôlent l'infection et ne développent pas la maladie malgré plus de 10 ans de séropositivité.
Ces "contrôleurs du Virus de l'immunodéficience humaine" (VIH) ne représentent que 1 % des séropositifs, mais ils font l'objet d'une attention particulière de la part des chercheurs depuis le début de l'épidémie de sida.
Menée sous l'égide de l'Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS), l'étude porte sur 11 de ces patients un peu particuliers, dont certains sont devenus séropositifs dès 1983.
Destruction des cellules infectées
Les chercheurs se sont intéressés en particulier à certaines cellules du système immunitaire : les lymphocytes T de type CD8. A la différence de la très grande majorité des individus qui développent la maladie, les lymphocytes CD8 de ces "contrôleurs du VIH" sont préservés et fonctionnent correctement.
Surtout, l'étude révèle que ce type de cellules possède une "extraordinaire capacité de faire disparaître l'infection par le VIH". Les lymphocytes T CD8 reconnaissent et détruisent rapidement les cellules infectées. Résultat : on ne trouve plus chez ces patients la moindre trace de virus dans les cultures d'autres lymphocytes infectés (les T CD4).
Cette découverte devrait permettre d'orienter la recherche vaccinale. L'idée étant d'obtenir, pour tous les patients, des lymphocytes T CD8 du même profil que ceux des "contrôleurs de VIH".

Volem rien foutre al païs - Vendredi 16 février 2007

Projection du film Volem rien foutre al païs au Ciné-Citoyen salle Olympe de Gouges à PARIS (XI°).
Voici ce qu'écrit à ce sujet Noël Godin :
"Cette fois, ce n’est plus seulement à un bricolage séditieux, sympa, tonique, boyautant et malicieusement rentre-dedans que nous avons affaire, c’est à un chef-d’œuvre-surprise du cinéma de combat radicalement jouissif. Souffrant fort bien la comparaison avec les plus éperonnantes fictions anarcho-utopistes des années-barricades (La Salamandre, La Fianceé du pirate, Bof et Themroc, les Mocky écrits par Alain Moury) dont il retrouve le punch dialectique jubilatoire et le jusqu’auboutisme pyromanesque ouvrant sur tous les possibles, le documentaire-manifeste Volem rien foutre al païs s’avère être, de par son existence même, une terrible catastrophe pour le monde du travail décerveleur. A nous de le montrer partout sans vergogne ! A nous, mis à feu par lui, de tout-tout-tout faire péter pour tout-tout-tout réimaginer !


D’une manière encore feutrée et peu médiatique, une bataille est engagée sur la question de la représentation. Elle mène très loin, puisqu’elle remet en cause (de manière incidente) la légitimité de ceux qui veulent nous représenter politiquement. Dans un monde où la plupart des images censées nous éclairer sur nos conditions de survie, voire unifier notre point de vue, sont des images suspectes ou mensongères qui nous séparent et nous divisent ; dans un univers strictement médiatique où notre temps, notre époque et ses conflits ne nous parviennent que déréalisés et ne témoignent ni ne prennent position en notre faveur, qui pourrait encore avoir l’arrogance de vouloir nous représenter ?
C’est dans le domaine de la photo que les protagonistes de ce conflit sont clairement identifiés : le style documentaire s’y oppose violemment au photo-journalisme. Le premier exige de l’investigation, du temps et de l’imprégnation et implique que celui qui s’engage pour son sujet ne soit pas séparé de celui-ci ; qu’au final le sujet initial soit comme dissous et qu’un autre sujet, tel un hors champ sur l’époque, puisse apparaître apportant un surcroît de réalité sinon de vérité. À l’inverse, le photo-journalisme, sur le mode des opérations militaires de commando, recherche la rapidité, le spectaculaire et l’efficacité. On peut le comparer à l’aviation américaine capable de bombarder la nuit et larguer vivres et médicaments le matin suivant. Les photo-journalistes, soumis à quelques grands groupes médiatiques, sont tenus de se conformer à un certain type d’images où dominent la violence, le grotesque et le sexe. Ils ne doivent ni témoigner, ni questionner, ni s’impliquer, sous peine de compromettre la pseudo-crédibilité de leurs images : ils doivent confirmer le point de vue dominant de l’imagerie médiatique et non le remettre en question. Leur iconologie est celle de la société du chaos.


Le cinéma documentaire habituel présente plus d’un point commun avec le photo-journalisme. Son produit fini vient toujours valider son sujet et son point de vue initial qui n’est autre que le point de vue dominant et faussement consensuel du monde médiatique. À l’instar de la sordide collecte des pièces jaunes, la plupart des films documentaires sont formatés, tournés de loin et au loin et entretiennent chez le spectateur un ensemble de stimulations ou le voyeurisme le dispute à une affectivité malsaine. Ces documentaires nous narrent par le détail les aventures de la perche du Nil en charriant leur tombereau de lieux communs et de mensonges programmés ; ils nous content la vie exemplaire d’un instituteur de la bonne vieille école, alors que partout, au nom des règles du marché, l’école et la culture sont saccagées. Qu’il s’agisse d’écologie, de tiers-monde ou d’enseignement, ces « produits » sont tous calibrés sur un modèle unique. Par une apparente neutralité, ils observent toujours de l’extérieur leur sujet, quitte à le manipuler au besoin. On les reconnaît à leur façon d’être faussement polémique, bien pensant et sans danger, et à leur manière insidieuse de travestir la réalité à leur convenance : à n’être au final que des fictions. De tels films ne sont pas réalisés pour remettre en cause le système mais pour l’entretenir en nous divertissant.


Il existe un cinéma documentaire de résistance qui, partant simultanément d’un constat ou d’un refus, tente de les documenter en les soumettant à l’expérience du réel. Ici, la forme de l’enquête s’apparente à un art du questionnement où les réalisateurs assument les fonctions de témoins à charge et à décharge, d’accusés et parfois même de victimes. Au départ de l’expérience Volem rien foutre al païs, Pierre Carles, Stéphane Goxe et Christophe Coello, savent ce qu’ils refusent mais n’imaginent sans doute pas ce qu’ils vont découvrir et qui les changera durablement en retour. Ce n’est pas sans danger qu’on part à la recherche de nouvelles armes pour s’attaquer à un monde qui nous maltraite si durement, sans que certaines de ces armes ne se retournent contre soi. C’est de la pensée, de la légitimité de ces armes et de la validité de leur usage que témoigne le film.


La première qualité de Volem rien foutre al païs, c’est qu’il nous transforme, que nous soyons réalisateurs ou "regardeurs". Comme nous transforment certains livres et amours, quelques rencontres et de rares aventures historiques. Sans vraiment modifier le sens de nos convictions, il peut durablement modifier notre conception de la résistance. Des réflexions sur la réappropriation de la technique nous apparaissent évidentes et nécessaires et nous poussent vers de nouvelles pratiques. Volem rien foutre al païs n’est pas seulement le survol sans concession du camp de l’anti-travail. Il n’est pas non plus la suite attendue d’Attention Danger Travail, sinon sur un mode subtilement contradictoire assumant l’ambiguïté du titre : on y parle effectivement du droit à la paresse mais en s’activant sans cesse.


Le film recense un ensemble d’expériences urbaines et rurales dont les pratiques et les perspectives sont souvent complémentaires mais parfois contradictoires. Nous sommes mêlés à la vie quotidienne, aux interrogations, aux joies comme aux peines, de groupes très disparates mais pourtant homogènes. Par le dispositif mis en place par les réalisateurs, nous sommes impliqués et participons à des collectifs urbains développant de nouvelles conceptions très esthétisées de la reprise individuelle, tel Dinero Gratis. Nous squattons un immeuble de Barcelone. Nous tentons de survivre et débattons de manière incessante, au sein de communautés impulsées hors des villes par les déserteurs du travail. Nous sommes naturellement poussés à penser le monde en termes d’autonomie et de libre emploi du temps.
Dans un territoire libéré du temps médiatique mais informé par d’autres moyens, certains parlent de décroissance, d’autres opposent la libre activité au travail ; certains utilisent le RMI et se qualifient de travailleurs sociaux, d’autres récusent toute forme de compromis avec l’État. Nous découvrons des hommes et des femmes qui formulent tout à la fois une pensée et un nouvel usage de la technique les distinguant profondément des expériences communautaires françaises des années 1970, comme des thèses primitivistes. Tous ces collectifs tentent de simplifier, au nom des intérêts de la communauté humaine, ce qu’un système marchand cherche sans cesse à complexifier lorsqu’il nous impose de faux besoins et nous soumet, sur le modèle des semences transgéniques, à un univers d’objets domestiques que plus personne ne saura réparer. Pour les femmes et les hommes de
Volem rien foutre al pais tout est récupérable et réparable. On découvre le simple usage des chiottes sèches, du solaire, de l’éolienne, d’un mystérieux moteur à eau, de la construction de maisons aux murs en paille, des pompes à eau bricolées, mais d’une rare efficacité.


Plus le film accumule les expériences et plus le malheur du monde nous semble non seulement intolérable mais absurde. Plus le cycle programmé de la sécheresse et des famines signale la totale inféodation de la science et de la technique au capital. Le lyrisme qui entoure l’usage complet des chiottes sèches marque bien la métaphore centrale de Volem rien foutre al pais. Comme le déclare l’un des protagonistes du film : je m’occupe de ma merde et je ne laisse personne venir m’emmerder.


À leur façon, les trois réalisateurs témoignent de la disparité et de la complémentarité des points de vue du film. Tous trois prennent clairement position pour la résistance. Christophe Coello, en centrant son regard sur les pratiques urbaines de Barcelone, qui sont au centre de sa vie quotidienne. Pierre Carles, en outrepassant les limites de la provocation admise, lorsqu’il tente, face la violence du capitalisme, de faire admettre comme légitime aux patrons du Medef la violence d’Action Directe; ou lorsqu’il demande à Michèle Alliot-Marie si l’armée a mission d’intervenir pour réprimer les déserteurs du travail. Stéphane Goxe, en mettant en avant et en interrogeant les questions d’autonomie et d’auto-suffisance du point de vue de la pratique révolutionnaire. Les trois réalisateurs sont à l’image du film : ils en expriment sa cohérence mais aussi ses déchirements. Leur montage témoigne de leurs contradictions qui sont aussi les contradictions d’une époque. Volem rien foutre al païs est une polyphonie où chacun dans sa langue exprime le même constat : aujourd’hui, c’est la marchandise ou c’est nous.
Certaines des expériences filmées n’auront pas d’avenir : pas d’enfants sur l’écran. Mais quel autre choix avons-nous ? Voici pourquoi, si le film est dominé par une froide énergie, il est par instants crépusculaire ou mélancolique : telles ces images fugaces d’un jonglage avec de fragiles balles blanches au destin incertain, ou ce plan fixe sur un couple détournant
Bella ciao et poussant la chansonnette anti-travail. Images fugitives qui tentent de redonner à une vie si dure à la vie sa part de part de poésie, sinon de rêve ; narration fragmentaire où un secret espoir le dispute encore trop rarement à la fatalité.


Face à la violence du discours de Pompidou qui ouvre Volem rien foutre al païs et à celle des déclarations finales des responsables du Medef et des hommes politiques (droite et gauche confondues), il apparaît clairement que ceux qui contestent la logique du travail sont nécessairement conduits à contester entièrement l’organisation capitaliste du monde : plus aucune négociation n’est possible entre ces deux mondes. Céder sur un point, c’est céder sur tout. Comme en témoigne un rebelle anglais : on ne travaille pas avec l’ennemi. Ces hommes et ces femmes qui ont fait sécession et se sont "retirés" à la campagne, ne l’ont pas fait par nostalgie d’une ère paléolithique à la sauce primitiviste, mais pour des questions de simple survie et parce que l’expérimentation y est encore possible. Selon l’expression de Guy Debord commentant le changement d’époque, ils sont aujourd’hui contraints, pour simplement survivre, d’aimer la liberté. Face à une situation de guerre sociale imposée par un système de plus en plus totalitaire et avec lequel il est devenu parfaitement impossible de ruser, ils sont les premiers à avoir déserté et pris le maquis.
Un espoir traverse le film, mais curieusement le rêve y est absent. Il n’existe, fugitivement, que par le rappel à l’An 01. C’est qu’à l’inverse des militants des communautés des années 1970, les hommes et les femmes qui aujourd’hui récusent l’ordre marchand et décident de faire sécession n’ont pas vraiment le choix : il leur est devenu impossible de vivre autrement, puisqu’ils refusent de survivre dans un "ailleurs urbain". Comment s’étonner alors que si la question de l’utopie traverse bien tout le film, la part du rêve y soit aussi cruellement absente. Ici, dans cet espace-temps libéré, où le travail est réfuté, où l’activité est libérée on s’active durement, pour rien, pour un superflu qui n’est pourtant que l’essentiel.


Il manque au film que ce qui manque à toute notre époque de guerre : le superflu et la dépense. Ici, l’autogestion est encore trop souvent celle de la misère. Rien ne renvoie explicitement au devenir d’un monde de maîtres sans esclaves. Pareillement, les questions artistiques, esthétiques ou urbanistiques (fussent-elles formulées négativement comme anti-artistiques, anti-esthétiques ou anti-urbanistiques) sont étrangement absentes. Pourtant, si la décroissance a un sens, c’est en transformant les objets les plus communs ou domestiques en œuvres d’art, en prolongeant au maximum leur espérance de vie, et en pariant sur le goût de l’échange commun à tous les êtres humains : lorsque le passage du temps en aura épuisé le pouvoir de séduction. Ici, le paysage occupé ne dessine pas encore un paysage mental, on y sent comme le retour informulé de vieilles valeurs paysannes. Ici, la réappropriation de l’espace urbain et rural n’intégre pas encore le projet de réalisation de l’art. Tous ces hommes et ces femmes filmés sont encore trop souvent traqués : pour sortir et mener une contre-offensive, il leur faudra bien porter en eux un pouvoir de séduction bien plus puissant et convaincant que celui de TF1. En ce sens, la fascination que suscite Volem rien foutre al païs n’est pas tout entière dans ses images, dans ses entretiens, dans son montage ni son rythme, mais dans le hors champ que suscite le film, dans la jubilation que nous éprouvons à réinventer nous-mêmes d’autres débats, de pouvoir intervenir directement dans celui qui s’est installé entre les réalisateurs. Le film évite ainsi l’écueil de son sujet : ce qui est filmé est tout aussi bien constat rebelle qu’expression subjective et artistique.


Volem rien foutre al païs s’impose comme un ovni cinématographique aussi bien que théorique dont les enjeux et la forme sont déterminants. C’est un film limpide et d’une grande fluidité. La confusion qui semble y régner témoigne de la confusion d’une nouvelle époque de révolte. Les critiques qui vont rendre compte du film devront accepter les exigences de son point de vue. Or ce point de vue n’existe pas à ce jour dans l’espace médiatique, ou alors caricaturé à l’extrême au point d’apparaître comme l’expression d’une nostalgie stalinienne. Il est encore trop tôt pour savoir si Volem rien foutre al pais va ouvrir une brèche. C’est que, contrairement à la fausse neutralité des documentaires convenus, où une petite falsification de plus ou de moins permet d’obtenir son record d’audience et son consensus humaniste, ici il n’est pas question de bons sentiments mais de guerre : d’une guerre sociale où pour l’instant toutes les attaques sont menées par l’hypercapitalisme.


Noël Godin

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